Un don majeur de 10 M$ pour faire avancer la recherche sur la santé cognitive
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
L’Université de Sherbrooke reçoit un don majeur de 10 millions de dollars de M. Eric Sprott, homme d’affaires et philanthrope canadien, afin de soutenir les travaux en santé métabolique du cerveau du Pr Stephen Cunnane, professeur-chercheur au Département de médecine de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) et au Centre de recherche sur le vieillissement (CdRV).
Ce don exceptionnel constitue une occasion unique d’accélérer les travaux menés par le Pr Cunnane sur la santé cognitive et de faire avancer la recherche sur le rôle du métabolisme énergétique du cerveau dans le vieillissement et certaines maladies neurodégénératives.
Le vieillissement de la population nous invite à investir dans une recherche capable de produire des avancées concrètes pour la santé. Nous avons la chance, à la FMSS, de pouvoir compter sur un chercheur de la stature du Pr Stephen Cunnane, dont l’expertise en cétothérapeutique et en santé métabolique du cerveau est reconnue à l’échelle internationale. Ce don exceptionnel donne les moyens à une expertise scientifique de premier plan de franchir une nouvelle étape et d’accélérer le développement de connaissances qui pourraient, à terme, avoir des retombées concrètes sur la prévention du déclin cognitif et la santé de la population.
Louis Valiquette, doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé
Pr Louis Valiquette, doyen de la FMSS
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Au nom de l’Université de Sherbrooke, je tiens à remercier chaleureusement M. Eric Sprott pour sa vision, sa générosité et son engagement philanthropique exceptionnel. Ce don majeur témoigne de la conviction qu’en réunissant des personnes engagées autour de projets porteurs, il est possible de faire progresser les connaissances et d’avoir un impact durable sur la société. Il illustre la rencontre entre un philanthrope visionnaire et un chercheur de premier plan, le Pr Stephen Cunnane, dont les travaux ouvrent des avenues prometteuses pour la santé cognitive. Grâce à ce soutien remarquable, nous pourrons accélérer la recherche, renforcer la formation de la prochaine génération de chercheuses et de chercheurs et accroître les retombées de cette expertise au bénéfice de la population.
Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke
Pr Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Un chercheur de renom dans le domaine de la cétothérapeutique
Reconnu internationalement pour son expertise en cétothérapeutique, c’est-à-dire bénéfices des cétones dans certaines maladies, le Pr Cunnane s’intéresse depuis de nombreuses années à la façon dont le cerveau utilise différentes sources d’énergie, particulièrement les corps cétoniques.
Ses travaux ont notamment contribué à faire progresser les connaissances sur l’utilisation des cétones par le cerveau humain.
La reconnaissance dont bénéficie le Pr Cunnane témoigne de l’envergure de son parcours scientifique. De plus, en 2009, il est devenu membre de l’Académie nationale de médecine de France, une distinction prestigieuse qui souligne sa contribution au domaine de la recherche médicale. Il est également titulaire de la Chaire de recherche clinique en cétothérapeutique à l’Université de Sherbrooke.
C’est une occasion dont nous n’aurions même pas osé rêver. Nous sommes profondément reconnaissants de pouvoir compter sur ce soutien exceptionnel, qui permettra non seulement d’accélérer la recherche sur la prévention de la maladie d’Alzheimer, mais aussi de mieux outiller la population et les professionnels de la santé. Nous savons que de meilleures habitudes de vie peuvent contribuer à protéger la santé cognitive; l’enjeu est maintenant de mieux comprendre comment les mettre en pratique et les intégrer efficacement dans nos stratégies de prévention.
Pr Stephen Cunnane, professeur-chercheur à la FMSS
Pr Stephen Cunnane, professeur au Département de médecine
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Mieux comprendre les carburants du cerveau
Le cerveau utilise le glucose et les corps cétoniques, des molécules produites à partir des gras corporels et alimentaires, comme source d’énergie.
Les recherches menées au fil des dernières décennies ont montré que l’utilisation du glucose par le cerveau diminue avec le vieillissement et, encore davantage, dans la maladie d’Alzheimer. Parallèlement, les travaux du Pr Cunnane et de son équipe ont démontré que le cerveau conserve sa capacité à utiliser les cétones.
Cette découverte soulève ainsi une question importante : peut-on compenser, au moins en partie, une diminution de l’utilisation du glucose par le cerveau en augmentant la disponibilité des cétones?
