Oser nos campus pour vivre l’expérience universitaire

De nombreux espaces extérieurs sur les campus favorisent les échanges et peuvent être utilisés dans un contexte d'apprentissage et d'enseignement.
De nombreux espaces extérieurs sur les campus favorisent les échanges et peuvent être utilisés dans un contexte d'apprentissage et d'enseignement.
Photo : Michel Caron - UdeS

Portée par la volonté de faire vivre pleinement l’expérience universitaire à sa communauté étudiante, l’UdeS prévoit offrir un maximum d’activités pédagogiques sur ses campus cet automne. Classes extérieures, adaptation de formules pédagogiques, réaménagement des lieux et des espaces… dans un contexte inédit quant aux mesures sociosanitaires à mettre en place, la grande université humaine rivalise de créativité et d’innovation pour relever le défi.

C’est entre autres en discutant avec leurs pairs et en échangeant avec les membres du corps enseignant et différentes personnes de la communauté universitaire que les étudiantes et les étudiants font de nouveaux apprentissages, tant personnellement que professionnellement, rappelle la professeure Jocelyne Faucher, secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante :

En ce sens, l’expérience universitaire, ça ne s’apprend pas, ça se vit.

Intégrer une nouvelle normalité

Pour les nouvelles personnes étudiantes qui fouleront les campus pour la première fois cet automne, le fait de pouvoir rencontrer leurs collègues et de s’approprier les lieux revêt une importance des plus capitales, qui participe de leur réussite universitaire.

Les premières semaines à l’université sont déterminantes pour se familiariser avec un nouveau milieu, découvrir des passions, rencontrer des personnes avec qui on a des affinités, s’installer sur le campus. Bref, rentrer dans la vie universitaire en confiance!

Pre Jocelyne Faucher, secrétaire générale et vice-rectrice à la vie étudiante

Des personnes étudiantes et du personnel intègrent de nouvelles normes de distanciation au Campus de la santé.
Des personnes étudiantes et du personnel intègrent de nouvelles normes de distanciation au Campus de la santé.
Photo : Martin Blache - UdeS

La formation de citoyennes et citoyens responsables, un engagement au cœur de la vision de l’UdeS, prend aussi racine à même les campus. Par des interactions directes dans leur milieu d’études, les étudiantes et les étudiants apprendront à composer avec une nouvelle normalité intégrant les règles de distanciation et les mesures sanitaires. Pour celles et ceux qui vont en stage ou qui se préparent à faire leur entrée sur le marché du travail, apprendre sur le terrain dans pareil contexte constitue une plus-value quant à l’expérience professionnelle.

Les différentes mesures visant à assurer le respect des consignes sociosanitaires ont d’ailleurs été éprouvées par les membres de la communauté universitaire revenus sur place en mai et en juin en vue d’un accueil réussi des étudiantes et des étudiants à l’automne. Autoexclusion des personnes symptomatiques, entretien sanitaire accru des espaces communs, limitation du nombre de gens autorisés dans un même local, installation de barrières physiques devant des comptoirs de services ou entre les postes de travail et ajout de signalisation et de stations de lavage de mains sont notamment du nombre.

Repenser les classes pour favoriser la réussite étudiante

De nombreuses études le démontrent : un enseignement en présentiel, qui fait la part belle aux interactions humaines, aux apprentissages pratiques et à la vie de campus, favorise la persévérance et la réussite étudiante, éléments phares de la mission de l’UdeS. S’il ne sera pas possible de tenir l’ensemble de l’offre pédagogique dans les locaux habituels en raison des restrictions imposées par la COVID-19, la situation donne lieu à une réorganisation pédagogique exceptionnelle et prometteuse, selon la professeure Christine Hudon, vice-rectrice aux études.

Des lieux qui ne sont pas a priori destinés à l’enseignement, comme la vaste salle Maurice-O'Bready, les foyers du Centre culturel ainsi que la Petite Salle, au Campus principal, accueilleront des étudiantes et des étudiants. De plus, des espaces à proximité du quartier universitaire, par exemple l’ancien couvent des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, seront utilisés comme salles de classe.

Au bénéfice de notre communauté étudiante, nous travaillons à repenser l’aménagement de nos campus, entre autres en tirant profit de nos espaces conviviaux extérieurs, pour proposer une programmation d’activités pédagogiques pertinente, stimulante et de qualité, peu importe la modalité.

Pre Christine Hudon, vice-rectrice aux études

L'extérieur comme contexte pédagogique

Le Pr Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, dans l'un des sites identifiés comme classe extérieure au Campus principal.
Le Pr Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, dans l'un des sites identifiés comme classe extérieure au Campus principal.
Photo : Michel Caron - UdeS

Une orientation qui plaît à Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, professeur et codirecteur du Centre de recherche sur l’enseignement et l’apprentissage des sciences (CREAS) à la Faculté d’éducation, qui s’intéresse depuis plusieurs années aux bienfaits de l’enseignement et de l’apprentissage à l’extérieur :

Enseigner dehors permet d’avoir accès à un monde réel et de profiter de contextes authentiques qui ressemblent à la vraie vie. De nombreuses études tendent à montrer que les apprentissages sont plus facilement mobilisés quand le contexte se rapproche de notre réalité.

