Retour sur la compétition iGEM à Paris
Un nouveau groupe technique qui propulse la biologie synthétique à l’UdeS
Photo : Fournie
Cette année marque une grande première à l’Université de Sherbrooke : la création du groupe technique iGEM-UdeS, dédié à la biologie synthétique. Fondé par Mégane Dupuis et Naïda Fleury, deux étudiantes passionnées de 4e année, le groupe a vu le jour grâce à leur volonté de promouvoir l’innovation en biotechnologie, un domaine qui n’avait jusqu’ici pas son propre groupe technique à l’UdeS.
Tout a commencé juste avant leur entrée en 3e année, alors qu’elles regardaient avec envie les équipes des autres groupes techniques participer à des compétitions internationales. Après quelques recherches, elles ont découvert l’existence de la compétition internationale iGEM (International Genetically Engineered Machine) qui rassemble chaque année plus de 400 équipes à Paris, et ont décidé de se lancer. Forte de son expérience avec la création de l’initiative RapidUS et sa connaissance du fonctionnement étudiant grâce à l’AGEG (l'Association générale étudiante en génie), Mégane a rapidement su structurer le projet : levée de fonds, partenariats, bourses… jusqu’à atteindre l’objectif de 25 000 $ pour participer à la compétition 2025.
Le recrutement a été impressionnant : plus de 50 personnes étaient intéressées au départ et le groupe compte aujourd’hui 25 membres, dont 15 très actifs. Huit d’entre eux ont représenté l’UdeS à Paris pour leur toute première participation cet automne.
Un projet ambitieux : une batterie microbienne pour réduire l’empreinte énergétique des serres
Photo : Fournie
L’équipe avait carte blanche pour choisir son défi. Leur choix : développer une batterie à combustion microbienne capable de générer de l’électricité à partir de micro-organismes naturellement présents dans les racines des plantes.
La crise énergétique que nous vivons touche tous les secteurs, particulièrement celui de l’agriculture. Dans un contexte de transition énergétique et de résilience alimentaire, les serres hydroponiques sont une des solutions mais restent très énergivores. L'utilisation d'une bactérie électro active présente dans les plantes et capable de transformer des déchets organiques en électricité, combiné à à un biofilm plus efficace, pourrait améliorer significativement le rendement énergétique. Cette solution offre un fort potentiel pour les années à venir en offrant une source d’énergie verte adaptée aux besoins d’un secteur agricole en pleine transformation.
Mégane Dupuis, finissante en génie biotechnologique, Faculté de génie
Leur première participation a été remarquée… et déjà primée!
iGEM-UdeS a fait forte impression en remportant :
une médaille de bronze (attribuée aux équipes qui remplissent un certain nombre de critères) ;
une nomination pour la meilleure présentation, se plaçant dans le top 10 de la catégorie ;
une reconnaissance du jury pour leur excellente communication scientifique, saluée pour sa clarté et son accessibilité
Sur trois jours, l’équipe a présenté son projet, une vidéo structurée et un ensemble d’activités dans plusieurs catégories : éducation (leur catégorie principale), entrepreneuriat et modélisation des données en programmant une courbe simulant la modification génétique envisagée. Ils sont également montés sur scène pour souligner l’importance des ateliers pédagogiques afin d’introduire les jeunes au domaine du génie et de la science en général.
Photo : Fournie
Sensible à l’éducation, l’équipe a animé tout au long de l’année des activités dans des écoles secondaires, des égeps, s’est rendue à Expo-sciences et même au Musée de la nature et des sciences à Sherbrooke. Organisation de jeux d'évasion, conférences, ateliers de vulgarisation… Son objectif : rendre la science accessible, tout en mettant de l’avant la place des femmes en génie, un engagement important pour le groupe composé majoritairement de femmes.
Et maintenant ?
iGEM-UdeS souhaite ouvrir ses portes à une nouvelle cohorte et assurer une transition solide en passant le flambeau à des postes de présidence. L’équipe vise déjà la compétition 2026… avec l’ambition d’aller encore plus loin, portée par cette première expérience, une solide base théorique et une communauté grandissante!