Jérôme Dupras de passage au Studio de création
Pour une science décloisonnée : quand l’art et le génie se rencontrent
Photo : Jessica Garneau
Le Studio de création – Fondation Huguette et Jean-Louis Fontaine de la Faculté de génie a eu l’honneur d’accueillir, le 23 octobre dernier, le scientifique en chef du Québec, M. Jérôme Dupras, lors d’un Séminaire Art-Génie tenu sous le thème Pour une science décloisonnée : art, génie, société, et bien plus.
Organisée à l’initiative de Tamara Krpic, étudiante au doctorat en génie mécanique et artiste multidisciplinaire, cette rencontre visait à explorer les liens qui unissent l’art, la science et le génie, ainsi que leur rôle dans la compréhension des grands enjeux de société.
Pourquoi rapprocher l’art et la science?
Photo : Jessica Garneau, collaboratrice
Une centaine de personnes de la communauté de la Faculté de génie étaient présentes pour participer à cet échange. En guise d’introduction, Tamara Krpic a mis en lumière des modèles de personnes polymathes, comme Aristote ou encore Mae Jemison, qui possèdent des connaissances variées et approfondies, en particulier dans le domaine des sciences, de la philosophie et des arts.
Elle a également insisté sur le fait que tout le monde a le potentiel de devenir polymathe grâce à ses multiples talents et intérêts, et sur l’importance de savoir bien s’entourer pour contribuer au décloisonnement de la science et des arts.
En partageant aussi des exemples de projets multidisciplinaires, elle a rappelé la nécessité de décloisonner la pensée pour apporter des solutions aux défis actuels.
Un parcours qui incarne le décloisonnement
Qui de mieux pour illustrer de façon éloquente le décloisonnement des disciplines que Jérôme Dupras, scientifique en chef du Québec, professeur-chercheur et bassiste du légendaire groupe Les Cowboys Fringants.
Titulaire d’un baccalauréat en biochimie et d’un doctorat en géographie, Jérôme Dupras a raconté comment ses passions pour la musique et la recherche se sont développées parallèlement, et ce, dès son plus jeune âge. Son parcours témoigne qu’il est possible de conjuguer plusieurs identités professionnelles et de bâtir une carrière à l’intersection de différents univers.
Photo : Fournie
M. Dupras a de plus mentionné qu’il était parfois nécessaire de sortir des sentiers battus et de s’engager dans des projets qui dépassent les frontières traditionnelles des disciplines, car les innovations les plus prometteuses émergent souvent à la croisée des savoirs. Il avait d’ailleurs un message fort inspirant à livrer à la relève :
On l’a chanté avec Les Cowboys Fringants " la trentaine, la bedaine, les morveux, l'hypothèque" … on vieillit et, par la force des choses, on devient plus rigide. Dans une pratique de recherche, au cours d’une carrière, il y a aussi une certaine rigidité qui s’installe. On se concentre sur les résultats et leur impact. Les étudiantes et étudiants, eux, portent l’élan de la fluidité. Les meilleurs entrepreneurs qui mettent leurs idées à contribution sont les Ph. D. Ils n’ont rien à perdre, rien à gagner, mais des choses à tester. C’est un moment de la carrière qui est propice à aller à la rencontre des interfaces. Les gens à la maîtrise, au doctorat, vous êtes dans la zone la plus vibrante pour essayer de tendre vers un dialogue intersectoriel, un espace de création qui vous suivra toute la vie.
Jérôme Dupras, scientifique en chef du Québec
Relever ensemble les grands défis
Jérôme Dupras et Tamara Krpic ont souligné que les grands enjeux de notre époque, qu’il s’agisse des changements climatiques, de la transition énergétique ou du développement durable, exigent des approches multidisciplinaires.
Photo : Jessica Garneau, collaboratrice
Les échanges ont également mis en évidence le rôle complémentaire de l’art et de la science. Alors que la science permet de produire des connaissances et de mieux comprendre les phénomènes complexes, l’art aide à susciter l’émotion, à rendre les enjeux plus accessibles et à mobiliser la population.
Les deux intervenants ont également encouragé l'assistante à créer davantage d’espaces favorisant la collaboration entre des personnes issues de différents domaines d’expertise.
Une réflexion porteuse pour l’avenir
La période de questions a permis au public de poursuivre la discussion et de partager ses réflexions sur le rôle de la science dans la société, la communication des savoirs et la créativité comme moteur d’innovation.
Photo : Jessica Garneau
Ce séminaire a rappelé que la science et l’art ne s’opposent pas : ils constituent deux façons complémentaires de comprendre le monde et d’imaginer l’avenir. En multipliant les rencontres entre les disciplines, il devient possible de développer des solutions plus créatives et mieux adaptées aux défis de notre époque.
Un mot sur les Séminaires Art-Génie
Rappelons que les Séminaires Art-Génie sont nés du désir de rapprocher les processus de création artistique et scientifique et de créer des ponts entre les disciplines. Inspiré notamment des travaux de l’artiste québécoise Andrée Beaulieu-Green, le projet est issu de l'initiative du professeur Jean-Sébastien Plante, directeur du Studio de Création, et de Marty Kanatakhatsus-Meunier, artiste et agent de communication. Il vise à encourager le développement de compétences essentielles, comme la créativité, l’esprit critique, la collaboration et la sensibilité sociale.
Depuis 2017, plusieurs artistes et créateurs ont participé à ces échanges, démontrant que les démarches artistiques et scientifiques partagent de nombreux points communs : curiosité, expérimentation, imagination et volonté de transformer le monde.