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Et si la générosité s’apprenait sur les bancs d’école?

Un don de la Fondation Famille Léger propulse une étude percutante sur l’éducation et la philanthropie à l’École de gestion

Photo : AFP Québec

Pourquoi les Québécoises et les Québécois donnent-ils moins? Comment se construit la générosité? Ces questions sont au cœur de la récente Étude sur l’effet des programmes éducatifs sur les comportements de dons, dont les résultats sont maintenant rendus publics.

Initiée par la Fondation Famille Léger et réalisée par l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke, l’étude compare les comportements philanthropiques au Québec et dans le reste du Canada et explore la perspective du rôle déterminant de l’éducation dans le développement d’une culture philanthropique.

L’Étude sur l’effet des programmes éducatifs sur les comportements de dons a été réalisée dans le cadre de la Grande Campagne Choisir de changer l’avenir et menée par Abdelouahab Mekki Berrada, doyen de l'École de gestion, et Stéphane Goyette, coordonnateur à la recherche, en collaboration avec Ibrahima II Diallo, candidat au doctorat, ainsi que Sara-Emmanuelle Paquet et Isaïe Ouellette, diplômés de la maîtrise en administration de l’École de gestion.

Des pistes porteuses de changement

Profondément engagée envers le mieux-être des communautés, la Fondation Famille Léger a soutenu cette étude grâce à un don de 200 000 $. Rappelons que la Fondation Famille Léger a pour mission d’encourager des initiatives structurantes en philanthropie, notamment dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, de la santé et du soutien aux personnes vulnérables.

Visant à mieux comprendre les différences régionales et culturelles entre le Québec et le reste du Canada qui influencent les pratiques de dons et de bénévolat, ainsi qu’à identifier les facteurs déterminants de l’engagement philanthropique, l’étude a fait ressortir des constats déterminants pour renforcer la culture philanthropique chez les francophones, en particulier chez les jeunes Québécoises et Québécois, et ce dès les bancs d’école.

Plus spécifiquement, l’étude démontre que les écarts observés ne s’expliquent pas uniquement par des considérations fiscales ou économiques : ils sont également liés à des valeurs, des normes sociales et des expériences vécues au fil de la vie, notamment en milieu scolaire.

L’étude révèle que :

  • Les programmes éducatifs à vocation prosociale ont un effet mesurable et substantiel qui se traduit, à l’âge adulte, par des comportements de dons plus fréquents et plus soutenus;
  • L’empathie, l’altruisme envers les personnes et les attitudes positives à l’endroit des organismes caritatifs jouent un rôle d’intermédiaires clés dans ce processus : investir dans des programmes qui développent ces dimensions, c’est investir dans la culture du don;
  • Les approches pédagogiques les plus prometteuses sont celles où les jeunes vivent une expérience concrète qui combine l’identification d’un besoin réel, la conception d’une réponse à ce besoin, un ancrage dans le milieu et, finalement, un temps de réflexion sur le sens de leur action;
  • Le Québec dispose d’un potentiel important sur le plan de l’empathie, mais accuse un retard en matière de dons monétaires ; des interventions éducatives bien conçues peuvent contribuer à combler cet écart à moyen et long terme.

Les résultats de l’étude montrent en effet que les Québécoises et les Québécois ressentent fortement la souffrance des autres et se préoccupent davantage des personnes dans le besoin, mais que cette sensibilité ne se traduit pas encore pleinement en gestes philanthropiques concrets. Comme mentionné, les recherches démontrent que des expériences significatives favorisent le geste de donner. Dans cette perspective, des programmes éducatifs développés en partenariat avec le milieu philanthropique pourraient contribuer à transformer ce potentiel d’empathie en une plus grande mobilisation au Québec.

Un moment propice au dialogue

Les faits saillants de l’étude ont été abordés lors d’un webinaire tenu le 21 mai dernier et organisé par l’Association des professionnels en philanthropie (AFP) du Québec. Animé par Marie-Hélène Perron, directrice principale du développement philanthropique à la Fondation de l’Université de Sherbrooke, ce panel réunissait Daniel Asselin, conseiller stratégique BNP et stratège reconnu du milieu philanthropique québécois, ainsi que le professeur Abdelouahab Mekki Berrada, doyen de l’École de gestion et coauteur de l’étude.

Plusieurs personnes des milieux philanthropiques et de l’éducation ont participé à ce moment d’échange qui a permis de croiser les regards et de mettre en lumière des pistes concrètes pour repenser collectivement notre façon de renforcer le geste philanthropique.

Des perspectives encourageantes

Daniel Asselin, ancien directeur du développement philanthropique à la Fondation de l’UdeS et désormais conseiller stratégique au sein de la firme BNP Inspire, agira en tant que partenaire auprès de la Fondation Famille Léger en l'accompagnant dans la mise en valeur des résultats stratégiques de cette étude auprès des réseaux philanthropiques, éducatifs et gouvernementaux et dans les prochaines étapes découlant des recommandations de l’étude.

L’étude a d’ailleurs souligné le rôle structurant que pourrait jouer la Fondation Famille Léger dans le soutien à la création d’un programme éducatif durable, aligné sur le cadre empathie-altruisme et arrimé aux priorités du milieu scolaire.

À propos de la Grande Campagne UdeS
Depuis sa fondation, l’Université de Sherbrooke innove, repousse les frontières comme les façons de faire, et prend des décisions avant-gardistes. Ces orientations ont forgé son identité et sont une source de fierté pour l’ensemble de sa communauté universitaire. Aujourd’hui, c’est dans ce même état d’esprit que l’établissement entreprend le prochain chapitre de son développement, avec la Grande Campagne de financement Choisir de changer l’avenir. Cette campagne de 250 M$, la plus ambitieuse de son histoire, permettra de soutenir plus de 150 projets inspirants, qui apporteront des solutions concrètes aux défis d’aujourd’hui et de demain.


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