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Appliquer le génie à la médecine et aux sciences de la santé

Jean Morin : aux commandes de ses rêves pour le monde de demain

L'ingénieur Jean Morin, instigateur du Fonds Famille Jean Morin, qui vise à encourager la réussite scolaire et l’engagement social des étudiantes et étudiants inscrits aux trois cycles de la Faculté de génie, dans le programme de génie mécanique.
L'ingénieur Jean Morin, instigateur du Fonds Famille Jean Morin, qui vise à encourager la réussite scolaire et l’engagement social des étudiantes et étudiants inscrits aux trois cycles de la Faculté de génie, dans le programme de génie mécanique.
Photo : Jessica Garneau - UdeS

L'UdeS à cœur, et le cœur sur la main : série de portraits
Elles ont l’UdeS à cœur, et le cœur sur la main. À l’occasion de la Semaine de la philanthropie, ces personnes d’exception, dont Jean Morin, qui ont fièrement choisi de soutenir l'UdeS dans la concrétisation de ses projets les plus inspirants font l’objet d’une série de portraits.

Prioriser l’éducation et penser aux prochaines générations. Voilà ce qui guide Jean Morin, le diplômé de l’Université de Sherbrooke qui est derrière la création d’un fonds de dotations de 1 M$ visant à développer une alliance entre les étudiantes et étudiants en génie et la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

Jeune, il rêvait de devenir pilote d’avion de chasse, inspiré par son père, qui était membre du personnel volant des Forces armées canadiennes. Mais à ses 18 ans, des problèmes aux yeux l’empêchent de s’enrôler. Il décide alors de s’inscrire en génie mécanique à l’UdeS. « J’avais un intérêt pour la technologie et l’Université de Sherbrooke offrait une spécialité en aéronautique. J’ai fait partie de la première cohorte de ce programme », explique celui qui a grandi à Pierrefonds.

« À cette époque, les taux d’intérêt et le taux de chômage étaient très élevés. J’étais l’aîné d’une famille de six enfants et mes parents n’avaient pas les moyens de financer mes études. J’ai aussi choisi l’Université de Sherbrooke pour son programme coopératif, et ce sont les stages qui ont contribué à financer mes études », ajoute l’ingénieur qui a complété son diplôme en décembre 1981.

Après son baccalauréat, Jean Morin travaille dans le secteur de l’énergie puisque les temps sont difficiles pour celui de l’aéronautique. « J’ai travaillé dans l’industrie du pétrole en Alberta, en Nouvelle-Écosse et en Arctique. Puis on a voulu m’envoyer au Timor oriental, où régnait à l’époque une situation politique tendue. J’ai alors choisi de réorienter ma carrière. J’ai été recruté par un courtier en valeurs mobilières qui m’a offert une formation en administration, en ressources humaines et en finances », raconte celui qui a travaillé pendant près de 30 ans chez CIBC Wood Gundy à titre de directeur et premier vice-président, jusqu’à sa retraite en 2018.

Les connaissances apprises lors de son baccalauréat en génie mécanique ont été utiles tout au long de la carrière de l’homme de finances qu’il est devenu. « Mes études m’ont énormément aidé, car elles m’apportaient une compréhension de la technologie qui était cruciale quand venait le temps d’analyser les secteurs dans lesquels on devait ou non investir. Quand on me parle d’énergie solaire, d’éoliennes, de fabrication, de conservation d’énergie ou de voitures hybrides, j’ai une opinion basée sur le savoir. C’était utile. »

L’éducation, c’est aussi redonner

Toute sa vie, Jean Morin a été impliqué dans des activités de charité, soit comme bénévole, soit comme donateur occasionnel au comptoir d’entraide. « J’ai commencé avec des commandes d’épicerie de Noël dans ma communauté. J’amenais mes premiers enfants de 5 ans et 7 ans livrer des commandes avec moi pour qu’ils soient exposés à une autre réalité que la leur. Ils entraient avec moi chez des gens où il n’y avait pas de jouets et où le frigo était vide. Pour moi, c’était de l’éducation. Parce que l’éducation, ce n’est pas seulement aller à l’école et apprendre à lire et à compter », note celui qui, avec sa conjointe des 27 dernières années, a élevé six enfants.

Pour Jean Morin, l'éducation est incontournable pour apporter des solutions aux problèmes actuels, et c'est pour cette raison qu'il s'est lancé dans le financement de bourses étudiantes.
Pour Jean Morin, l'éducation est incontournable pour apporter des solutions aux problèmes actuels, et c'est pour cette raison qu'il s'est lancé dans le financement de bourses étudiantes.
Photo : Jessica Garneau, collaboratrice

Lorsque sa carrière a progressé et qu’il a eu la capacité financière de redonner davantage au suivant, il est passé en deuxième vitesse. « Mon ami et collègue Richard Lapointe m’a dit un jour : La seule façon de résoudre les problèmes d’aujourd’hui est de former les esprits de demain. Ça m’a inspiré, et en 2009, j’ai commencé à financer des bourses destinées à des étudiants méritants de mon ancienne faculté », note l’instigateur du Fonds Famille Jean Morin, qui vise à encourager la réussite scolaire et l’engagement social des étudiantes et étudiants inscrits aux trois cycles de la Faculté de génie, dans le programme de génie mécanique.

