Entente sur les tiers pays sûrs
Lancement d’un projet de recherche sur les passages irréguliers dans la MRC de Coaticook
Photo : Le Progrès de Coaticook - Vincent Cliche
Dans le contexte migratoire actuel, la MRC de Coaticook, la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (UdeS) et Mitacs s’associent pour soutenir une importante recherche de terrain sur les effets concrets de l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS) dans la région transfrontalière de la MRC de Coaticook.
Le projet analysera les limites juridiques ainsi que les impacts humains et sécuritaires de l’ETPS, qui oblige les personnes migrantes à demander l’asile dans le premier pays où elles arrivent et prévoit qu'elles soient renvoyées dans ce même pays si elles tentent de traverser la frontière.
Porté par Jean-Pierre Ayena, doctorant à l’UdeS, sous la supervision des professeures Hélène Mayrand (Université de Sherbrooke) et Delphine Nakache (Université d’Ottawa), le projet bénéficie d’un financement de 135 000 $ du programme Accélération de Mitacs, pour trois ans, grâce au soutien du Fonds Neil and Louise Tillotson de la New Hampshire Charitable Foundation et de la MRC de Coaticook.
Nous remercions Mitacs, le Fonds Neil et Louise Tillotson de la New Hampshire Charitable Foundation et la MRC de Coaticook. Leur appui rend possible une recherche qui provient d’un besoin de la communauté et où l’expertise du doctorant permettra de faire le pont entre les connaissances universitaires en droit et la réalité des personnes sur le terrain.
Pre Hélène Mayrand
Comme le souligne Jean-Pierre Ayena, 8 des 12 municipalités de la MRC de Coaticook sont confrontées à des passages irréguliers en raison de leur proximité avec la frontière. « Grâce au soutien reçu, je pourrai mener une recherche doctorale en profondeur pour mieux comprendre ces enjeux et proposer des pistes d’action adaptées ».
La MRC est fière de s’associer à ce projet de recherche qui permettra de mieux comprendre les enjeux liés aux passages irréguliers, lesquels touchent directement plusieurs de nos municipalités. Il est de notre responsabilité de nous appuyer sur des données rigoureuses afin d’orienter nos actions de manière structurée, efficace et respectueuse des personnes migrantes. Des séances d’information seront également offertes à la population afin de favoriser une meilleure compréhension de cette réalité sur notre territoire.
Simon Madore, préfet de la MRC de Coaticook
Concrètement, le projet aidera donc la population, les représentants des groupes communautaires et les élus à y voir plus clair et à mieux connaître le droit qui encadre les migrations. Il permettra d'en documenter les répercussions et d'examiner différentes questions humanitaires touchant notamment l’hébergement d’urgence, la santé, l’aide alimentaire et le soutien social, ainsi que certains enjeux de sécurité au quotidien, y compris la surveillance accrue.
Avant 2023, les entrées irrégulières se faisaient surtout par le chemin Roxham, aujourd’hui fermé. Depuis la modification de l’ETPS, les entrées irrégulières se font tout au long de la frontière américaine et sont devenues une réalité régionale qui provoque non seulement certaines craintes au sein de la population, mais aussi des pressions sur les ressources communautaires et les services publics de la MRC de Coaticook.
La mairesse d’East Hereford, Anick Nadia Gauthier, est bien consciente du phénomène et de ses répercussions. « On voit parfois la border patrol faire des recherches avec des lampes de poche, mais la population ne s’en inquiète pas. Les gens se rendent compte que ce ne sont pas des criminels. Ce sont simplement des gens qui veulent une meilleure vie. Il faut avoir une ouverture d’esprit et une acceptation. »