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Meilleure thèse de doctorat - Sciences humaines et sociales

Redéfinir l’éducation par les arts et les savoirs autochtones

Nada Massé, Julie St-Laurent, India Neashish-Chilton, Kananish McKenzie, Hillary Nolin, Jacob Hervieux-Bacon, Patricia-Anne Blanchet et Jeanne Cyr-Forgues, après la représentation de la pièce de théâtre Ashtam Ntotacinan / Viens nous écouter, cocréée dans le cadre de la thèse de doctorat de Patricia-Anne Blanchet, le 8 mai 2023 au Cégep de Trois-Rivières.
Nada Massé, Julie St-Laurent, India Neashish-Chilton, Kananish McKenzie, Hillary Nolin, Jacob Hervieux-Bacon, Patricia-Anne Blanchet et Jeanne Cyr-Forgues, après la représentation de la pièce de théâtre Ashtam Ntotacinan / Viens nous écouter, cocréée dans le cadre de la thèse de doctorat de Patricia-Anne Blanchet, le 8 mai 2023 au Cégep de Trois-Rivières.
Photo : Fournie

Le mieux-être holistique des jeunes femmes autochtones en enseignement supérieur, c’est le cœur de la démarche de la doctorante en éducation Patricia-Anne Blanchet, nouvellement professeure à l’École supérieure de théâtre de l’Université de Québec à Montréal. Encore aujourd’hui, plusieurs d’entre elles évoluent dans des parcours marqués par des obstacles systémiques hérités de l’histoire coloniale, fragilisant leur parcours scolaire. Partant de ce constat, la chercheuse a exploré les approches créatives pour soutenir le développement de l'identité culturelle, favoriser la résurgence, la résistance, la résilience et la révérence, tout en offrant un espace de parole plus juste, créatif et inclusif à ces femmes.

Je souhaitais créer un espace sécuritaire où les participantes pouvaient se raconter, se reconnaitre et se reconstruire à travers leurs propres récits. Le théâtre devient alors un lieu de rencontre, de guérison et de transmission.

La professeure Patricia-Anne Blanchet

La chercheuse démontre que le théâtre constitue un puissant vecteur de réaffirmation identitaire, de résurgence culturelle et de résilience. Issues du projet, une pièce de théâtre et une vidéo documentaire servent à la fois comme données de recherche, outils pédagogiques et espaces de prise de parole, tout en contribuant à la reconnaissance des arts vivants comme lieux de savoirs et à la création de ressources pour les milieux scolaires et communautaires autochtones. Cette recherche-action-création pose des bases solides pour le renouvellement des pratiques éducatives et culturelles en contexte autochtone.

Intitulée Ashtam Ntotacinan / Viens nous écouter : modèle pédagogique de création basé sur la théâtralisation de récits de vie d’étudiantes autochtones comme vecteur de mieux‑être holistique, déposée en mai 2025 au doctorat en éducation de la Faculté d’éducation, la thèse de Patricia-Anne Blanchet a été réalisée sous la direction de la professeure Constance Lavoie, du Département de l'enseignement au préscolaire et au primaire de la Faculté d’éducation, et la codirection du professeur Ney Wendell Cunha Oliveira, de l’École supérieure de théâtre de l’Université du Québec à Montréal.

Une vision holistique de l’apprentissage

La thèse de Patricia-Anne Blanchet adopte une approche de recherche-action-création dans une posture épistémologique décoloniale. Menée auprès de huit étudiantes autochtones, l’étude s’est déployée à travers une série d’ateliers théâtraux débouchant sur deux œuvres inédites : une pièce de théâtre et un vidéo documentaire. À la croisée de l’éducation, des arts vivants et des épistémologies autochtones, cette recherche se distingue par son approche novatrice.

Je propose un ancrage dans la vision holistique de l'apprentissage et je reconnais pleinement la valeur de l’expérience incarnée, de l’oralité et de la création artistique comme formes légitimes de production de savoirs situés.

La professeure Patricia-Anne Blanchet

Les participantes-comédiennes Hilary Nolin, Kananish McKenzie et India Neashish-Chilton lors de la représentation du 8 novembre 2022 au Théâtre de la Cité universitaire.
Les participantes-comédiennes Hilary Nolin, Kananish McKenzie et India Neashish-Chilton lors de la représentation du 8 novembre 2022 au Théâtre de la Cité universitaire.
Photo : Fournie

Ses travaux de recherche rappellent que les savoirs se construisent aussi dans les relations, les expériences et les pratiques culturelles, ouvrant ainsi la voie à une conception plus inclusive de la rigueur scientifique.

