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Colloque de la Société canadienne de théologie - Critique des idoles: d'hier à aujourd'hui

Date :
27 au 28 mai 2026
Type :
Colloques et congrès
Lieu :
Local L1-5665 - Campus de Longueuil de l'Université de Sherbrooke, et en ligne

Description :

Dans la tradition théologique classique, l’idolâtrie constitue l’un des thèmes fondateurs de la critique religieuse : substituer au Dieu transcendant une réalité créée, visible et finie. Depuis les mises en garde bibliques contre les « images taillées » - du veau d’or de l’Exode aux admonestations prophétiques - jusqu’aux discussions patristiques et médiévales sur les limites de la représentation, elle est pensée comme un détournement du culte et une confusion entre Créateur et création. Dans l’histoire chrétienne, cette réflexion s’est structurée autour d’un discernement visant à préserver la transcendance divine et à empêcher que les images ne deviennent autonomes ou absolues (Boulnois, 1998). Les grands monothéismes ont ainsi développé des formes de vigilance destinées à éviter l’absolutisation d’objets, de figures ou de puissances humaines. Ces cadres théologiques - interdits, iconoclasmes, théologie des images, discernement spirituel - ont servi de matrice à la reconfiguration moderne du concept d’idole.

Dans son oeuvre de théologie « culturelle » (Siegwalt, 1978), Paul Tillich (1990) définit l’idolâtrie comme l’élévation de réalités finies au rang de l’infini, du sacré ou de l’absolu. Cette dynamique met en lumière l’ambiguïté constitutive du sacré, déjà explorée par Caillois (1950) et Wunenburger (1977, 2019), et révèle une tension entre la dimension spirituelle des symboles et leur fonction sociale. L’idole apparaît ainsi comme un support de sens capable d’offrir des repères individuels tout en consolidant la cohésion collective. L’histoire montre que ces figures peuvent être légitimées dans un contexte donné avant d’être contestées, déplacées ou détruites.

De Kant à Nietzsche, la pensée moderne a renouvelé l’interrogation sur les mécanismes de sacralisation du pouvoir, de la vérité ou de la morale. La question de l’idole s’inscrit ainsi dans un long héritage théologique et philosophique, mais demeure brûlante dans les sociétés contemporaines où s’opèrent de nouvelles formes d’adoration : médiatiques, politiques, économiques ou technologiques.

Ce colloque propose d’interroger les multiples figures de l’idole et de l’idolâtrie, de l’Antiquité à la modernité numérique, en réunissant théologiens, philosophes, historiens, sociologues, anthropologues et spécialistes de la culture. Il invite à se demander de quelles façons l’idolâtrie se manifeste dans les sociétés plurielles et sécularisées, ce qui définit ou caractérise l’idole moderne - figure, rituel ou économie symbolique, comment la critique des idoles éclaire nos pratiques culturelles, religieuses et politiques, et enfin quelles perspectives théologiques ou interdisciplinaires peuvent renouveler la compréhension du sacré, du pouvoir et du désir.

Le programme complet de l'événement sera bientôt disponible.