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Cinq minutes pour changer le monde

L’innovation en santé prend la parole

Photo : Mathieu Lanthier - UdeS

Lors d’un concours de présentations d’idées se tenant au Campus de la santé, la communauté étudiante en a mis plein la vue. Leurs idées portaient sur l’intestin, le cerveau, les urgences débordées ou les minorités ethniques invisibilisées dans la recherche clinique. Elles et ils avaient cinq minutes pour convaincre. Cinq minutes pour transformer un problème de santé en solution d’avenir.

Le mardi 28 avril dernier s’est déroulée la Soirée sur l’innovation en santé de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke. L’événement marquait bien plus qu’une soirée de compétition : il incarnait la volonté déclarée d’une institution de faire de l’innovation une culture à part entière, portée par sa relève.

Une soirée, plusieurs ambitions

D’entrée de jeu, la directrice Marie-Claude Battista présentait les grandes lignes d’un rapport sur l’innovation réalisé par son Bureau de la valorisation et des partenariats, désormais renommé « Bureau de l’innovation, de la valorisation et des partenariats (BIVP) » avec un imposant groupe de travail composé de personnes expertes provenant tant de l’interne que de l’externe.

Pr Louis Valiquette
Pr Louis Valiquette
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS

Le bilan des cinq dernières années révèle une progression remarquable illustrant un écosystème technologique, numérique, médical, pédagogique, social et d’organisation du système de santé en pleine expansion — et une volonté claire d’aller encore plus loin.

Elle a aussi dévoilé un rapport stratégique issu d'une importante consultation. Le document prône une gestion mesurée, mais non conservatrice, des risques, la valorisation des talents, un mandat clarifié du Bureau et des investissements ciblés pour transformer les idées en impacts concrets à l'échelle universitaire.

Le professeur Louis Valiquette, doyen de la FMSS, a quant à lui mis en lumière le rôle central de l’accompagnement dans le parcours des personnes innovatrices en santé. Puis, l’animatrice de la soirée, Sabrina El Mansali — elle-même lauréate de la deuxième place lors de la précédente édition du concours — prenait le micro pour lancer officiellement les activités.

L’Université comme moteur de changement et d’innovation en santé

De gauche à droite : Louis Valiquette, doyen, Faculté de médecine et des sciences de la santé | Carla-Marie Jurkovic, étudiante au PhD et cofondatrice SKIN-IA | Véronique Dugas, présidente et directrice générale, Consortium québécois sur la découverte du médicament | Jessica Blavignac, directrice, Affaires médicales et scientifiques, bioMérieux | Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation, aux partenariats et responsable du développement durable ainsi que de la Fondation de l’Université de Sherbrooke.

De gauche à droite : Louis Valiquette, doyen, Faculté de médecine et des sciences de la santé | Carla-Marie Jurkovic, étudiante au PhD et cofondatrice SKIN-IA | Véronique Dugas, présidente et directrice générale, Consortium québécois sur la découverte du médicament | Jessica Blavignac, directrice, Affaires médicales et scientifiques, bioMérieux | Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation, aux partenariats et responsable du développement durable ainsi que de la Fondation de l’Université de Sherbrooke.


Photo : Mathieu Lanthier - UdeS

Deux tables rondes ont offert un espace privilégié de dialogue et de réflexion sur le rôle stratégique de l’université et les dynamiques actuelles de l’innovation en santé. Grâce à l’expertise et à la diversité des parcours réunis, les échanges ont permis de croiser les perspectives du milieu universitaire, clinique, entrepreneurial et étudiant.

Nous tenons à remercier chaleureusement les personnes suivantes pour leur contribution généreuse et éclairante.

De gauche à droite : Dominique Tremblay, professeure, École des sciences infirmières, FMSS, directrice scientifique, Centre de recherche Charles-Le Moyne | André Carpentier, professeur, Département de médecine, FMSS, directeur scientifique, Centre de recherche du CHUS, CIUSSS de l’Estrie-CHUS | Cynthia Gagnon, professeure, École de réadaptation, FMSS, directrice scientifique de la recherche, CIUSSS Saguenay-Lac St-Jean.

