Portrait de Zineb El Yamani, étudiante à la maîtrise en neuroinformatique
Quand défoncer des portes… porte ses fruits!
Zineb El Yamani, étudiante à la maîtrise en informatique, mène de front mille et un projets. Passionnée, elle ne recule devant rien pour mener à bien les objectifs qu’elle se donne. Sa ténacité à surmonter les obstacles est exceptionnelle.
Retour en 2021. Zineb amorce sa première année universitaire en informatique dans une école militaire au Maroc, son pays natal. Elle apprend alors une nouvelle bouleversante : elle est atteinte de la sclérose en plaques, une maladie dégénérative. À travers ses études, elle doit affronter cette épreuve. Sa motivation est moins présente, et elle doit composer avec de nombreux suivis médicaux.
Au Maroc, la maladie et ses conséquences sont peu connues. Zineb se donne pour mission de transmettre de l’information à ce sujet par l’intermédiaire de vidéos. Elle y communique son point de vue, tout en conservant un angle scientifique. De là naît tranquillement un goût pour la vulgarisation.
À la même époque, elle découvre du contenu au sujet du professeur de la Faculté des sciences Maxime Descoteaux, spécialisé en imagerie du cerveau. Il s’intéresse notamment à la sclérose en plaques, sa mère en étant atteinte. Zineb sent alors un regain d’optimisme l’animer : pourquoi ne pas poursuivre ses études à l’Université de Sherbrooke, dans ce laboratoire en particulier?
Ce nouveau but rallume sa passion, et elle entreprend des démarches pour le réaliser. Elle rencontre directement le directeur de son école, lui explique ses motivations à venir à Sherbrooke et s’engage à devenir sa meilleure ambassadrice à l’étranger.
Repousser ses limites et réussir
Les démarches de Zineb sont couronnées de succès : elle est acceptée dans une maîtrise de type cours en informatique à la Faculté des sciences. Malgré les difficultés liées à sa maladie, elle se consacre le plus possible à ses études et à l'obtention de son diplôme.
C'est par la suite qu'elle entreprend une maîtrise de type recherche, sous la supervision de Pr François Rheault, au sein du laboratoire SCIL, celui-là même qu’elle rêvait d’intégrer. Elle y analyse des données issues d’images IRM pour identifier les biomarqueurs actifs dans la sclérose en plaques.
Bientôt, elle amorcera un doctorat à la Faculté de médecine et des sciences de la santé au sujet de l’effet de l’activité physique sur la prévention et le traitement des symptômes liés à la sclérose en plaques, avec une approche centrée sur les patientes et patients.
Un engagement à toute épreuve
En plus des études, Zineb travaille ardemment pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de la sclérose en plaques, et qu'elles soient vues comme des collaboratrices essentielles de la recherche. Pour atteindre ce but, elle est fortement engagée dans son milieu.
Zineb est le genre de personne qui crée ses propres opportunités. Son implication l'a amenée à développer un partenariat avec l’Association de la sclérose en plaques qui a débouché sur un financement MITACS majeur. Ce financement soutiendra non seulement son doctorat, mais aussi la formation d’une autre étudiante à la maîtrise et la réalisation d’un projet de recherche multidisciplinaire. Sa capacité à passer de l’idée à l’action, tout en mobilisant les bonnes personnes autour d’elle, est remarquable.
François Rheault, professeur adjoint au Département d'informatique
Poursuivant ses démarches de vulgarisation, elle donne de nombreuses conférences pour démystifier cette maladie complexe.
Très active, Zineb pense aussi à préserver sa santé physique. Elle a couru le demi-marathon l’an dernier, et poursuit l’entraînement dans le but d'accomplir un marathon complet.
Dans les dernières années, elle a reçu de nombreuses récompenses pour souligner son travail et son engagement. Elle a notamment été nommée étudiante de l'année par le Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. Elle a aussi reçu le prix honorifique Pierre-Arbour 2026, qui récompense annuellement une étudiante ou un étudiant exceptionnel. Lors de l’obtention de cette distinction, elle a eu l’occasion de prononcer un puissant discours devant des figures de proue en politique et en santé.
Je n’enfonce pas les portes, je les défonce ! Certains pourraient voir cela comme de l’entêtement, mais ce n’est pas le cas. C'est surtout une vision que j'essaie de porter. Mais avec le recul, je sais que ma volonté n'aurait pas été suffisante sans les mains tendues qui m'ont rattrapée et guidée. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à eux.
Zineb El Yamani
Comme quoi faire preuve d’une telle persévérance peut mener loin!