Présentation des articles

Je constate que, pour le mot apostrophe, il y a deux articles dans votre dictionnaire. Pourquoi est-ce que tous les emplois de ce mot ne sont pas regroupés dans un seul et même article?

En fait, si l’on tient compte de l’origine de ces emplois – et c’est ce que font traditionnellement les dictionnaires du français –, on en vient à la conclusion que le français compte deux mots apostrophe, d’origines différentes même s’ils s’écrivent et se prononcent de la même façon et qu’ils sont de même genre. Techniquement, c’est ce qu’on appelle des homonymes. Comme cela est indiqué dans la rubrique de l’étymologie, située en fin d‘article, le mot désignant un caractère typographique vient du mot latin apostrophus, alors que celui désignant une figure de rhétorique ou une forme d’interpellation vient du mot latin apostropha. Selon le même principe de dégroupement des homonymes, nous avons décrit dans deux articles distincts le mot élan qui dérive directement du verbe élancer et le mot élan qui désigne un type de cervidé et qui correspond quant à lui à un très ancien emprunt d’origine germanique.

Pourquoi les emplois québécois et français du mot beigne ne sont-ils pas regroupés dans le même article? Est-ce parce qu’ils n’ont pas le même genre?

Non, le fait qu’un mot ne présente pas le même genre au Québec et en France n’entraîne pas la création de deux articles distincts. On le voit notamment avec l’article unique du mot parka. Dans le cas des emplois québécois et français du terme beigne, on considère qu’ils correspondent à deux mots différents parce qu’il n’y a pas de lien historique direct entre eux, d’où leur description dans deux articles distincts.

Pourquoi est-ce que, si je cherche les mots vendu et acheté, je n’obtiens pas le même type de résultat? Dans le premier cas, on m’affiche directement l’article vendu/vendue alors que dans le deuxième cas, je suis dirigé vers l’article du verbe acheter.

De façon générale, selon une habitude bien établie dans les dictionnaires du français, les verbes ne donnent lieu qu’à un seul article, identifié par la forme neutralisée de l’infinitif (présent). Les formes verbales du participe présent et du participe passé sont représentées par cet infinitif, au même titre que toutes les autres formes conjuguées du verbe.
L’article vendu/vendue auquel vous accédez directement ne porte pas sur l’emploi de cette forme comme participe passé (servant d’abord à exprimer ou à rappeler une action), mais plutôt sur son emploi comme adjectif (c’est-à-dire comme un mot servant d’abord à exprimer une qualité en soi).
Bon nombre de formes verbales du participe passé développent des emplois adjectivaux. C’est d’ailleurs aussi le cas de la forme acheté dans l’exemple suivant : « ça, c’est un gâteau acheté » qui correspond à « ça, ce n’est pas un gâteau maison ». Si l’emploi adjectival de vendu fait l’objet d’un article séparé, mais pas celui de acheté, c’est que le premier affiche une plus grande autonomie par rapport au verbe d’origine, ce dont témoignent entre autres sa plus haute fréquence relative ainsi que le développement substantival (nom de qualité) auquel il a donné naissance (comme dans l’exemple cité : « Tous des menteurs et des vendus, ces gens en place! »).

Je remarque que, contrairement aux autres dictionnaires que je consulte, vous n’accordez pas d’articles distincts aux formes féminines des noms de titres ou de fonctions faisant référence à des femmes, comme princesse ou mairesse. Pourquoi?

Cela s’explique par notre politique générale d’uniformisation du traitement de toutes les catégories de mots connaissant une légère variation formelle (généralement en fin de mot) qui est directement associée à une opposition de genre.
Tous les dictionnaires usuels regroupent l’ensemble des variantes adjectivales de ce type (enchanteur/enchanteresse), mais leur pratique varie en ce qui concerne les diverses catégories de noms touchés.
Dans Usito, nous avons choisi d’appliquer la même politique du regroupement des variantes formelles de genre, pour tous les mots, noms comme adjectifs.
C’est le cas de prince/princesse, de maire/mairesse comme tous les autres noms de titres ou de fonctions (à l’exception toutefois de roi/reine qui ont chacun droit à un article distinct, en raison de leur grande polysémie respective).
C’est aussi le cas des noms de métiers et de profession (avocat/avocate, boulanger/boulangère) et, parmi les dénominations d’animaux, des variantes de type lion/lionne et chat/chatte, qui sont formellement très proches (alors que les oppositions de type cheval/jument et bouc/chèvre donnent lieu à deux articles distincts).