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Troisième grand atelier de simulation de l'International Network for Government Science Advice (INGSA)

Polycrises et désinformation : un atelier immersif pour mieux intégrer science et gouvernance

De g. à d. : La Pre Marie-Luc Arpin, du Département de management et de gestion des ressources humaines, la Pre Isabelle Laforest-Lapointe, du Département de biologie, le Pr Olivier Champagne-Poirier, du Département de communication, Mme Noémie Lefrançois, conseillère en environnement, Mme Sarah Chebra, Mme Amélie Garnier et Mme Élizabeth Cazeault, Coordonnatrice SST et environnement à l'UdeS.
De g. à d. : La Pre Marie-Luc Arpin, du Département de management et de gestion des ressources humaines, la Pre Isabelle Laforest-Lapointe, du Département de biologie, le Pr Olivier Champagne-Poirier, du Département de communication, Mme Noémie Lefrançois, conseillère en environnement, Mme Sarah Chebra, Mme Amélie Garnier et Mme Élizabeth Cazeault, Coordonnatrice SST et environnement à l'UdeS.
Photo : UdeS Martin Blache

Imaginez un instant que vous êtes une personne élue de Saraterra, un État plongé dans une série de crises économiques, politiques et sanitaires simultanées. Dans ce contexte délicat où science, politique et opinion publique s’entrechoquent, chacune de vos décisions peut changer le cours de l'histoire. C'est sur cette toile de fond fictive que plus de 80 personnes se sont réunies, le 4 décembre dernier, à l'occasion du troisième atelier INGSA consacré aux thématiques de la gestion de la biodiversité et des conséquences de la désinformation dans la prise de décisions. Une activité ludique, immersive et unique en son genre, que la Faculté des sciences accueille depuis 2021.

Dans un monde marqué par des crises complexes, il est crucial de comprendre comment la science peut éclairer les décisions politiques tout en tenant compte des réalités sociales et économiques. Pourtant, les scientifiques et les membres du milieu académique sont rarement formés à communiquer efficacement avec les instances gouvernementales. L’inverse est d'ailleurs vrai de ces dernières, qui gèrent difficilement l’incertitude inhérente aux données scientifiques.

C'est précisément pour combler ces lacunes que les ateliers de l'INGSA offrent à différents membres de la société (scientifiques, fonctionnaires, industriels, représentants de la société civile et de l'État) une expérience immersive qui les place au cœur des tensions et compromis propres à la gouvernance. Cette occasion rare de vivre en personne la complexité des décisions publiques permet aux participants de faire des apprentissages concrets et de développer de véritables réflexes de collaboration et de communication.

Guidées par des personnes ressources expérimentées, les personnes présentes ont été conviées à jouer différents rôles pendant les ateliers : représentants gouvernementaux ou des milieux industriels, scientifiques, médiatiques, ou encore de la société civile.
Guidées par des personnes ressources expérimentées, les personnes présentes ont été conviées à jouer différents rôles pendant les ateliers : représentants gouvernementaux ou des milieux industriels, scientifiques, médiatiques, ou encore de la société civile.
Photo : UdeS Martin Blache

« C'est une approche ludique et immersive qui bouscule les certitudes et nous pousse à sortir de notre zone de confort, tout en réduisant le cynisme et en rappelant à toutes et tous que, peu importe notre rôle, nous avons un pouvoir d’action dans la société. Nous sommes ravis de l'engouement qu'elle génère, tant à l'UdeS qu'auprès des décideurs », explique la professeure Isabelle Laforest-Lapointe (biologie), organisatrice de l'événement.

Une simulation inspirée de la réalité québécoise

Saraterra est un État fictif dont le système politique et juridique est inspiré de la réalité vécue au Québec. Dans chaque atelier, les personnes participantes faisaient face à des choix difficiles inspirés d'enjeux réels vécus dans la province ces dernières années : investissements dans la filière « batteries », gestion du territoire, crise sanitaire, inondations, perte de confiance dans la science, etc. Le temps d’une journée, les personnes participantes ont joué différents rôles stratégiques : comités aviseurs scientifiques, superministre, membres de l'opposition officielle, chef de cabinet, représentant de la chambre de commerce, de services de santé publique ou journalistes. Cette immersion a permis à chacune et chacun de se mettre à la place de l'autre, dans des situations où les solutions dépendent de leur ouverture respective aux diverses opinions exprimées.

Sciences et politique réunis dans un même laboratoire

Guidées par des personnes ressources expérimentées, les personnes participantes devaient prendre, en équipe, des décisions éclairées et rapides en s’appuyant sur des données scientifiques. Bien plus que de simples jeux de rôle, ces ateliers étaient donc de véritables laboratoires de gouvernance.

