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Évènement

Colloque recherche cannabis 2.0 : l’interdisciplinarité se « joint » au débat

Le 28 octobre dernier, plusieurs spécialistes de différents horizons se sont réunis à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke pour discuter du cannabis, un sujet de recherche émergent depuis sa légalisation officielle en octobre 2018. Il s’agissait de la deuxième édition du colloque de recherche sur le sujet, une initiative de l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke (IPS) et du Bureau de la valorisation et des partenariats de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke.

 Pour la vice-doyenne de la Faculté de droit, l’existence même d’un colloque interdisciplinaire sur le cannabis aurait été farfelue à son arrivée comme professeure à l’Université de Sherbrooke : « je n’aurais pas su départager l’aspect le plus inusité entre l’interdisciplinarité et le sujet du cannabis », a lancé à la blague Geneviève Cartier lors de son discours d’ouverture.

Et c’est justement à cette interdisciplinarité que les participants ont eu droit jeudi dernier, lors du colloque. Tristan Péloquin et Philippe Mercure, deux journalistes de La Presse, ont donné le coup d’envoi à la journée en entretenant le public sur le paysage médiatique, trois ans après la légalisation du cannabis. Trêve de journalisme, les participants au colloque ont ensuite été transportés dans le monde complexe de l’encadrement juridique du cannabis, une conférence animée par le Pr Finn Makela de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, ainsi que par Me Jean-Raphaël Champagne et Serge Lapointe du cabinet Fasken.

Au cours de la journée, ce sont pas moins de onze présentateurs et présentatrices qui ont défilé sur la scène, tous concernés de près par le sujet du cannabis : problèmes de standardisation de la production, enjeux en lien avec le Code mondial antidopage, effets de la substance sur le fœtus, capacité de conduire affaiblie (CCA), enjeux de caractérisation des cannabinoïdes, types de licences de recherche, cibles thérapeutiques innovantes, enjeux légaux des groupes marginalisés, facteurs génétiques de réponse au cannabis, accidents de la route et quantification des phytocannabinoïdes.

Photo : Photo fournie

Deux tables rondes ont également ponctué l’après-midi du colloque, pour discuter d’une part du positionnement de la recherche académique sur le cannabis, puis d’une autre part des enjeux partenariaux dans l’industrie. Des acteurs de l’externe tels que Neptune Solutions bien-être, Canopy Growth Corporation, le ministère de l’Économie et de l’innovation et l’Association québécoise de l’industrie du cannabis étaient au rendez-vous pour discuter des enjeux des entreprises privées se spécialisant dans la production de cannabis

Espoir encore incertain pour régler la crise des opioïdes, cible thérapeutique intéressante, substance à encadrer… peu importe le domaine d’attache, le cannabis constitue une thématique encore nouvelle sur laquelle il vaut la peine de se pencher. Si le sujet fait encore des vagues même trois années après sa légalisation, la voie vers une meilleure compréhension des enjeux et des possibilités du cannabis demeure la discussion.

Droit, sciences pures, pharmacologie, pharmacogénétique, journalisme, médecine, toxicomanie… pour le vice-recteur aux études et à la recherche de l’Université de Sherbrooke, le sujet du cannabis est sans contredit interdisciplinaire : « Je pourrais facilement imaginer un sujet de recherche lié au cannabis pour chacun des départements de notre université. C’est un sujet interdisciplinaire qui s’inscrit à merveille dans l’effort que nous souhaitons poursuivre en matière d’interdisciplinarité à l’UDS », a souligné Jean-Pierre Perreault lors de son discours de clôture.

Considérant le succès de cette édition, la richesse des échanges et si l’on suit le célèbre adage québécois « jamais deux sans trois », tout porte à croire qu’une troisième édition du colloque se devra d’être organisée.