Portrait de diplômée
Sur le campus comme aux urgences, Gabrielle Trépanier a soif de collaboration et d’innovation
Photo : Fournie
L’école a toujours passionné Gabrielle Trépanier et quand elle a mis les pieds sur le campus de l’Université de Sherbrooke, elle savait qu’elle ne le quitterait plus. Dès la fin de son doctorat en médecine et sa spécialisation en médecine d’urgence, elle commence à y enseigner sans jamais vraiment arrêter d’y étudier. Celle qui a été promue professeure titulaire en juillet dernier, après 13 ans d’enseignement, cumule les diplômes de 2e cycle universitaire. Encore en janvier dernier, elle entamait une nouvelle formation en joignant le rang des étudiants au microprogramme de 2e cycle sur les fondements de la recherche en soins primaires.
«Quand ça fait trop longtemps que je ne suis pas sur les bancs d’école, j’ai le goût d’y retourner. J’aime apprendre. Plus jeune, j’étudiais un peu partout : au gymnase, dans l’autobus. J’ai toujours organisé mon temps pour réussir mes études», note la Sherbrookoise.
Sportive, l’ancienne joueuse de volleyball du Vert et Or a su jeune qu’elle souhaitait travailler dans le domaine de la santé et qu’elle voulait le faire en équipe.
Je suis une fille d’équipe. J’ai choisi la médecine d’urgence parce que c’est un métier vraiment collaboratif qui exige qu’on travaille en équipe.
Après sa première année comme professeure adjointe, elle va se chercher davantage d’outils en s’inscrivant au microprogramme de 2e cycle en pédagogie des sciences de la santé (2014).
«En parallèle, je me suis impliquée à la Faculté pour développer de nouveaux programmes. Par exemple, le programme d’échographie ciblée, lancé en 2013, est un projet auquel j’ai participé et qui me rend très fière. Il a d’ailleurs reçu des subventions pour l’innovation pédagogique.»
Gabrielle Trépanier sait pousser ses projets et est capable de rebondir, revenir avec des solutions, quand elle se fait dire non. «On vit dans un monde complexe et implanter des projets innovants représente un défi. Il faut savoir défendre ses idées et faire preuve de résilience quand elles ne sont pas retenues. Parfois, c’est juste une question de timing. Patience, débrouillardise et créativité sont de mises.»
En travaillant aux urgences de Santé-Québec Estrie, la Dre Trépanier se rend compte que la formation générale en médecine est somme toute limitée en ce qui a trait au droit dans le domaine de la santé. Elle va donc chercher un diplôme d'études supérieures spécialisées de 2e cycle en droit et politiques de la santé (2017) et une maîtrise en droit et politiques de la santé (2018).
En médecine d’urgence, on interagit beaucoup avec les policiers, les prisonniers. Il est parfois question de mandats d’arrestation, de cas d’alcool au volant, pour ne citer que ces exemples. Mes nouvelles connaissances ont facilité la prise de décisions au quotidien.
Depuis 2020, Gabrielle Trépanier est directrice du programme de compétences avancées en médecine d'urgence. «Chaque été, à la rentrée, on accueille une nouvelle cohorte de huit résidents. Je les reçois toujours chez nous pour un BBQ en août. C’est un petit groupe que je suis pendant une année, l’ambiance est très familiale», explique celle qui organise aussi un BBQ à la maison quand le programme se termine et que « ses grands résidents» partent en pratique autonome aux quatre coins de la province.
Photo : Fournie
Au quotidien, Gabrielle Trépanier partage son temps entre son travail sur le terrain aux urgences, l’enseignement, ses études, la mise sur pied d’innovations pédagogiques et sa famille. Loin de la tracasser, le caractère imprévisible de son emploi du temps diversifié la stimule. «J’ai la chance d’être bien entourée et d’avoir beaucoup de soutien de la part de mon conjoint et de mes parents qui sont proches et volontaires pour garder ma fille qui vivra sa rentrée en première année cet automne.»
Ce n’est pas un hasard si Gabrielle Trépanier est sur son X :
J’ai pris le temps de me poser beaucoup de questions et j’ai été honnête envers moi-même. J’ai pris des décisions qui me ressemblaient et fait des choix authentiques. Si j’avais un conseil à donner aux étudiants, ce serait de prendre le temps de bien se connaître et de rester près de leurs forces.