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Portrait de Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François

Plus qu’un refuge : bâtir l’espoir grâce à la générosité

Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François
Sébastien Laberge, directeur général du Partage Saint-François
Photo : Fournie

La générosité est une valeur universelle qui transcende les époques et les cultures. Elle prend une dimension particulière lorsqu’elle s’incarne dans des actions concrètes qui changent des vies. Diplômé de l’Université de Sherbrooke, Sébastien Laberge est l’un de ces acteurs de changement. À la tête du Partage Saint-François depuis onze ans, il consacre son énergie à offrir bien plus qu’un toit : il redonne dignité et espoir à des milliers de personnes chaque année.

À l’approche des Fêtes, le message de Sébastien résonne avec force : la générosité ne se limite pas à un geste ponctuel. Elle se cultive toute l’année, dans la manière dont nous choisissons de soutenir nos communautés.

Avec son apport et celui d’une équipe dévouée, le Partage Saint-François offre une gamme impressionnante de services : hébergement d’urgence, centre de crise en santé mentale, friperie sociale, dépannages alimentaires, plateaux de travail et programmes de réinsertion. Chaque initiative vise à redonner dignité et espoir à ceux qui en ont le plus besoin.

Un parcours universitaire guidé par l’humain

Avant de devenir directeur général du Partage Saint-François, Sébastien suit un cheminement atypique. Issu du domaine des arts, il explore d’abord l’enseignement de la musique et l’enseignement primaire avant de se tourner vers la psychoéducation. Ce choix n’est pas anodin : il souhaite intervenir auprès des jeunes en difficulté. Après son baccalauréat (psychoéducation, 2011), il travaille en centre jeunesse, en maisons de transition et pour des organismes communautaires. Rapidement, ses compétences le propulsent vers des postes de coordination et de direction.

Il est alors recruté par le Partage Saint-François pour restructurer l’organisation qui est en quasi faillite technique, avec un bilan à découvert et des défis de ressources humaines.

Mais diriger un organisme en crise comme le Partage exige plus que de la bonne volonté. Conscient des défis financiers et organisationnels, Sébastien entreprend une maîtrise en administration (MBA) à l’UdeS en parallèle de son emploi pour améliorer ses compétences de gestion. Grâce à une petite équipe d’étudiants motivés qui proviennent de l’entrepreneuriat et d’entreprises, il achève son parcours en trois ans seulement.

Les locaux du Partage Saint-François rue Wellington Sud à Sherbrooke
Les locaux du Partage Saint-François rue Wellington Sud à Sherbrooke
Photo : Fournie

La générosité comme moteur de transformation

Après avoir opéré une restructuration complète et monté un plan stratégique clair, Sébastien stabilise l’équipe de direction, les ressources humaines et l’équipe de bénévoles du conseil d’administration.

Le modèle communautaire est adapté pour les petites organisations de cinq ou six employés. Au Partage, on embauche des dizaines d’employés sur plusieurs sites, c’est une autre paire de manches. Je gère un parc immobilier, des assurances, des équipes de maintenance et des entrepreneurs généraux. Il fallait sortir du modèle communautaire traditionnel pour adopter une approche d’entreprenariat sociale afin de mieux subventionner nos services.

Plutôt que de s’en remettre uniquement aux dons, il choisit une approche audacieuse : positionner l’organisme comme un partenaire du réseau de la santé et des services sociaux. Cette vision permet de développer des ententes solides avec l’État et de diversifier les sources de financement.

En devenant partenaire, ça nous donne un droit de parole et un siège sur les comités décisionnels pour développer des services avec le réseau de la santé. L’État n’est plus juste un bailleur de fonds. On négocie directement avec les partenaires pour arriver avec de nouveaux concepts supers intéressants qui sont bénéfiques pour le Partage Saint-François mais surtout pour ses usagers.

Conférence de presse pour le lancement du programme PRISM, qui sera implanté en Estrie d’ici l’hiver 2026 grâce au Partage Saint-François et au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, avec le soutien de Santé Québec.*Le président du CA du Partage, Me Jean-Christian Blais, est diplômé de la Faculté de droit (2005).
Conférence de presse pour le lancement du programme PRISM, qui sera implanté en Estrie d’ici l’hiver 2026 grâce au Partage Saint-François et au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, avec le soutien de Santé Québec.
*Le président du CA du Partage, Me Jean-Christian Blais, est diplômé de la Faculté de droit (2005).

Photo : Fournie

Pour Sébastien, la générosité ne se limite pas aux dons matériels. Elle se traduit par une volonté d’innover, de bâtir des ponts avec des partenaires et de créer des solutions durables. Cette philosophie transforme le Partage Saint-François en une organisation en bonne santé capable de répondre à des besoins complexes, élargir la gamme de services offerts, tout en demeurant fidèle à sa mission : soutenir les personnes en situation de vulnérabilité.

Des actions concrètes qui changent des vies

« Ça prend une agilité pour faire des nouveaux projets, des liquidités et l’expertise d’une équipe solide. C’est comme ça qu’on réussit à déployer des projets plus rapidement que s’il fallait créer de nouvelles structures à chaque nouveau service. »

Plateaux de travail dans les cuisines du Partage Saint-François, les bénévoles et usagers préparent les repas qui seront redistribués.
Plateaux de travail dans les cuisines du Partage Saint-François, les bénévoles et usagers préparent les repas qui seront redistribués.
Photo : Fournie

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque année, ce sont plus de 50 000 repas qui sont préparés et distribués gratuitement à travers divers organismes, 10 000 dons de vêtements et des milliers de personnes qui profitent des différents services du Partage.

Ces chiffres, bien qu’impressionnants, ne racontent qu’une partie de l’histoire. Derrière chaque statistique se cache un visage, une histoire de résilience. Une personne qui franchit la porte pour un dépannage alimentaire peut, grâce aux liens créés avec les intervenants, retrouver un logement, stabiliser sa santé et reprendre le contrôle de sa vie. Ces gestes, bien que modestes en apparence, changent des existences. Voilà la véritable portée du réseau.

Les défis à venir

Malgré les succès, les défis demeurent. L’itinérance est en hausse, et les besoins en santé mentale sont criants.

Contrairement à ce qu’on pourrait en penser, il n’y a pas de hausse en demande d’hébergement à l’arrivée du temps froid. C’est tout aussi inconfortable d’être dans la rue par une canicule d’août que par une journée pluvieuse d’octobre. Personne n’est fait pour vivre dehors.

Alexandra, une intervenante responsable de la réinsertion qui accueille une usagère.
Alexandra, une intervenante responsable de la réinsertion qui accueille une usagère.
Photo : Fournie

Sébastien plaide pour une évolution du modèle traditionnel où on ne gère que les méfaits à la pièce: il faut intervenir dans une approche globale qui favorise des solutions durables pour sortir de l’itinérance et une véritable réinsertion sociale. Des projets novateurs, comme l’ouverture d’une maison pour personnes âgées issues de la rue ou la création d’unités psychiatriques communautaires, témoignent de cette volonté d’aller plus loin.

Le Partage Saint-François, c’est un réseau d’entraide qui ne ferme jamais ses portes. C’est bien plus qu’un repas ou un recevoir un manteau : c’est offrir une chance de recommencer.