Il précise que les classes extérieures ne conviennent pas nécessairement à tout type d’apprentissage. Il insiste sur le fait qu’il faut d’abord se poser les bonnes questions sur les objectifs visés, et rechercher les contextes qui y répondent le mieux :

Plus on varie les situations d’apprentissage, plus on augmente les chances que les savoirs soient mobilisés et transférés dans des contextes qui n’auront pas pu être vus dans le cadre de la formation.

Un site extérieur attenant à la Faculté des sciences du Campus principal qui pourrait servir à des fins pédagogiques.
Un site extérieur attenant à la Faculté des sciences du Campus principal qui pourrait servir à des fins pédagogiques.
Photo : Michel Caron - UdeS

Le professeur Ayotte-Beaudet siège d’ailleurs à un comité chargé d’identifier des lieux sur les campus ayant le potentiel d’être utilisés comme salles de classe en plein air. Une douzaine de sites, à ciel ouvert et couverts, ont été recensés jusqu’à présent sur les campus.

Dans le cas de formules hybrides alliant l’enseignement à distance au présentiel, le personnel enseignant pourrait, par exemple, réunir ponctuellement leurs groupes à l’extérieur sur le campus, pour faciliter les rencontres entre les pairs et le travail d’équipe .

Pr Jean-Philippe Ayotte-Beaudet

Si tout va comme prévu, et tant que la météo le permettra, les classes en plein air seront offertes au cours des mois de septembre et octobre. Peut-être aussi au printemps 2021, selon l’évolution de la pandémie.

Quelques données sur l'enseignement en présentiel prévu des activités

- Entre 90 % et 100 % en musique, en géomatique appliquée à l’environnement et en ergothérapie.

- Entre 75 % et 89 % en chimie, écologie, biochimie de la santé, biologie, microbiologie, informatique, sciences du multimédia et du jeu vidéo, études de l’environnement, travail social.

- 70 % en administration des affaires et en économie.

- Entre 50 % et 65 % en mathématiques, en physique, en psychologie, en philosophie, en études politiques appliquées, en études littéraires et culturelles.

- 40 % en histoire, en communication appliquée et en droit — les étudiants de première année en droit auront des activités intensives à 100 % en présentiel au cours des deux premières semaines du trimestre.

Enseigner autrement

Si traditionnellement de nombreuses activités pédagogiques demandaient la présence des étudiantes et des étudiants pendant trois heures consécutives, le contexte de la COVID-19 vient changer la donne. Que certaines portions de cours soient offertes sur les campus ou à distance, les modalités pédagogiques s’y rattachant gagneront à être réfléchies autrement, selon le directeur général du Service de soutien à la formation (SSF), Stéphane Roux.

Forte de conseillères et de conseillers pédagogiques et technopédagogiques, l’équipe du SSF a développé depuis mars dernier de nombreux outils destinés au personnel enseignant afin de l’accompagner dans la diversification de ses méthodes d’enseignement et d’évaluation, ainsi que dans l’exploitation des technologies.

Le contexte que l’on connaît est une occasion formidable d’introduire le numérique à l’enseignement en présentiel. Des méthodes qui combinent séances asynchrones, capsules vidéo, tests en ligne et ateliers de travail collaboratif dynamisent et diversifient l’expérience, tant du point de vue du corps enseignant que des personnes apprenantes.

Stéphane Roux, directeur général du Service de soutien à la formation (SSF)

À l’instar du professeur Ayotte-Beaudet, Stéphane Roux soutient que l’enseignement se fait toujours en contexte, et qu’il importe de se poser les bonnes questions lorsque vient le temps de structurer ses activités pédagogiques, de manière à optimiser les apprentissages et pérenniser les savoirs.

Un guide pédagogique sera produit en vue d'outiller le personnel enseignant souhaitant utiliser les classes à l'extérieur.
Un guide pédagogique sera produit en vue d'outiller le personnel enseignant souhaitant utiliser les classes à l'extérieur.
Photo : Michel Caron - UdeS

En prévision du trimestre d’automne, le SSF et le professeur Ayotte-Beaudet travailleront à la production d’un guide destiné au personnel enseignant afin de l’appuyer dans l’utilisation pédagogique des espaces extérieurs. Éléments logistiques, ressources, modalités et savoirs à mobiliser dans ce contexte y seront notamment abordés. À la lumière de ces nouveaux contextes pédagogiques à exploiter, l’expérience d’enseignement et d’apprentissage qui se profile en vue de la prochaine rentrée universitaire sera assurément stimulante et haute en couleur.