Le transport actif

Pratiquez-vous le transport passif?

Depuis quelques décennies, la congestion routière, les préoccupations environnementales et la sédentarité grandissante de la population ont mené à une volonté de réformer les modes de transport, réforme qui s’accompagne naturellement de l’émergence d’une nouvelle terminologie.

Au milieu des années 1990, on commence à lire dans les journaux la notion de transport actif, d’abord dans le courrier des lecteurs, puis dans le discours des journalistes et de différents acteurs de la scène publique.

Il fait l’éloge du transport actif et du cyclotourisme; il voit dans les voies cyclables un investissement rentable.

(La Presse, Opinions, 30 juillet 1995)

On parle de transport actif dès que l’énergie nécessaire au mouvement est fournie par l’effort musculaire de l’être humain qui se déplace. Il peut s’agir de marche, de course ou de tous les modes de transport que l’on retrouve sur les pistes cyclables (vélo, patin à roues alignées, planche à roulettes, etc.).

Quelques années plus tard, on voit apparaître dans les grandes villes des vélos en libre-service de même que des services d’autopartage, le principe étant, dans les deux cas, qu’un même véhicule puisse servir à plusieurs usagers.

Dès le départ, l’objectif est fixé : favoriser l’adoption par les employés de solutions de rechange au voiturage en solo.

(Les Affaires, 18 janvier 2016)

La collocation voiturage en solo est proposée par l’Office québécois de la langue française en 2010. Bien que peu fréquente dans l’usage, et donc encore absente des dictionnaires, elle a l’avantage de fournir une dénomination claire au principal problème ciblé dans les déplacements au 21e siècle : l’utilisation d’une voiture privée pour effectuer seul, matin et soir, le trajet entre la maison et le travail.

À l’inverse, l’expression cocktail transport ou cocktail de transport a rapidement été reprise dans l’usage après sa création par un particulier, il y a une vingtaine d’années. C’est probablement dans ce cas-ci sa difficile intégration dans la norme qui explique son absence des dictionnaires.

À la base de ce renouveau des villes, on retrouve [le] développement d’un cocktail transport intelligent favorisant le transport en commun, l’utilisation de vélos ou la voiture en libre-service. Une ville où il fait bon marcher, échanger, faire partie d’une communauté.

(Voir, 13 juin 2016)

Mais à quoi s’oppose le transport actif? Au transport passif? Plutôt au transport inactif, quand il est question du déplacement d’êtres humains.

Le sondage rapporte que la proportion de jeunes [...] qui n’utilisent que le transport inactif comme l’autobus, le train et la voiture, pour aller à l’école est passée de 51 % en 2000, à 62 % en 2010.

(Radio-Canada, 21 mai 2013)

En France, le transport actif s’oppose bel et bien au transport passif, mais dans le domaine de la biochimie, puisque ces deux termes désignent le déplacement d’une molécule à travers une membrane cellulaire, avec ou sans consommation d’énergie.

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