Conseillère d'orientation
Entrevue avec Marie Vachon
Que fait réellement une conseillère ou un conseiller d’orientation? Bien au-delà des tests psychométriques et du milieu scolaire, cette profession humaine et stimulante ouvre la porte à une multitude de possibilités professionnelles. Que ce soit en éducation, en employabilité, dans le milieu communautaire, en réadaptation ou en ressources humaines, les personnes diplômées en orientation accompagnent les individus à des moments clés de leur parcours personnel et professionnel.
C’est la voie qu’a choisie Marie Vachon, diplômée du baccalauréat (régime coopératif) et de la maîtrise en orientation, récipiendaire du prix Wilfrid-Éthier 2025 pour l’Université de Sherbrooke décerné par l’Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec. Aujourd’hui conseillère en formation et gestion des compétences au Bureau de la sécurité privée à Montréal, elle nous fait découvrir les multiples facettes de son quotidien professionnel.
Ce qui me passionne le plus dans mon travail, c'est de pouvoir soutenir et conseiller l’organisation et les gestionnaires, grâce à mon expertise de la relation individu-travail-formation, afin de contribuer au mieux-être personnel et professionnel des employés.
Marie Vachon, c.o.
Décris-nous ton rôle de conseillère d’orientation?
Présentement, j’exerce en orientation organisationnelle. Mon rôle consiste à contribuer à des projets liés à la planification de la main-d’œuvre et au développement des compétences. Je réalise notamment des analyses globales de la main-d’œuvre afin d’identifier les enjeux prioritaires et les risques, puis je participe à la définition et à la priorisation d’actions visant à soutenir la performance organisationnelle.
Je développe également des outils et des cadres de référence en gestion des talents et des compétences, en collaboration avec différentes parties prenantes de l’organisation. Comme il s’agit de projets à plus long terme, une journée type peut inclure de la recherche, des échanges avec les acteurs sur le terrain, la conception d’outils ou la préparation de rencontres de présentation. Les interventions plus directes auprès des équipes se déploient généralement dans les phases suivantes des projets.
Dans ce contexte, la compétence du profil de conseillère d’orientation que je mobilise le plus est l’exercice du rôle-conseil auprès des différents acteurs de l’organisation.
Qu’est-ce qui te motive à exercer cette profession?
J’aime participer au développement des talents, à la gestion du changement et à l’amélioration de la culture et du fonctionnement organisationnels. On me fait confiance dans ce rôle-conseil et on me donne la latitude d’analyser la situation de la main-d’œuvre et de proposer des actions qui pourront s’inscrire durablement dans les pratiques de l’organisation.
Plus largement, ce qui me motive à exercer la profession de conseillère d’orientation est d’accompagner les individus, les groupes et les organisations dans leur développement et leur alignement personnel et professionnel, dans un contexte où le monde du travail connaît d’importantes transformations.
En début de carrière, as-tu rencontré un défi marquant?
Un défi marquant en début de carrière a été ma première tâche, soit la réalisation d’un exercice de gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre, une démarche que je n’avais encore jamais réalisée. Cela représentait un défi important et m’a amenée à me questionner sur ma capacité à y parvenir, ayant l’impression de ne pas posséder toutes les connaissances en ressources humaines nécessaires.
Or, cette expérience m’a permis de prendre conscience que je disposais déjà de repères solides issus de ma formation en orientation, notamment la rigueur scientifique, des connaissances liées au développement et à la psychologie humaine ainsi qu’au bien-être au travail, la capacité de mobiliser différents acteurs et l’habileté à aller chercher l’information pertinente pour structurer une démarche d’analyse.
Cette expérience m’a ainsi permis de renforcer ma confiance professionnelle et de consolider mon identité comme conseillère d’orientation en contexte organisationnel.
En quoi la formation universitaire te prépare concrètement à la réalité du terrain?
Avec le recul, ce qui me marque le plus de la formation en orientation est qu’elle nous permet de développer des compétences transférables, peu importe le milieu de pratique. La relation individu-travail-formation est au cœur de tous les contextes professionnels, ce qui permet de mobiliser nos apprentissages en fonction des réalités du terrain.
Dans le cadre de mon mandat actuel, je mobilise notamment des théories et des recherches sur la dynamique individu-environnement-travail, la théorie des besoins psychologiques fondamentaux, les risques psychosociaux, l’approche par compétences ainsi que le rôle-conseil.
Je mets aussi à profit des compétences relationnelles individuelles et de groupe, des notions d’animation, la capacité de bien analyser les besoins, d’évaluer les impacts des actions mises en place et d’intervenir en tenant compte des contraintes du milieu, comme les réalités syndicales ou budgétaires.
La formation m’a également permis de développer des bases en gestion de projets et de programmes, qui guident aujourd’hui mes tâches et mon raisonnement professionnel.
Qu’est-ce qui te rend le plus fière?
Ce qui me rend le plus fière est le chemin parcouru depuis mon arrivée en orientation, alors que je sortais du cégep sans connaissances dans ce domaine. Au fil de ma formation, j’ai réalisé quatre stages dans des organisations publiques et parapubliques, accompagné plusieurs personnes à la clinique universitaire et lors de mon stage externe de maîtrise, et je me suis impliquée dans différents projets qui me tenaient à cœur, tant pour l’avancement de la profession que pour le soutien aux personnes étudiantes, notamment par la veille téléphonique, les Portes ouvertes, la correction de rapports psychométriques, le tutorat au centre d’entraide et la publication de mon essai sur Savoir UdeS.
Lorsque je regarde l’ensemble de mon parcours, je suis particulièrement fière de mon implication, de ma rigueur et du sérieux avec lequel j’ai abordé ma formation, ce qui a rendu mon expérience universitaire aussi enrichissante sur le plan humain que professionnel. Maintenant au début de ma carrière, je souhaite poursuivre dans cette même voie, en continuant de m’impliquer et de faire rayonner la profession de conseillère d’orientation.