Les travaux réalisés jusqu’à maintenant indiquent que l’augmentation de la disponibilité des cétones peut améliorer certains paramètres de la performance cognitive chez des personnes présentant un déclin cognitif léger et une diminution de l’utilisation du glucose cérébral. L’enjeu consiste maintenant à mieux comprendre comment cette approche pourrait être utilisée de façon durable et accessible.
Plusieurs stratégies peuvent favoriser la production de cétones, notamment certaines modifications de l’alimentation et du mode de vie. Les triglycérides à chaîne moyenne (TCM), une forme de gras alimentaire, constituent également une avenue qui a été étudiée par le Pr Cunnane pour augmenter la disponibilité des cétones.
Ces travaux s’inscrivent dans une réflexion plus large sur le lien fondamental entre santé métabolique et santé cognitive. Les recherches suggèrent notamment qu’une altération de la régulation du glucose, comme celle observée dans le diabète de type 2, est directement associée à un risque accru de déclin cognitif. L’insuline joue également un rôle important dans la régulation de la production de cétones : lorsque son taux est élevé, elle favorise l’utilisation et le stockage du glucose et freine la mobilisation des gras, ce qui limite la production de corps cétoniques. À l’inverse, lorsque les concentrations d’insuline diminuent, notamment lors d’une période de jeûne ou lorsque l’apport en glucides est réduit, la mobilisation des gras augmente et le foie produit davantage de cétones, qui peuvent alors servir de source d’énergie au cerveau. Mieux comprendre ces liens entre glucose, insuline et cétones pourrait contribuer à identifier des stratégies de prévention sur lesquelles il est possible d’agir.
De la recherche fondamentale à la prévention
C’est dans cette perspective que s’inscrit SPARCUS, un programme de recherche d’envergure qui vise à produire des données probantes sur les interventions favorisant la santé métabolique du cerveau et leur potentiel pour prévenir le déclin cognitif, tout en favorisant le transfert des connaissances auprès de la population et des professionnels de la santé afin de les sensibiliser sur les effets des changements de mode de vie et d’alimentation sur la santé cognitive.
Une première phase permettra d’évaluer la faisabilité de l’approche auprès d’une petite population présentant un risque de développer la maladie d’Alzheimer. Elle permettra notamment de mesurer la capacité à obtenir des résultats probants et de renforcer la mobilisation des connaissances en matière de santé métabolique auprès des professionnels de la santé et de la population.
À plus long terme, la vision est de s’appuyer sur ces travaux pour élaborer un protocole de recherche multicentrique. Cette étape pourrait permettre d’évaluer plus largement l’impact de stratégies visant à améliorer la santé métabolique sur la santé cognitive.
Une philanthropie tournée vers l’avenir
Pour Eric Sprott, ce don est avant tout une façon de contribuer à faire avancer la société et la recherche au Canada.
Âgé de 81 ans, le philanthrope s’intéresse personnellement aux enjeux liés au vieillissement et à la préservation des capacités cognitives. Après s’être renseigné sur les travaux menés dans ce domaine, il a choisi de soutenir un chercheur canadien dont l’expertise et la réputation scientifique ont retenu son attention.
Son souhait : que cet investissement contribue à faire progresser les connaissances et, ultimement, à générer des retombées concrètes pour la santé de la population.
La santé métabolique est un aspect de la prévention sous-estimée. Je suis content de fournir les moyens qu’elle soit étudiée davantage surtout pour la maladie d’Alzheimer. Le public mérite des meilleures consignes de prévention et, aujourd’hui, la science nous donne certaines pistes très prometteuses.
M. Éric Sprott
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Ce soutien philanthropique permettra ainsi de donner un nouvel élan à une expertise développée à l’Université de Sherbrooke et de contribuer au rayonnement des travaux du Pr Cunnane au Canada et à l’international.
À propos de la Grande Campagne de l’UdeS
Depuis sa fondation, l’Université de Sherbrooke innove, repousse les frontières comme les façons de faire, et prend des décisions avant-gardistes. Ces orientations ont forgé son identité et sont une source de fierté pour l’ensemble de sa communauté universitaire.
C’est dans ce même état d’esprit que l’institution entreprend le prochain chapitre de son développement, avec sa Grande Campagne de financement Choisir de changer l’avenir. Cette campagne de 250 M$, la plus ambitieuse de son histoire, permettra de soutenir plus de 150 projets inspirants, qui apporteront des solutions concrètes aux défis d’aujourd’hui et de demain.
À propos du Pr Stephen Cunnane
- Professeur-chercheur au Département de médecine de la FMSS
- Professeur-chercheur au CdRV
- Titulaire de la Chaire de recherche clinique en cétothérapeutique