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Une passion héritée, un avenir cultivé

Simon Michaud en compagnie de ses parents, François Michaud et Annie Lessard
Simon Michaud en compagnie de ses parents, François Michaud et Annie Lessard
Photo : Fournie

Depuis la fondation de l’Université de Sherbrooke, il y a 70 ans, des centaines d’histoires familiales s’y sont tissées. Nombreux sont les étudiantes et étudiants qui ont choisi l’UdeS, influencés par les parcours inspirants de leurs parents ou grands-parents. Pour mettre en lumière ces liens intergénérationnels, le Service des relations avec les diplômées et diplômés consacre une série d’articles à celles et ceux qui ont décidé de marcher dans les traces familiales.

Pour ce premier portrait, nous avons rencontré Simon Michaud, diplômé à la maîtrise en robotique et fondateur de Désherbex, une entreprise novatrice en agriculture de précision. Il est le fils du professeur François Michaud, membre du corps enseignant de la Faculté de génie et diplômé du doctorat en génie électrique (1996), mais également le petit-fils de Trefflé Michaud, gradué de la 3e cohorte en génie électrique, qui a aussi mené une carrière à l’Université de Sherbrooke comme professeur à la Faculté de génie, secrétaire et vice-recteur au personnel et aux étudiants de l’UdeS.

Une vocation née dans la cuisine familiale

Simon Michaud fait ses premiers pas dans l’univers de la robotique avant l’âge d’un an. Alors qu’il sait à peine ramper et marcher, il expérimente déjà avec son père sur des robots dans le salon et la salle à manger. Fasciné par les machines, il l’accompagne régulièrement au laboratoire de l’UdeS, où son intérêt pour la technologie s’enracine.

Simon choisit de poursuivre ses études en sciences naturelles au Collège Régional Champlain. Cette formation lui offre une solide base en mathématiques et en physique, préparant le terrain pour son parcours universitaire dans un domaine de pointe qui l’a toujours passionné : la robotique.

Le choix de l’UdeS

Lorsqu’il entame ses recherches pour trouver une université canadienne où poursuivre ses études, Simon constate que les options de formations en robotique sont limitées. Même s’il aurait préféré continuer son parcours en anglais, la qualité des programmes en génie à l’Université de Sherbrooke – combinée à l’expérience de ses parents diplômés et à l’atout du régime coopératif – le convainc de s’y inscrire. L’UdeS venait d’ailleurs de lancer le premier et seul programme en génie robotique, initié et dirigé par son père!

Une idée née dans les champs

C’est durant un stage chez un producteur de carottes, à l’été 2019, que l’étincelle entrepreneuriale s’allume. Simon y découvre une méthode de désherbage pour le moins rudimentaire : des travailleurs allongés sur des tables de massage fixées à l’arrière d’un tracteur, la tête dans l’ouverture pour arracher manuellement les mauvaises herbes.

C’était à la fois ingénieux et complètement archaïque. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé le potentiel qu’il y avait à concevoir une machine capable de désherber efficacement de vastes champs.

Simon Michaud

De retour à l’Université, Simon commence à concrétiser son idée dans le cadre du cours de Création de produits innovants (IMC155) et de son Projet majeur de conception (PMC). Rapidement, les cours d’entrepreneuriat offerts par l’École de gestion l’aident à faire le lien entre innovation technologique et viabilité commerciale.

Sans s’être destiné à l’entrepreneuriat, Simon se laisse porter par l’élan. Sa mère, Annie Lessard, CPA et diplômée de l’École de gestion en comptabilité (1994), devient une source d’inspiration et de motivation entrepreneuriale. Avec son équipe, il remporte le concours Createk Famille J.R. André Bombardier, décroche des bourses, et collabore avec des agriculteurs pour ajuster le prototype en fonction des besoins du terrain.

Grâce à des caméras haute définition et à l’intelligence artificielle, la machine de Désherbex peut distinguer les légumes racines des mauvaises herbes. De petites mains robotisées les arrachent au fur et à mesure que le tracteur avance.

