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Nouvelle chaire de recherche du Canada liée à l’industrie de la biotechnologie

Des recherches pour accélérer le développement de produits biologiques et biochimiques

Le professeur Denis Groleau

Le professeur Denis Groleau


Photo : Miche Caron

Médicaments, biocarburants, textile, produits chimiques, alimentation : les applications de la biotechnologie sont multiples. Afin d’accélérer le développement des procédés de fabrication de produits biologiques ou biochimiques, l’Université de Sherbrooke et le Programme des chaires de recherche du Canada lancent une nouvelle chaire de 1,4 M$ sur sept ans.

La nouvelle Chaire de recherche du Canada sur les microorganismes et procédés industriels en biotechnologie a pour but d’accroître l’efficacité des procédés de fabrication basés sur la fermentation microbienne. Son titulaire, le professeur Denis Groleau, du Département de génie chimique et de génie biotechnologique, explique : «La fermentation consiste à utiliser des microorganismes comme outils de production et à bien contrôler les conditions de réaction afin d’obtenir un procédé industriel rentable et compétitif. Il faut toujours chercher à produire à moindre coût une molécule donnée, en quantité suffisante et de façon reproductible, afin de répondre aux besoins du marché. On peut ainsi remplacer, par exemple, les plastiques dérivés du pétrole par des polymères biodégradables issus de matières organiques.»

Plus précisément, la Chaire vise à accroître la performance des microorganismes utilisés, lesquels sont en fait de mini-usines cellulaires, ainsi qu’à améliorer le design et la performance des procédés de production en visant continuellement leur optimisation. Les résultats permettront de développer des bioprocédés efficaces plus rapidement, ce qui réduira les coûts du développement et accroîtra les probabilités d'application industrielle.

«La création de cette chaire de recherche témoigne de la crédibilité nationale et internationale acquise depuis près d’une décennie par notre programme de formation en biotechnologies, souligne Jacques Beauvais, vice-recteur à la recherche de l’Université de Sherbrooke. La priorité qui sera accordée à la mise au point de bioprocédés plus efficaces est en lien direct avec les grands défis mondiaux dans ce domaine et cadre parfaitement avec le plan d’action stratégique de l’Université.»

Aider les entreprises dans la production de leurs molécules d’intérêt

Actuellement, le Canada est bien positionné pour profiter de deux grands domaines de la biotechnologie, soit le biopharma et la biotechnologie industrielle. «Mais notre principale faiblesse se trouve dans la commercialisation, souligne le professeur Groleau. Ceci a été reconnu maintes et maintes fois. De nombreux échecs en biotechnologie, surtout au sein des PME, sont dus au peu d’attention porté jusqu’ici au développement et à l’optimisation des procédés de production. Encore aujourd’hui, il nous manque des connaissances sur ce qui fait qu'une cellule produise le produit désiré selon la qualité et la quantité désirées.»

Dans ce contexte, les recherches permettront de faciliter la commercialisation des découvertes en biotechnologie en développant de nouvelles stratégies de bioproduction. Par la mise en œuvre d’une dizaine de projets, la Chaire formera aussi des ingénieurs en génie biotechnologique ainsi que des chercheuses et chercheurs de haut niveau, notamment près de 15 étudiantes et étudiants de 2e et 3e cycles ainsi que 3 stagiaires postdoctoraux. «Il s’agirait qu’un seul de ces projets atteigne un jour la commercialisation pour justifier amplement ce nouvel investissement en recherche et en formation», conclut Denis Groleau.