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Prix du meilleur article cancer 2025 de l’IRCUS

Quand l’immortalité du cancer devient une faiblesse à exploiter

Gagnant du Prix du meilleur article cancer 2025 de l’IRCUS : Jean-Christophe Dubois, postdoctorant à l’IRCUS au sein du laboratoire d’Alexandre Maréchal, professeur-chercheur à l’IRCUS au Département de biologie de la Faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke.
Gagnant du Prix du meilleur article cancer 2025 de l’IRCUS : Jean-Christophe Dubois, postdoctorant à l’IRCUS au sein du laboratoire d’Alexandre Maréchal, professeur-chercheur à l’IRCUS au Département de biologie de la Faculté des sciences de l’Université de Sherbrooke.
Photo : fournie

L’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS) est heureux d’annoncer que le postdoctorant Jean‑Christophe Dubois a remporté le Prix du meilleur article cancer 2025. Ses travaux démontrent que la protéine SUB1 constitue une vulnérabilité spécifique des cellules cancéreuses qui utilisent un mécanisme alternatif d’allongement des télomères, appelé la voie ALT. Cette avancée ouvre la voie au développement de traitements ciblés pour 10 à 15 % de l’ensemble des cancers, y compris plusieurs formes pédiatriques particulièrement difficiles à traiter.

L'article publié dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) montre que SUB1 joue un rôle clé dans la gestion du stress de réplication au niveau des télomères, les extrémités des chromosomes. Cibler cette protéine permettrait de fragiliser les cellules cancéreuses dépendantes de la voie ALT.

Un impact potentiel important en oncologie

Bien que la voie ALT soit impliquée dans 10 % à 15 % des cancers, cette proportion peut atteindre jusqu’à 60 % dans certains sous-types, fréquemment pédiatriques, comme les sarcomes, les ostéosarcomes et certains cancers du système nerveux central, dont les gliomes et les glioblastomes. Souvent associés à un pronostic défavorable et à un nombre limité d’options thérapeutiques, ces cancers agressifs pourraient bénéficier de nouvelles approches issues de ces travaux.

Jean-Christophe est un jeune scientifique incroyable, il a vraiment travaillé d'arrache-pied sur ce projet et a dû apprendre à faire toutes sortes de nouvelles expériences que nous n'avions jamais tentées au laboratoire pour bien démontrer l'importance de cette protéine pour les cancers ALT

Alexandre Maréchal, professeur-chercheur à l'IRCUS

Un mécanisme d’immortalité… mais fragile

Les télomères raccourcissent normalement à chaque division cellulaire, menant à la mort de la cellule. Pour devenir immortelles, certaines cellules cancéreuses activent la voie ALT. Ce mécanisme entraîne toutefois des problèmes de réplication de l’ADN qui, s’ils ne sont pas contrôlés, peuvent provoquer des dommages néfastes pour la survie des cellules. Celles qui en dépendent nécessitent donc des protéines comme SUB1 pour survivre. SUB1 contribue notamment à limiter les dommages à l’ADN causés par ce stress de réplication, un rôle essentiel à la survie des cellules cancéreuses ALT.

Une faille révélée grâce aux ciseaux génétiques

À l’aide d'une base de données publique volumineuse exploitant la technologie des ciseaux génétiques CRISPR (Cancer Dependency Map), l’équipe du laboratoire d'Alexandre Maréchal, professeur-chercheur à l'IRCUS, a identifié plusieurs gènes essentiels à la survie des cellules cancéreuses ALT. La protéine SUB1, impliquée dans la stabilité des télomères, s’est démarquée comme une cible très prometteuse à exploiter.

SUB1 : une cible thérapeutique prometteuse

Les résultats publiés montrent que la protéine SUB1 joue un rôle essentiel dans la gestion du stress de réplication et protège la cellule contre les dommages à l’ADN. En son absence, les cellules cancéreuses utilisant la voie ALT accumulent des dommages à l’ADN et voient leur survie compromise. Cette dépendance fait de SUB1 une vulnérabilité spécifique de ces cellules et une cible thérapeutique potentielle. Cibler cette protéine pourrait permettre de fragiliser préférentiellement les cellules cancéreuses ALT, tout en limitant les effets sur les cellules saines.

Vers des stratégies thérapeutiques combinées

L’étude démontre également que le ciblage de SUB1 pourrait être encore plus efficace lorsqu’il est combiné à des approches thérapeutiques visant à accroître le stress de réplication. Celles-ci incluent notamment des inhibiteurs de protéines clés, comme ATR ou PARP1/2, déjà étudiés dans les cancers utilisant la voie ALT. Une telle stratégie combinée pourrait provoquer une véritable « catastrophe de réplication », entraînant la mort rapide des cellules cancéreuses.

Une relève scientifique qui se démarque

Le Prix du meilleur article cancer 2025 de l’IRCUS met en lumière l’excellence scientifique, la rigueur et l’engagement d’une relève déterminée à faire avancer la recherche sur le cancer. Dans cet esprit, la direction de l’IRCUS et le Comité d’animation scientifique et sociale de l’IRCUS (CASSI) tiennent également à souligner les contributions remarquables de sa relève qui se s'est classée en 2e et 3e positions.

2e position — Lauren Daniel (postdoctorante à l’IRCUS, au sein du laboratoire de la Pre Lee‑Hwa Tai à la Faculté de médecine et des sciences de la santé)

L’article publié en 2025 dans Molecular Therapy Oncology explore une approche de virothérapie oncolytique pour le cancer de la vessie. Cette stratégie repose sur un virus modifié capable de cibler les cellules tumorales et de stimuler une réponse immunitaire. Les résultats obtenus dans plusieurs modèles expérimentaux (cellules humaines, organoïdes dérivés de patients et modèles précliniques) suggèrent une efficacité supérieure au traitement standard BCG, avec une réduction de la croissance tumorale et une amélioration de la survie, y compris en cas de résistance. Ces travaux ouvrent la voie à de nouvelles options thérapeutiques visant à mieux contrôler la maladie et à préserver la qualité de vie des patients.

3e position — Laurence Déry (doctorante à l’IRCUS, au sein des laboratoires du Dr David Fortin et de la Pre Brigitte Guérin à la Faculté de médecine et des sciences de la santé)

L’article publié en 2025 dans Journal of Neuroscience Methods décrit le développement d’un modèle préclinique de résection tumorale partielle pour le glioblastome. Cette approche vise à mieux reproduire la réalité clinique, où la résection complète de la tumeur est rarement possible. Les résultats montrent que cette méthode, simple et reproductible, améliore la pertinence des études précliniques en permettant d’évaluer les traitements dans un contexte plus fidèle à celui observé chez les patients. Ces travaux contribuent ainsi à mieux orienter l'élaboration de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les tumeurs cérébrales, en rendant les modèles expérimentaux plus fidèles à la réalité clinique.

L’IRCUS est fier de former une relève scientifique audacieuse, capable de combiner créativité et rigueur scientifique pour élaborer des solutions innovantes répondant aux défis complexes du cancer.


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