Acfas 2021

Violences sexuelles dans l’enseignement supérieur : enjeux et perspectives de changement

Les violences sexuelles sont prévalentes auprès des populations universitaires en Amérique du Nord et en Europe, en plus d’être associées à des conséquences néfastes. La professeure Geneviève Paquette, de la Faculté d'éducation, coorganise un colloque au 88e Congrès de l'Acfas traitant de ces questions, qui rassemblera des chercheuses du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick, ainsi que de France, de Suisse et de Belgique.

L’enquête Sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire (ESSIMU) a permis d’établir un portrait des violences sexuelles (VS) se déroulant en contexte universitaire québécois, en s’appuyant sur une définition large des différentes formes de VS, incluant notamment le harcèlement sexuel, les comportements sexuels non désirés et la coercition sexuelle.

Des statistiques préoccupantes

Sur les 9284 personnes ayant répondu au questionnaire en ligne, 36,9 % ont rapporté avoir subi au moins une forme de VS en milieu universitaire, depuis leur entrée à l’université, commise par une autre personne affiliée à cette université. Certains groupes sociaux sont davantage victimisés : les femmes (40,6 %), les étudiantes de l’international (41,6 %) et les individus issus de minorités sexuelles (49,2 %) et de genre (55,7 %) (Bergeron et al., 2016).

En France, en 2015, l’enquête Violences et rapports de genre (Virage) est réalisée dans le  but de documenter les violences sexuelles subies par la population française au cours de leur vie. Dans le cadre de cette enquête, l’Institut national d’études démographiques (INED) lance une enquête complémentaire (Virage-Universités) pour comprendre l’ampleur des violences et des discriminations existantes en milieu universitaire. Sur les 6648 étudiantes et étudiants ayant répondu au questionnaire en ligne, 1882 ont déclaré avoir subi au moins un fait de violence (psychologique, physique ou sexuelle) au cours des 12 mois précédant l’étude.

L’enquête a aussi démontré que la nature des violences subies n’est pas la même selon le genre : les étudiantes sont plus touchées par des propos et attitudes à caractère sexuel, tandis que les étudiants mentionnent plus fréquemment des faits de violence psychologique (Lebugle et al., 2018).

Ce sujet a piqué votre curiosité?
Le colloque Violences sexuelles dans l’enseignement supérieur : après les mobilisations et les recherches, les enjeux émergents et les perspectives de changement au Canada et en Europe francophones se tiendra les 4 et 5 mai, dans le cadre du congrès annuel de l’Acfas, le plus grand rassemblement multidisciplinaire du savoir et de la recherche de la francophonie.