L’Université de Sherbrooke lance un pôle d’excellence pour décarboner l’industrie du béton
Sherbrooke, le 28 avril 2026 – L’industrie du ciment et du béton est l’une des plus grandes émettrices de gaz à effet de serre (GES) au monde. Comment réduire l’empreinte écologique du matériau de construction le plus utilisé sur la planète? Pour l’Université de Sherbrooke, c’est en jetant un pont entre les meilleurs talents en recherche et développement, les entreprises et les propriétaires des infrastructures.
Cette solution durable prend racine grâce à la création du Pôle d’excellence sur les bétons bas-carbone, dirigé par le professeur et éminent chercheur Arezki Tagnit-Hamou.
Véritable lieu de convergence des expertises et acteurs clés de l’industrie, ce pôle rallie des partenaires majeurs qui, par leur appui, accéléreront l’utilisation de bétons à faible émission de gaz à effet de serre. Il développera de nouveaux matériaux cimentaires et formulations de béton, tout en jouant un rôle central dans la mise en œuvre de la normalisation des nouvelles technologies dans ce domaine.
Dans l’industrie du ciment et du béton, l’innovation se heurte à une réticence. Le faible coût du béton traditionnel, les pratiques déjà bien établies dans le milieu et la lente évolution des normes comptent parmi les freins qui empêchent l’industrie de faire le saut vers des matériaux plus écologiques. Mais cela pourrait évoluer rapidement.
Un liant entre scientifiques, industries et décideurs
« Un changement de paradigme est nécessaire pour entreprendre, une fois pour toutes, la transformation de l’industrie du ciment et du béton et réduire son empreinte écologique, en tenant compte non seulement des développements technologiques, mais aussi des concepts de développement durable et de l’acceptabilité sociale », mentionne le directeur du pôle, Arezki Tagnit-Hamou.
Il ajoute : « Le pôle propose une approche qui va du fondamental à l’appliqué, qui mise sur les interactions entre la science, l’industrie et les décideurs. Nous créons un véritable forum fédérateur qui réunit toutes les parties prenantes clés du domaine de la construction : industriels, scientifiques, gouvernements, agences d’accréditation et organisations. »
Avec ce pôle, Sherbrooke pourrait devenir l’une des références mondiales en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour l’industrie du ciment et du béton. Il réunit plusieurs groupes de recherche, des experts de renommée mondiale et une vingtaine de partenaires issus de municipalités, de l’industrie et du gouvernement, ici au Québec, en Ontario et en Europe.
« L’Université de Sherbrooke est si avancée dans l’intégration des pratiques de développement durable qu’elle exerce à présent un rôle d’influence, notamment en recherche. Que ce soit pour le béton ou d’autres domaines d’expertise, notre savoir-faire nous permet d’avoir un effet incitatif. Nous sommes fiers d’agir comme modèle et de pouvoir le faire avec des partenaires qui sont aussi motivés à adopter des solutions technologiques plus vertes », affirme le professeur Jean-Pierre Perreault, recteur de l’UdeS.
Un savant mélange de disciplines
Le leadership de l’UdeS en développement durable jette ainsi de solides fondations au projet. Le maillage des expertises constitue une autre base solide sur laquelle ce pôle repose.
« À l’UdeS, la recherche en génie civil développe des bétons plus verts depuis trois décennies. Le défi à surmonter à présent : convaincre l’industrie d’adopter ces nouveaux matériaux. Pour mener à bien ce projet d’envergure, le professeur Tagnit-Hamou et son équipe travailleront avec des spécialistes en chimie, gestion, économique et politique appliquée », mentionne la professeure Nathalie Roy, doyenne de la Faculté de génie.
L’équipe du pôle travaillera de près avec le secteur minier pour donner une seconde vie à certains sous-produits, dans une approche d’économie circulaire. Ces sous-produits pourraient être utilisés pour remplacer une partie du ciment dans les nouveaux bétons développés, étant donné que la fabrication du ciment, une des composantes du béton, génère des gaz à effet de serre.
En plus de travailler avec l’industrie et les propriétaires des infrastructures, l’équipe du pôle contribuera à préparer la relève par l’entremise de formations expérientielles et du transfert de technologies axées sur les réalités du terrain.
L’équipe de recherche
Directeur du pôle
Arezki Tagnit-Hamou, Département de génie civil et de génie du bâtiment
Chercheurs et chercheuses de l’UdeS
- Département de génie civil et de génie du bâtiment : Ammar Yahia, Fabien Georget, Mourad Ben Amor, Radhouane Masmoudi, Richard Gagné, William Wilson
- École de politique appliquée : Annie Chaloux
- Département de chimie : Jérôme Claverie
- École de gestion : Sofiane Baba
Chercheuses et chercheurs d’autres universités
- Polytechnique Montréal : Anne de Bortoli et Marcelin Joanis
- Université McMaster : Ousmane Ahmat Hisseine
Les partenaires du pôle
Artelia, Bellemare, Clayson, Colas, Ecocem, EcoRock, Englobe, Hydro-Québec, Mapei, Nemaska, Prodexim, Ville de Laval, Ville de Montréal, Ville de Sherbrooke
– 30 –
Renseignements :
Geneviève Lussier, relations médias et relations publiques
Service des communications | Université de Sherbrooke
819 821-8000, poste 65472 | medias@USherbrooke.ca