Une méthodologie rigoureuse

La chercheuse mobilise avec rigueur des fondements issus des études autochtones, de la recherche qualitative participative, de l’écoféminisme, du théâtre social et de la pédagogie artistique afin de bâtir un cadre méthodologique solide et cohérent. Elle démontre une capacité rare à construire une assise conceptuelle diversifiée, fidèle aux traditions intellectuelles concernées, tout en la rendant opératoire dans un dispositif méthodologique solide.

Une démarche méthodologique originale et rigoureuse, une posture éthique irréprochable, une contribution théorique et épistémologique substantielles, une grande richesse interprétative, un impact social manifeste... Son travail est innovant, profondément ancré dans les valeurs de la recherche qualitative et porteur d’une vision transformatrice qui fait avancer le champ.

La professeure Constance Lavoie

La thèse apporte une contribution importante à la recherche qualitative en faisant progresser les approches fondées sur les arts vivants et les épistémologies autochtones, deux axes émergents et essentiels dans le domaine.

Des retombées concrètes pour la recherche

Guidée par des approches pédagogiques, narratives et artistiques autochtones, la recherche-action-création a mené à l’élaboration d’un modèle pédagogique inédit de théâtralisation de récits de vie. Le dispositif innovant intègre cercles de parole, journaux de bord, captations audio et vidéo, cahiers de création et artéfacts performatifs.

Sa méthode est caractérisée par un haut niveau de rigueur, une validité écologique forte, ainsi qu’une attention constante à la triangulation des sources, au croisement des perspectives et à la richesse des interprétations.

La professeure Constance Lavoie

Le modèle s’appuie sur 13 clés stratégiques désormais reprises dans différents projets de recherche. L’analyse des données repose sur une approche thématique, articulée à une matrice circulaire inspirée de la roue de médecine, composée de 16 indicateurs liés aux dimensions intellectuelle, physique, émotionnelle et spirituelle.

Photo : Fournie

Un parcours d’excellence

L’Université de Sherbrooke a souligné l’excellence et l’audace de la recherche doctorale de Patricia-Anne Blanchet en lui décernant le Prix de la meilleure thèse de doctorat dans la catégorie Sciences humaines et sociales, remis lors de l’événement Pleins feux sur l’excellence étudiante le 30 mars 2026.

Le recteur de l’Université de Sherbrooke, le professeur Jean Pierre Perreault; la lauréate Patricia Anne Blanchet et la vice rectrice aux études et à la vie étudiante, la professeure Isabelle Dionne.
Le recteur de l’Université de Sherbrooke, le professeur Jean Pierre Perreault; la lauréate Patricia Anne Blanchet et la vice rectrice aux études et à la vie étudiante, la professeure Isabelle Dionne.
Photo : Michel Caron UdeS

Déjà saluée par la communauté scientifique et le monde de l’éducation autochtone, la thèse a donné lieu à de nombreuses publications, à des communications nationales et internationales, ainsi qu’à l’obtention de 13 prix et bourses prestigieux. La professeure poursuit ses travaux en éducation aux arts vivants et en pédagogie autochtone dans une perspective de décolonisation des pratiques éducatives, artistiques et scientifiques.

Par son originalité et sa portée, Ashtam Ntotacinan / Viens nous écouter s’impose comme une œuvre marquante pour l’éducation contemporaine. La Faculté d’éducation remercie chaleureusement Patricia-Anne Blanchet pour son engagement envers les perspectives autochtones en éducation et sa contribution au développement de nombreuses initiatives inspirantes au sein de la Faculté d’éducation et de l’Université de Sherbrooke au courant des dernières années.

Le Mois national de l’histoire autochtone est une occasion de reconnaître la richesse des savoirs, des cultures et des perspectives autochtones. Tout au long du mois de juin, plusieurs activités de sensibilisation, de dialogue et de célébration sont proposées à travers le Québec et le Canada.

Emprunter la route des Pow-wow, qui rassemble des événements ouverts au public mettant en valeur les traditions, les arts, les danses et les cultures autochtones

Découvrir la foisonnante littérature des Premiers Peuples.


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