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Zoom sur l’infiniment petit

L’Institut quantique inaugure son mini musée et son exposition photo

Le mini musée de l'Institut quantique qui présente une exposition d’objets quantiques de toutes sortes, accompagnés d’une galerie photo réalisée en collaboration avec le Club Art Nano
Le mini musée de l'Institut quantique qui présente une exposition d’objets quantiques de toutes sortes, accompagnés d’une galerie photo réalisée en collaboration avec le Club Art Nano
Photo : Fournie

Pourquoi ne pas mettre en lumière les objets utilisés en recherche quantique accumulant la poussière dans les laboratoires? C’est la question que s’est posée Simon Fortier, technicien en physique à l’Institut quantique (IQ). Quelques mois plus tard, l’idée avait germé pour devenir un projet bien concret.

Le 6 novembre dernier, l’IQ a inauguré son propre mini musée! Celui-ci présente une exposition d’objets quantiques de toutes sortes, accompagnés d’une galerie photo réalisée en collaboration avec le Club Art Nano. Tout est mis en œuvre pour permettre aux visiteurs et visiteuses d’entrevoir les secrets que renferment ces témoins de l’infiniment petit.

Des pièces quantiques à la vue de tous

Les objets exposés n’ont pas été choisis au hasard : ils retracent les avancées du département de physique de l’Université de Sherbrooke au fil des années. Chaque échantillon illustre un phénomène quantique étudié avec attention par un ou une membre de l’IQ, ou une pièce d’équipement qui a contribué à l’avancement des connaissances. La contribution de la communauté de l’IQ fût donc essentielle à ce projet, de la sélection des objets, en passant par la réflexion derrière leur création, jusqu’à la rédaction des fiches descriptives.

On a sollicité beaucoup de gens, et à chaque fois on a été surpris par leur grand enthousiasme. Tout le monde se sent interpellé, c’est ce qui fait la beauté du projet. 

Alexandra Roy, coresponsable du projet et coordonnatrice de la plateforme FabLab.

Le mini musée soutient également l’Institut quantique dans sa mission de vulgarisation. En effet, l’équipe accueille des visiteurs et des visiteuses sur une base régulière, ce qui rend pertinent l’accès à des échantillons permettant de montrer concrètement la recherche réalisée entre les murs de l’IQ.

Plusieurs fois par semaine, on reçoit des groupes de différents horizons, alors on voulait avoir des objets sous la main pour appuyer le narratif de nos visites.

Mélissa Greene, coresponsable du projet et responsable du programme de vulgarisation scientifique.

Zoom sur l’infiniment petit

Bien que les objets du mini musée soient fascinants en eux-mêmes, il est souvent impossible d’en détecter les détails à l’œil nu, d’où l’idée de faire appel au Club Art Nano de l’Université de Sherbrooke.

Fondé en 2018, le Club Art Nano allie artistes et scientifiques pour réaliser des œuvres inspirées de la micro et de la nanofabrication, dans le but de sensibiliser le grand public aux nanotechnologies, et au potentiel qu’elles détiennent.

Guillaume Beaudin, coordonnateur à la recherche et membre fondateur du Club Art Nano, a chaleureusement accepté de collaborer avec l’IQ pour réaliser les photos. Selon lui, le projet s’inscrit parfaitement dans la mission du club, qui consiste à faire valoir la science à tous les niveaux.

Cependant, il n’est pas si simple de prendre des photos détaillées d’échantillons de taille réduite. Pour bien voir les subtilités de l’objet, il faut parfois agrandir une photo régulière près de 120 000 fois!

Une exposition photo permet de bien montrer les subtilités des items du mini musée.
Une exposition photo permet de bien montrer les subtilités des items du mini musée.
Photo : Fournie

C’est à ce moment qu’entre en jeu l’équipement de pointe de l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique de l’Université de Sherbrooke, soit le 3IT. Pour prendre ses clichés, M. Beaudin précise qu’il doit adapter ses outils de travail aux matériaux des échantillons :

La plupart des échantillons étaient faits de matière conductrice ou semi-conductrice, alors le plus simple était de prendre les images avec le microscope électronique à balayage. Pour certains matériaux exotiques, j’ai davantage utilisé le microscope optique pour capturer les images.

Grâce à son intuition, il a réussi à saisir et à mettre en lumière à la fois l’esthétisme et la valeur scientifique des objets issus des sciences quantiques. Les clichés finaux seront exposés à la manière d’une galerie d’art dans un couloir du rez-de-chaussée de l’Institut quantique.

Dans le cadre de l’Année internationale des sciences et technologies quantiques (IYQ2025), l’Union internationale de physique pure et appliquée (IUPAP) a récompensé la photographie de Alexandra Roy et de Guillaume Beaudin, intitulée « Quantum Bridge : Where Electrons Dance », qui a remporté le premier prix du concours IUPAP–IYQ2025 dans la catégorie « Au-delà de nos yeux ».
Dans le cadre de l’Année internationale des sciences et technologies quantiques (IYQ2025), l’Union internationale de physique pure et appliquée (IUPAP) a récompensé la photographie de Alexandra Roy et de Guillaume Beaudin, intitulée « Quantum Bridge : Where Electrons Dance », qui a remporté le premier prix du concours IUPAP–IYQ2025 dans la catégorie « Au-delà de nos yeux ».
Photo : Fournie

Sous le nom Quantum Bridge: Where Electrons Dance, l’une des photographies de l’exposition a d’ailleurs mérité la première place du concours de photographie IUPAP-IYQ2025, organisé par l’Union internationale de physique pure et appliquée à l’occasion de l’Année internationale de la science et de la technologie quantiques. Comme quoi même le petit peut viser grand!

En offrant une vitrine à ces objets, l’Institut quantique met en lumière les découvertes marquantes des dernières années, tout en ouvrant la voie à un projet évolutif. Le mini musée sera appelé à grandir et à se transformer au fil du temps, offrant à la communauté de l’Institut quantique un espace d’engagement aussi créatif que révélateur du fruit de leur travail.


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