De gauche à droite : Dominique Tremblay, professeure, École des sciences infirmières, FMSS, directrice scientifique, Centre de recherche Charles-Le Moyne | André Carpentier, professeur, Département de médecine, FMSS, directeur scientifique, Centre de recherche du CHUS, CIUSSS de l’Estrie-CHUS | Cynthia Gagnon, professeure, École de réadaptation, FMSS, directrice scientifique de la recherche, CIUSSS Saguenay-Lac St-Jean.


Photo : Mathieu Lanthier - UdeS

Sept idées sur scène, un même élan

C’est dans cette atmosphère électrisée qu’ils étaient sept à présenter leurs projets devant un jury composé de Jessica Blavignac, directrice des affaires médicales et scientifiques chez bioMérieux Canada, du professeur Philippe Sarret, titulaire de la chaire de recherche du Canada en neurophysiopharmacologie de la douleur chronique, de Simon Gaudreau, directeur du Groupe de partenariats d’affaires de l’UdeS, et de Carla-Marie Jurkovic, étudiante au doctorat et cofondatrice de la startup Skin-IA. 

Les projets présentés témoignaient d’une diversité impressionnante, tant dans les disciplines convoquées que dans les problématiques abordée

Marc‑Antoine Tourville, étudiant à la maîtrise en sciences de la santé, a proposé la création de la première pharmacie à but non lucratif au Québec. Son projet, PharmaUL, ancré dans le milieu universitaire, cherche à conjuguer accessibilité aux soins de première ligne et justice sociale en réinvestissant les surplus au sein des communautés desservies. 
MarcAntoine Tourville, étudiant à la maîtrise en sciences de la santé, a proposé la création de la première pharmacie à but non lucratif au Québec. Son projet, PharmaUL, ancré dans le milieu universitaire, cherche à conjuguer accessibilité aux soins de première ligne et justice sociale en réinvestissant les surplus au sein des communautés desservies. 
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS


Elmira Shajari, doctorante en biologie cellulaire, a présenté GutSight, une plateforme diagnostique non invasive combinant protéomique fécale et intelligence artificielle pour assurer un meilleur suivi des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, en alternative aux coloscopies coûteuses et parfois non concluan
Elmira Shajari, doctorante en biologie cellulaire, a présenté GutSight, une plateforme diagnostique non invasive combinant protéomique fécale et intelligence artificielle pour assurer un meilleur suivi des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, en alternative aux coloscopies coûteuses et parfois non concluan
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS


Nasrin Rafiei, doctorante en imagerie biomédicale, a exposé CranioMaps, un projet de cartographie tridimensionnelle des nerfs crâniens à partir de données d’IRM, destiné à soutenir le diagnostic et le traitement de la névralgie du trijumeau. 
Nasrin Rafiei, doctorante en imagerie biomédicale, a exposé CranioMaps, un projet de cartographie tridimensionnelle des nerfs crâniens à partir de données d’IRM, destiné à soutenir le diagnostic et le traitement de la névralgie du trijumeau. 
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS


Vincent Bat, doctorant en génie chimique, a présenté une matrice synthétique modulable pour la culture d’organoïdes, visant à remplacer le Matrigel d’origine murine par un environnement contrôlé, plus fiable pour la recherche en médecine personnalisée, notamment en oncologie. 
Vincent Bat, doctorant en génie chimique, a présenté une matrice synthétique modulable pour la culture d’organoïdes, visant à remplacer le Matrigel d’origine murine par un environnement contrôlé, plus fiable pour la recherche en médecine personnalisée, notamment en oncologie. 
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS


