Quand le loup devient masque

La langue recèle des ressources insoupçonnées lorsqu'il est question de créer de nouveaux sens. Par exemple, on attribue fréquemment des noms d'animaux à de nombreux objets. Dans le domaine des accessoires, le loup désigne un masque couvrant le pourtour des yeux, alors que la mouche, petit point noir de tissu ou d'encre, placé sur le visage ou le décolleté, imite un grain de beauté.

L'analogie de forme est aussi en cause dans l'exemple de la souris de l'ordinateur, ou encore des chenilles d'une souffleuse, d'une motoneige :

Les motoneiges qu'ils enfourchent n'ont rien du modèle standard. Avec leur chenille surdimensionnée munie de crampons [...] elles sont conçues pour circuler hors des sentiers battus.

(L'actualité, jeudi 15 décembre 2016)

On constate toutefois que les francophones ne font pas toujours les mêmes analogies. Ainsi, le volant de badminton que s'échangent les joueurs prend parfois au Québec le nom de moineau. Et si les Français aussi désignent par le nom de cochonnet la boule servant de cible dans des jeux comme la pétanque ou le boulingrin, c'est au Québec que truie désigne un petit poêle à bois et qu'on casse son cochon pour s'acheter des gâteries.

C'est par contre en France qu'a été emprunté le mot papillon pour désigner la contravention qui, une fois pliée sous l'essuie-glace, prend la forme d'un papillon.

Ils ont aussi ramené à la maison un papillon coincé entre le pare-brise et les essuie-glaces... Les amendes allaient de 35 à 135€, en fonction de l'infraction.

(La Voix du Nord, 16 août 2015)

Mais c'est au Canada que les adeptes du patin sur le canal Rideau pourront déguster une délicieuse queue de castor, exclusive aux francophones d'ici.


Voir aussi :