Des solutions technologiques aux besoins de la médecine

Depuis 2019, le Fonds Famille Jean Morin soutient également la synergie entre les futurs ingénieurs et le monde médical, à travers le Programme de stages en génie biomédical de La Fondation. Pour ce faire, elle a créé une bourse destinée à des étudiantes et étudiants du baccalauréat de la Faculté de génie dont les stages ont lieu en milieu hospitalier et dont le but est de trouver des solutions technologiques concrètes à des besoins précis, exprimés par des membres du personnel soignant effectuant des recherches à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’UdeS.

« À l’origine, mon fils étudiait en médecine et je l’entendais se plaindre du fait que bien des appareils médicaux provenaient de Corée, d’Allemagne, du Japon, etc. Il déplorait que ces appareils coûtent très cher et que les délais de livraison soient interminables. Ce fut l’élément déclencheur. Je me suis demandé pourquoi fabriquons-nous si peu d’équipements médicaux et chirurgicaux au Québec? On fait de la pharmacologie, mais il ne semble pas y avoir de culture universitaire vouée à la technologie médicale », souligne Jean Morin.

Son fils Christian Iorio-Morin, qui est maintenant neurochirurgien, encadre les stagiaires financés par le Fonds Famille Jean Morin. Les fruits de cette alliance Génie-FMSS sont en train de pousser. L’étudiant Francis Trépanier a travaillé en 2022 au développement d’un circuit imprimé permettant de stimuler la moelle épinière afin de restaurer la marche chez des sujets paralysés. Toujours en 2022, l’étudiant William Plante a travaillé au développement d’un appareil permettant la mesure en temps réel de la concentration de médicaments dans le sang. Simon Lapointe a, pour sa part, créé une plaque de fixation crânienne dynamique qui pourrait venir en aide à des milliers de personnes ayant un traumatisme crânien. L’étudiant a complété sa maîtrise en génie mécanique et a depuis fondé son entreprise pour commercialiser son invention.

Au centre, le neurochirurgien et professeur-chercheur Christian Iorio-Morin, le fils de Jean Morin, en compagnie de Félix Dumais, Simon Lapointe et Cédric Dessureault, à L'origine du développement de la plaque de fixation crânienne dynamique.
Au centre, le neurochirurgien et professeur-chercheur Christian Iorio-Morin, le fils de Jean Morin, en compagnie de Félix Dumais, Simon Lapointe et Cédric Dessureault, à L'origine du développement de la plaque de fixation crânienne dynamique.
Photo : Fournie

De rêves en réalisations

Mon rêve est qu’il soit créé, un jour, un Département de technologie biomédicale. Il faut commencer par planter la graine, et c’est ce qu’on fait en exposant les jeunes en génie aux problématiques du monde médical.

Jean Morin

Plus de 100 000 $ en bourses ont été versés depuis 2009 grâce au Fonds Famille Jean Morin. L’idée de créer un fonds de dotations apparaît au fil des années pour assurer la pérennité de cette aide financière. Au début de 2023, la valeur marchande du Fonds était de plus de 500 000 $. Jean Morin vise, avec l’aide de ses partenaires et amis, une capitalisation de 1 000 000 $ d’ici 2030.

Ses engagements bénévoles envers sa communauté ont souvent été liés aux sports. Entraîneur de ski alpin pendant de nombreuses années, il a été président de la Fédération canadienne des entraîneurs de ski alpin. Il a été président de Sports Montréal, un organisme à but non lucratif, partenaire de la Ville de Montréal qui a pour mission de susciter la passion pour l'activité physique. Il s’implique aussi annuellement depuis longtemps dans le Tour CIBC Charles-Bruneau.

En parallèle à sa carrière dans le monde des finances et à son implication sociale, Jean Morin a réussi en quelque sorte à réaliser son rêve d’enfance. Adulte, il a obtenu son brevet de pilote commercial et il a même été pilote bénévole pendant quelques années pour les services de recherche et sauvetage canadiens, où des civils viennent en soutien aux Forces armées canadiennes. Récemment, il a vendu son avion personnel et s’est engagé à verser le produit de la vente dans le Fonds Famille Jean Morin.

« La force de la Fondation de l’Université de Sherbrooke est de bien traiter ses donateurs. Ceux qui ont contribué à mon Fonds ont été invités à une visite supervisée du laboratoire de médecine. Cette visite leur a permis de comprendre à quoi servaient leurs contributions et cette dernière est devenue un élément de motivation important au soutien du projet. Cela fait une énorme différence », conclut le grand donateur.

En savoir plus sur la programmation de la Semaine de la philanthropie à l'UdeS


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