Innovation pédagogique

Devenir kinésiologue… comme un poisson dans l’eau!

Vous pensiez qu’il n’y avait pas mille et une façons d’enseigner la kinésiologie? À la Faculté des sciences de l’activité physique (FASAP) de l’UdeS, où l’on accueille avec enthousiasme l’innovation pédagogique, la chargée de cours Maryse Caron recourt à une technique toute spéciale pour préparer les kinésiologues de demain. Bienvenue dans l’aquarium!

L’activité aquarium est une technique d’animation participative mieux connue dans le domaine de l’événementiel. S’apparentant à un jeu de rôle, elle mise sur la force du groupe – ici, les étudiantes et étudiants du cours Counseling et modification de comportement – afin de trouver une solution à une problématique.

Si la nature ludique de son appellation fait sourire, l’activité aquarium est tout sauf un jeu. « Cette technique-là permet vraiment de mettre à profit les notions en matière de counseling, donc en matière de développement d’une relation de travail du kinésiologue avec son client », explique Mme Caron.

Pour y donner vie dans ses classes, Mme Caron use d’imagination pour recréer des situations professionnelles tangibles mettant en scène un kinésiologue et son client, de la jeune athlète qui doit composer avec une douleur chronique à l’aîné qui veut mettre un frein à sa sédentarité de manière sécuritaire.

Un cursus vitaminé

C’est par l’entremise d’une collègue que Maryse Caron a appris l’existence de cette approche il y a quelques années. La chargée de cours a tout de suite senti qu’elle tenait quelque chose :

Lors de l'activité aquarium, deux étudiants se mettent dans la peau d’un kinésiologue et d’un client. Autour d’eux, une dizaine d’autres observent la consultation et interviennent au besoin.
Lors de l'activité aquarium, deux étudiants se mettent dans la peau d’un kinésiologue et d’un client. Autour d’eux, une dizaine d’autres observent la consultation et interviennent au besoin.

Photo : Michel Caron - UdeS

« L’idée d’avoir des étudiants qui travaillent sur une problématique avec d’autres qui les regardent travailler et qui apportent leur contribution, j’ai trouvé ça génial, se remémore Mme Caron. Je me suis dit, wow, ça c’est une technique qui permet l’erreur! »

Comme l’explique l’enseignante, dans sa forme traditionnelle, le cours KIN255 était essentiellement basé sur la théorie. « Il y avait la théorie sur la communication verbale, la théorie de la communication non verbale, la théorie sur l’importance d’avoir une intervention centrée sur le client; c’était très rationnel, explique-t-elle. On le pensait, on le discutait, mais il y avait très peu d’espace pour la pratique. »

La simulation, en groupe, d’une intervention clinique permet aux étudiantes et étudiants de décupler leur sentiment de confiance quand vient le temps, au terme de la session d’études, de se soumettre l’évaluation en situation réelle, laquelle marque l’aboutissement du cours donné par Mme Caron.

Terminus : la clinique universitaire de kinésiologie

Intimidante pour les étudiantes et étudiants, l’activité aquarium? Un peu, comme en témoigne Stéphanie Viau : « Au début, j’étais un peu gênée d’être placée devant un groupe, confie l’étudiante au baccalauréat en kinésiologie. […]. Ça me gênait un peu de devoir mener une intervention que je ne maîtrisais pas au départ. »

Or, une fois traversée, la barrière de la gêne fait place à un solide apprentissage pratique qui confère aux apprentis kinésiologues le savoir-faire et l’assurance nécessaires pour réussir l’épreuve ultime du cours KIN255 : l’évaluation en situation réelle.

Ces nouvelles compétences en relation d’aide sont rapidement mises à l’épreuve lors d’une évaluation en situation réelle à la Clinique universitaire de kinésiologie.
Ces nouvelles compétences en relation d’aide sont rapidement mises à l’épreuve lors d’une évaluation en situation réelle à la Clinique universitaire de kinésiologie.
Photo : Michel Caron - UdeS

« L’évaluation en situation réelle, c’est une évaluation où les étudiants rencontrent un client pour une première fois, explique Mme Caron. […] Ils ont différents types de clients ayant un enjeu en lien avec la kinésiologie. Ces clients sont joués par des acteurs qui ont appris un rôle. Pendant ce temps, un évaluateur externe regarde ce qui se passe et évalue l’intervention à l’aide d’une grille. »

Cette évaluation formative, organisée en collaboration avec la clinique universitaire de kinésiologie, consolide les apprentissages en vue de la prochaine étape : le premier stage.

« Ils se sentent plus en contrôle et ont plus l’impression d’être en pleine possession de leurs moyens », illustre la chargée de cours.

Comme quoi il est beaucoup moins menaçant d’apprendre à nager dans un aquarium que dans l’océan!