Enseigner l'histoire autrement

Une nouvelle école d’été en histoire décrypte l’univers carcéral local

Durant cette école d'été, la Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke organisera deux visites de la prison Winter avec les étudiantes et les étudiants, où ils rencontreront entre autres un gardien qui y a fait carrière.
Durant cette école d'été, la Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke organisera deux visites de la prison Winter avec les étudiantes et les étudiants, où ils rencontreront entre autres un gardien qui y a fait carrière.

Photo : Stéphanie Lanthier, chargée de cours à forfait à l'UdeS

L’Université de Sherbrooke et le Cégep de Sherbrooke innovent en lançant la première école d’été conjointe en histoire, qui se tiendra du 10 au 14 août dans les locaux du Séminaire de Sherbrooke. Sous le thème Sherbrooke derrière les barreaux, cette activité pédagogique intensive réunira 20 étudiantes et étudiants en histoire du cégep et de l’université qui décrypteront des documents d’archives locales pour mettre en lumière l’histoire criminelle et judiciaire des Cantons-de-l’Est.

Sophie Abdela, coorganisatrice de l'événement et professeure au Département d'histoire, est spécialiste de l'histoire carcérale française.
Sophie Abdela, coorganisatrice de l'événement et professeure au Département d'histoire, est spécialiste de l'histoire carcérale française.

Photo : Université de Sherbrooke

L’école d’été portera sur la Prison commune de Sherbrooke (connue sous le nom de prison Winter) et l’univers carcéral. Les étudiantes et étudiants seront divisés en cinq équipes mixtes (du cégep et de l’université) qui aborderont différentes facettes liées à l’enfermement et à la criminalité, comme les points chauds du crime à Sherbrooke, la criminalité des femmes, les grands criminels qui ont marqué l’histoire régionale, etc.

« Les objectifs de cette école d’été sont multiples, explique l’historienne Sophie Abdela, professeure d’histoire à l’Université de Sherbrooke et coorganisatrice de l’événement avec Frédéric Moisan, enseignant au Cégep de Sherbrooke. Nous souhaitons plonger nos étudiantes et étudiants au cœur du travail d’archives et aborder des manières très actuelles de leur donner vie et de les faire rayonner. Nous souhaitons également créer des liens entre les étudiantes et étudiants du Cégep et de l’Université. En permettant aux étudiants de baccalauréat de jouer un rôle de mentor auprès des collégiennes et collégiens du DEC en Histoire et civilisation, nous souhaitons motiver l’intérêt pour la poursuite des études en sciences humaines, un secteur dont l’issue peut sembler abstraite. »

Plusieurs partenaires régionaux impliqués

Cette école d’été concrétise une collaboration avec divers partenaires locaux. La Société d’histoire de Sherbrooke, ainsi que le bureau sherbrookois des Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ) ouvriront leurs riches fonds d’archives pour permettre aux participants d’accéder aux sources et apprendre à les manipuler.

Photo : Stéphanie Lanthier, chargée de cours à forfait à l'UdeS

Durant cette semaine intensive, la Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke organisera deux visites de la prison Winter, actuellement désaffectée, mais pour laquelle un projet de transformation en attrait touristique est en planification. Ces visites permettront de prendre connaissance de l’architecture des lieux, mais aussi de procéder à des entrevues avec un gardien qui a fait carrière à la prison Winter, initiant ainsi les étudiantes et étudiants aux techniques de cueillette de l’histoire orale. Les travaux réalisés pourront nourrir le travail amorcé de sauvegarde et de mise en valeur de ce patrimoine carcéral.

Enfin, le Séminaire de Sherbrooke est également partenaire en hébergeant l’école d’été dans ses bâtiments historiques, à distance de marche des vestiges de la vieille prison.

Un projet soutenu par le Pôle régional en enseignement supérieur

Cette école d’été est rendue possible grâce à un soutien financier de 20 000 $ du Pôle régional en enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE). Créé en novembre 2018, le PRESE finance divers projets de collaboration entre les cinq institutions d’enseignement supérieur de Sherbrooke.

« Notre objectif est d’abolir les frontières entre nos collèges et universités pour stimuler des initiatives locales vraiment hors du commun, souvent impossibles à réaliser au sein d’un seul établissement. Nous voulons également multiplier les liens avec la communauté régionale pour que les projets puissent avoir des impacts au-delà du milieu académique », explique sa coordonnatrice Sophie Vincent.

En plus de financer divers projets structurants, le PRESE a accordé plus de 500 000 $ depuis 2019 pour mettre en chantier une quinzaine de projets de collaboration inter-établissements.