Chaire de recherche de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec sur la pratique de la médecine de famille
Un moteur de changement pour rehausser la qualité des soins
Depuis plusieurs années, les démarches d’amélioration continue de la qualité (ACQ) sont implantées dans les milieux de soins en médecine de famille afin d’assurer l’excellence des services à la population qui y sont prodigués.
Pr Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke, Dre Anne-Patricia Prévost, membre du CA de la FMOQ et présidente de l'Association des médecins omnipraticiens de Yamaska, Élizabeth Arpin, PDGA de Santé Québec Montérégie-Centre, Pre Isabelle Gaboury, professeure au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence, Pr Louis Valiquette, doyen de la FMSS
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Afin de rendre l'ACQ plus efficace, la Chaire de recherche de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec sur la pratique de la médecine de famille est lancée, grâce à un don majeur de 1,25 M$ octroyé par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et dont la professeure-chercheuse au Département de médecine de famille et de médecine d'urgence, Isabelle Gaboury, est titulaire.
Nous avons une longue tradition d'excellence dans la formation en médecine de famille, de plus, l'augmentation des cohortes des dernières années nous a menés à former plus de médecins de famille. La formation de ces nouveaux médecins, jumelée à des travaux portant sur l'amélioration continue du réseau sont des conditions gagnantes pour répondre adéquatement aux besoins de la société en matière d'accès à la première ligne. L'importante contribution de la FMOQ nous permettra de poursuivre dans cette voie et collaborera à l’émergence d'un savoir de pointe axé sur les soins de proximité. Je tiens à remercier la FMOQ de sa confiance et de son précieux soutien envers les projets de l’Université de Sherbrooke. L’apport de généreux partenaires est essentiel pour développer des projets novateurs, multiplier les découvertes innovantes et contribuer à la santé de population
Pr Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke
Pr Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
La médecine de famille est au cœur de la santé et du bien-être des Québécois. En soutenant la création de cette chaire, la FMOQ pose un geste concret pour faire avancer les connaissances, valoriser le rôle et l’expertise des médecins de famille et, surtout, mieux répondre aux besoins des patients — qui réclament un accès à une médecine de famille de la plus haute qualité. C’est une façon pour la FMOQ et pour ses membres de contribuer à une médecine humaine, fondée sur des données probantes et résolument tournée vers l’avenir de la santé
Dr Marc-André Amyot, médecin de famille et président-directeur général de la FMOQ
Un système de santé en mode résultats
Les démarches d’ACQ, réalisées dans une perspective de développement des connaissances, permettent notamment d’optimiser les processus cliniques, les résultats pour les patientes et patients ainsi que l’efficience organisationnelle. Ce mode de gestion propose d’analyser les points à corriger en équipe, puis de déployer des moyens pour faire évoluer positivement la situation, et ce, sur une base quotidienne.
Par exemple, imaginons que la collaboration entre collègues affecterait la fluidité des services dans un cabinet médical. Les personnes concernées pourraient déterminer qu’un guide clarifiant les responsabilités de chacune devrait être régulièrement actualisé sur l’intranet. Elles pourraient aussi mettre en place de courtes rencontres hebdomadaires pour se pencher sur les cas où la synergie aurait pu être améliorée, afin d’adopter des solutions efficaces.
Dans cette optique, la Chaire de recherche de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec sur la pratique de la médecine de famille assurera un rôle majeur pour cerner les facteurs qui facilitent ou freinent l'adhésion aux mesures qui résultent de la démarche dans les équipes soignantes.
Les recherches mèneront aussi à la création d’outils d’analyse avancés et à l’identification des indicateurs de performance qui guideront les décisions cliniques et organisationnelles. Globalement, elles feront progresser l’ensemble des approches en matière d’ACQ, dont le potentiel pour maximiser l’efficacité des soins en médecine de famille est immense.
Pour que l’amélioration continue de la qualité devienne une véritable culture dans nos milieux, il faut soutenir ceux qui tracent la voie. Des chercheurs chevronnés, comme la Pre Gaboury, qui innovent autant par leurs projets que par leur capacité à les intégrer dans la pratique. Cette chaire propulsera le Centre de recherche Charles-Le Moyne et la FMSS au cœur des transformations essentielles pour l’avenir du système de santé québécois.
Pr Louis Valiquette, doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'UdeS
Pr Louis Valiquette, doyen de la FMSS
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Une démarche à pérenniser au bénéfice de la population
Bien que les résultats soient concluants dans la majorité des situations, les effets positifs de l’ACQ ont plutôt tendance à s’estomper à long terme. Environ 60 % des équipes atteignent et maintiennent leurs objectifs, ce qui met en évidence des lacunes dans la durabilité des gains obtenus.1
Une solution à cet enjeu de pérennité est l’utilisation judicieuse des données pour appuyer les démarches d’amélioration continue. Une maîtrise accrue des indicateurs pertinents pourra favoriser la compréhension des problèmes et soutenir l'engagement du personnel. Cependant, l'identification des données les plus significatives pour des contextes diversifiés en soins de première ligne demeure un défi persistant; ce sur quoi se concentrera l’équipe de la chaire, explique sa titulaire Isabelle Gaboury, professeure titulaire au département de médecine de famille et de médecine d’urgence de la Faculté de médecine et des sciences de la santé.
La production de nouvelles connaissances sur l’optimisation des méthodes d’ACQ et l’exploitation des données d’étalonnage en première ligne permettra de renforcer les capacités des équipes cliniques à implanter des stratégies efficaces d’amélioration de la qualité. De plus, les résultats obtenus favoriseront l’élaboration de politiques et de cadres décisionnels mieux adaptés aux réalités du terrain.
Isabelle Gaboury, professeure-chercheuse au Département de médecine de famille et de médecine d'urgence et titulaire de la Chaire de recherche.
Pre Isabelle Gaboury, professeure au Département de médecine de famille et de médecine d’urgence
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS
Afin qu’elles puissent être appliquées dans les politiques publiques et en contexte réel, les connaissances générées par la chaire seront diffusées auprès des milieux cliniques, des décideurs et décideuses ainsi que des organismes de gouvernance de la première ligne.
Une contribution supplémentaire de 750 000 $ de la part du Fonds FMOQ permettra à Pre Gaboury de développer un pôle d’expertise universitaire de la transformation de la pratique de première ligne, de mettre en place une plateforme de collecte de données et de concevoir des d’outils destinés aux organisations professionnelles de première ligne.
À propos de la Grande Campagne de l’UdeS
Depuis sa fondation, l’Université de Sherbrooke innove, repousse les frontières comme les façons de faire, et prend des décisions avant-gardistes. Ces orientations ont forgé son identité et sont une source de fierté pour l’ensemble de sa communauté universitaire.
C’est dans ce même état d’esprit que l’institution entreprend le prochain chapitre de son développement, avec sa Grande Campagne de financement Choisir de changer l’avenir. Cette campagne de 250 M$, la plus ambitieuse de son histoire, permettra de soutenir plus de 150 projets inspirants, qui apporteront des solutions concrètes aux défis d’aujourd’hui et de demain. Le don de la FMOQ s'inscrit dans cette Grande Campagne.
À propos de la Pre Isabelle Gaboury
- Professeure-chercheuse au Département de médecine de famille et de médecine d'urgence
- Professeure-chercheuse au Centre de recherche Charles-Le Moyne (CRCLM)
- Professeure-chercheuse au Centre de recherche du CHUS (CRCHUS)
- Professeure-chercheuse à l'Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS)
1 Chakravorty S. Where Process-Improvement Projects Go Wrong. Wall Street Journal 2010