Le projet s’inscrit résolument dans les valeurs de développement durable inculquées à l’UdeS. En réduisant l’usage de pesticides et d’engrais chimiques, Désherbex propose une solution à la fois technologique et responsable, tout en revalorisant le facteur humain, sachant que les travailleurs sont de plus en plus rares dans le secteur agricole.

Alors que plusieurs de ses collègues se tournent vers le marché du travail après le baccalauréat, Simon décide de poursuivre à la maîtrise. Il s’associe à deux autres étudiants de robotique pour continuer l’aventure Désherbex. Ensemble, ils peaufinent leur technologie, amorcent la commercialisation et observent les résultats directement dans les champs.

Mais pour Simon, l’innovation technologique prime sur la gestion de la startup. Il choisit donc de s’inscrire au 3e cycle, afin de conserver son rôle de concepteur tout en repoussant les limites de l’innovation.

Ce qui m’a donné envie de continuer au doctorat, c’est que je veux rester dans la recherche, dans la création de solutions nouvelles pour l’agriculture. C’est ce que j’ai de mieux à offrir pour l’entreprise.

Simon Michaud

Son doctorat, axé sur le développement logiciel, l’intelligence artificielle et la technologie robotisée, devient un levier d’innovation pour son projet. Les clients de Désherbex voient dans cette démarche un gage d’évolution constante et de pertinence à long terme. Le lien entre ses travaux universitaires et son entreprise est direct et synergique.

Une aventure familiale

Même si Simon n’a pas eu son père comme professeur, celui-ci a fait partie du groupe d’enseignants qui l’ont appuyé durant les cours d’entrepreneuriat et de conception. Ensemble, père et fils ont signé un article scientifique qui les a menés à faire une présentation ensemble lors d’une conférence – un moment marquant dans la trajectoire de Simon, autant sur le plan personnel que professionnel.

C’est vraiment quelque chose de précieux pour moi de pouvoir partager mon savoir-faire avec mon fils. Ça permet d’apprendre à se connaître sous un autre angle. En allant en génie robotique et en intelligence artificielle, Simon m’a donné une belle opportunité de partager ma passion avec lui.

Pr François Michaud

Un avenir prometteur

Aujourd’hui, Désherbex entre dans une phase de croissance. L’entreprise, située dans un condo industriel à Bromptonville, travaille à élargir ses machines pour qu’elles puissent couvrir trois fois plus de terrain. L’équipe se concentre sur l’optimisation de la vitesse de désherbage et l’amélioration continue pour accélérer le retour sur investissement pour les agriculteurs.

Simon passe l’été dans les champs, auprès de ses clients. Après une formation, ceux-ci deviennent autonomes dans l’usage des machines, qui s’ajustent elles-mêmes aux imprévus grâce à l’intelligence artificielle. Cette observation de terrain permet à l’équipe de perfectionner chaque aspect du produit.

Avec les tensions commerciales actuelles entre le Canada et les États-Unis, Désherbex oriente maintenant une partie de ses efforts vers l’Europe.

L’Europe a toujours été en avance en matière d’adoption des technologies agricoles. Évidemment, envoyer une machine de 2 000 livres outremer, c’est plus complexe qu’en Amérique du Nord. Mais pour nous, c’est une formidable opportunité de diversification. L’Europe représente une belle occasion de croissance, surtout auprès des petits producteurs qui recherchent des solutions abordables, efficaces et responsables.

Simon Michaud

Je suis vraiment très fier de Simon. C’est à la fois épatant et étourdissant de le voir aborder autant de trucs, allant de la recherche à l’entrepreneuriat, à un si jeune âge. Il est pour moi une personne d’exception, tant sur le plan professionnel que personnel, avec une grande polyvalence. Il a toute mon admiration.

Pr François Michaud

Cliquez ici pour visionner la capsule de Désherbex présentée par L’ACET.

Vous voulez partager votre histoire de Famille UdeS? Contactez l'équipe de rédaction du Service des relations avec les diplômées et diplômés à : lereseau@usherbrooke.ca.