Le doyen de la Faculté des sciences, Pr Armand Soldera, a livré un discours d'ouverture inspirant pour lancer les activités de la journée. « La science nous enseigne que nous formons un tout avec l'Univers et la Nature. Il est temps pour nos décideurs de prendre la pleine mesure de cette réalité et d'agir en conséquence. »
Le doyen de la Faculté des sciences, Pr Armand Soldera, a livré un discours d'ouverture inspirant pour lancer les activités de la journée. « La science nous enseigne que nous formons un tout avec l'Univers et la Nature. Il est temps pour nos décideurs de prendre la pleine mesure de cette réalité et d'agir en conséquence. »
Photo : UdeS Martin Blache

« Les ateliers INGSA illustrent parfaitement la mission de l’UdeS, qui est d'offrir des expériences formatrices et innovantes qui dépassent les murs des salles de cours et qui préparent à relever les défis de notre époque, rappelle le doyen de la Faculté des sciences, Pr Armand Soldera. Dans un monde marqué par des crises complexes, il est crucial de comprendre comment la science peut éclairer les décisions politiques, tout en tenant compte des réalités sociales et économiques. »

Entendre la science pour éviter des choix difficiles

La professeure Fanie Pelletier, du Département de biologie, a parlé de son expérience en service conseil scientifique auprès des gouvernements pour la gestion des espèces en péril.
La professeure Fanie Pelletier, du Département de biologie, a parlé de son expérience en service conseil scientifique auprès des gouvernements pour la gestion des espèces en péril.
Photo : UdeS Martin Blache

Deux conférences d’expertes de l’UdeS ont également enrichi l’expérience des personnes présentes. La professeure Fanie Pelletier, du Département de biologie, a parlé de son expérience de conseillère scientifique pour la gestion des espèces en péril au Québec et au Canada et de l’importance de développer des compétences en communication stratégique pour dialoguer efficacement avec les instances et parties prenantes. Puis, la professeure Marie-Ève Carignan, du Département de communication, a livré une conférence sur les mécanismes et mouvements de désinformation, un phénomène qui fragilise nos sociétés et influence directement la prise de décisions.

La professeure Marie-Ève Carignan, du Département de communication, est aussi cotitulaire et  directrice du Pôle Médias de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents. Elle a pris la parole à titre de conférencière pour parler de désinformation en situation de crise. 
La professeure Marie-Ève Carignan, du Département de communication, est aussi cotitulaire et  directrice du Pôle Médias de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents. Elle a pris la parole à titre de conférencière pour parler de désinformation en situation de crise. 
Photo : UdeS Martin Blache

La professeure Carignan a d'ailleurs insisté sur le fait que la désinformation est particulièrement active en période de crise, lorsque l’incertitude est élevée et que la population cherche des réponses rapides. « La désinformation ne se limite pas aux fausses nouvelles : elle s’appuie sur des stratégies sophistiquées, des réseaux organisés et des biais cognitifs qui exploitent nos émotions et nos croyances. Nous devons donc collectivement développer des mécanismes pour contrer ce phénomène. »

Mme Sophie-Andrée Blondin, animatrice de l'émission d'actualités et de culture scientifiques Les années-lumière, à la première chaîne de Radio-Canada, a animé les débats avec brio, mandat qu’elle remplit à merveille depuis la toute première édition des ateliers INGSA-UdeS, en 2021.

« Je remercie et félicite la professeure Laforest-Lapointe pour cette organisation impressionnante, visionnaire et plus que nécessaire, conclut le doyen de la Faculté des sciences, Pr Soldera. Si nous voulons que nos sociétés progressent, il ne suffit pas que les chercheurs sachent : il faut que les décideurs, les citoyens et les institutions puissent s’approprier ces savoirs. C’est dans cette rencontre entre la connaissance et son partage que naissent les véritables transformations. »

L'organisation d'un événement aussi complexe repose sur l’engagement de personnes motivées et passionnées, qui s'engagent bien au-delà des mandats de leur tâche professionnelle pour créer une expérience unique et mémorable. Cet événement a aussi été rendu possible par le soutien des Fonds de recherche du Québec et du Bureau du Scientifique en Chef, M. Rémi Quirion, président-élu du réseau INGSA depuis 2021.

L'INGSA
Créé en 2014 sous l’égide du Conseil scientifique international, le Réseau international de conseil scientifique gouvernemental (INGSA) est une plateforme ouverte favorisant le dialogue entre chercheurs, décideurs et praticiens. Sa mission est de développer les capacités institutionnelles et d’améliorer l’interface science-politique-société, afin de promouvoir des politiques fondées sur des données probantes. À travers des ateliers, conférences et outils pratiques, l’INGSA soutient la diplomatie scientifique et encourage la coopération internationale. Il contribue ainsi à rendre les systèmes de gouvernance plus résilients, éclairés et efficaces face aux défis globaux.                        Les trois ateliers INGSA organisés par des membres de l'Université de Sherbrooke sont de parfaits exemples du profond engagement de l'institution à soutenir le développement de la société québécoise. Cette tradition qui s’installe positionne l’UdeS comme chef de file dans la formation à la communication entre science et politique.