Élie Fiogbé, stagiaire postdoctoral à l’École de réadaptation, a dévoilé ErgoVision, une solution numérique de prévention des troubles musculosquelettiques en milieu de travail. Grâce à l’analyse posturale en temps réel, l’outil propose des ajustements immédiats, des pauses actives et des suivis réguliers. 
Élie Fiogbé, stagiaire postdoctoral à l’École de réadaptation, a dévoilé ErgoVision, une solution numérique de prévention des troubles musculosquelettiques en milieu de travail. Grâce à l’analyse posturale en temps réel, l’outil propose des ajustements immédiats, des pauses actives et des suivis réguliers. 
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS


Nassima Bouzidi, doctorante en biologie cellulaire, a présenté OncoGlobe, une plateforme visant à transformer le recrutement aux essais cliniques en oncologie afin de favoriser une meilleure représentation des minorités ethniques, aujourd’hui largement sous‑représentées. 
Nassima Bouzidi, doctorante en biologie cellulaire, a présenté OncoGlobe, une plateforme visant à transformer le recrutement aux essais cliniques en oncologie afin de favoriser une meilleure représentation des minorités ethniques, aujourd’hui largement sousreprésentées. 
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS


Enfin, Salma Benelfellah, étudiante au doctorat en médecine, a proposé un modèle de réorganisation des urgences hospitalières fondé sur le regroupement des patients selon leur profil opérationnel, inspiré d’une approche implantée à Toronto et qu’elle souhaite piloter à l’Hôpital Charles‑Lemoyne. 
Enfin, Salma Benelfellah, étudiante au doctorat en médecine, a proposé un modèle de réorganisation des urgences hospitalières fondé sur le regroupement des patients selon leur profil opérationnel, inspiré d’une approche implantée à Toronto et qu’elle souhaite piloter à l’Hôpital CharlesLemoyne. 
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS

De l’entrepreneuriat à l’humain

À la fin des présentations, le jury s’est retiré pour délibérer tandis qu’Étienne Laurent, cofondateur et PDG de MISO Chip — passé de la maîtrise à plus de 5 millions $ de financement en oncologie — livrait un témoignage inspirant sur son parcours entrepreneurial. Animé par Marie‑Claude Battista, l’échange a rappelé que l’innovation ne se décrète pas : elle se cultive, se soutient et se finance.

Marie-Claude Battista et Étienne Laurent
Marie-Claude Battista et Étienne Laurent
Photo : Mathieu Lanthier - UdeS

L’engagement étudiant : le grand gagnant

L’événement s’est conclu avec la remise des prix par le BIVP et les partenaires du concours, le Centre d’expertise en santé de Sherbrooke (CESS) et l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques (ACET). Des distinctions de qualité de la langue française ont aussi été remises par le gouvernement du Québec et un prix coup de cœur du public déterminé par vote en direct.

Les jurés ont eu fort à faire ! Voici les résultats de la compétition :

  • 1er prix 1 600 $ : Élie Fiogbé

  • 2e prix : 1 000 $ :  Elmira Shajari

  • 3e prix : 800 $ : Nasrin Rafiei

  • Prix du public 300 $ : Élie Fiogbé

Bourses de la langue française :

  • 1er prix 1000 $ : Marc-Antoine Tourville

  • 2e prix 500 $ : Vincent Bat

  • 3e prix 250 $ : Élie Fiogbé

  • Prix vote du public 250 $ : Salma Bennelfellah 

La soirée s’inscrivait aussi dans un contexte institutionnel fort. Le vice-recteur adjoint à l’innovation, aux partenariats et à l’entrepreneuriat, Jonathan Genest, a insisté sur l’importance de susciter des vocations entrepreneuriales chez les étudiantes et étudiantes sur la nécessité d’innover en santé de manière porteuse et responsable.

Dans son mot de clôture, Marie-Claude Battista a remercié chacune des personnes participantes pour leur audace. Car c’est bien de cela qu’il s’agissait, au fond : oser mettre en mots une idée encore fragile, devant un public, sous les projecteurs. Et si l’avenir de la santé s’invente sur les campus comme celui du Campus de la santé de Sherbrooke, alors cette soirée a montré qu’il est entre de bonnes mains.


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