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Aperçu de la formation à distance dans le monde

Nous avons tenté d’esquisser à gros traits un aperçu de la situation de la formation à distance (FAD) dans diverses régions du monde en 2011. Nous ne visons aucunement l’exhaustivité et sommes très conscients du manque de nuances que suppose une telle entreprise. Compte tenu de l’ouverture sur le monde que permet la FAD, l’objectif est simplement de permettre au lecteur d’élargir sa vision du phénomène.

Québec

Canada (Ontario)

États-Unis

Grande-Bretagne

Europe continentale

Ailleurs


Québec

L’une des seules études dont nous disposions est celle du Comité de liaison interordre en formation à distance (CLIFAD, 2010). Depuis l’année scolaire de référence 1996-1997 jusqu’à la dernière année scolaire complète (2008-2009), les inscriptions en FAD ont plus que quadruplé (croissance globale de 315 %), pour une croissance annuelle moyenne de 13 % jusqu’à 2008-2009.

Au niveau universitaire, les statistiques disponibles ne tiennent compte que de la Téluq, de l’Université Laval et de l’Université de Montréal. Les trois institutions ont toutes vu leurs inscriptions s’accroître (ayant globalement doublé sur la période de référence, avec 101 % de croissance), mais leurs parts de marché respectives ont changé.

Si la Téluq accaparait 65 % des inscriptions-cours en FAD en 1996-1997, elle n’en a plus que 51 % en 2008-2009. C’est l’Université Laval la grande gagnante, qui a augmenté sa part de marché de 24 à 41 % au cours des mêmes années, allant même grignoter 3 points de pourcentage à l’Université de Montréal au passage (de 11 à 8 %).

Quant à l’offre, nos recherches semblent indiquer que Téluq offre toujours davantage de programmes que Laval (75 contre 45), mais que cette dernière annonce offrir davantage de cours (plus de 500 contre 360 pour la Téluq).

Canada (Ontario)

Nous ne disposons pas de données pancanadiennes quant à la FAD. Seule l’Ontario mesure la FAD dans l’ensemble de ses institutions d’enseignement supérieur. En 2010, 11 % de toutes les inscriptions dans les institutions postsecondaires ontariennes étaient en FAD. Quelque 14 % (ou 762) des programmes d’études supérieures étaient offerts en ligne. Ce sont 15 % de tous les cours qui se donnaient en ligne (7 % au 1er cycle) (Bates, 26 février 2011).

L’Ontario devrait d’ailleurs bientôt créer un Institut central pour soutenir l’offre supérieure en FAD, similaire à ce qui existe en Colombie-Britannique (Bates, 6 juin 2011).

États-Unis

La FAD est en augmentation constante chez nos voisins du sud (17 % par année depuis 2002; Bates, 2010). Selon certains auteurs, de un quart à un tiers des étudiants américains suivraient au moins un cours en ligne (Allen et Seaman, 2010). De l’avis de certains, la FAD serait souvent de moindre qualité (nous aurions de meilleurs standards au Canada – en Ontario, par exemple; Bates, 2011) et surtout développée par des universités à but lucratif.

Le marché qui augmente le plus rapidement aux États-Unis est celui des études de 2e cycle, où des praticiens sur le marché du travail cherchent à développer leurs compétences (Bates, octobre 2010).

Grande-Bretagne

Ce pays demeure un précurseur en FAD, notamment grâce à la Open University. Il y a toutefois lieu de se demander ce qu’il en est de la qualité de la formation transmise (Bates, avril 2010). C’est d’autant plus vrai depuis les importantes coupes dans le domaine de l’enseignement supérieur.

Des voix s’élèvent et s’inquiètent de voir la FAD devenir la «formation des pauvres» par opposition à de la formation en présentiel dans des universités prestigieuses réservées à l’élite (Swabey, 2011).

Europe continentale

L’Europe continentale possède aussi un réseau d’universités à distance nommées Open Universities, avec des institutions notamment en Allemagne, en Espagne et aux Pays-Bas (Open University of the Netherlands), cette dernière détenant un leadership international en recherche en sciences de l’apprentissage et en technologies éducatives (Mulder, 2011).

Ailleurs

L'Inde, qui a beaucoup investi en FAD pour son marché interne, se positionne pour devenir un important fournisseur mondial. Sept universités s’y sont regroupées pour mutualiser leur offre, comme c’est d’ailleurs le cas en Australie.

L’Afrique reste demandeuse de cette offre et s’organise pour reconnaître les crédits. Des curriculums entiers peuvent s’y faire par cumul (Vaufrey, 2011). S’ensuit une offre de qualité douteuse de la part de certains organismes peu scrupuleux, ce qui ne rend pas service aux futurs professionnels africains (Bates, 6 février 2011).

Sources

Allen, I. et Seaman, J., Learning on Demand: Online Education in the United States  2009, Babson Park MA, Babson College Survey Research Group et Sloan Consortium, 2010.

Bates, Tony, «Towards a national strategy for e-learning in the U.K.», e-learning and distance education resources, 26 avril 2010.

Bates, Tony, «Best Practices in Distance Education», University of Saskatchewan, Saskatoon, octobre 2010 [présentation PowerPoint].

Bates, Tony, «OERs: the Good, the Bad and the Ugly», e-learning and distance education resources, 6 février 2011.

Bates, Tony, «Hard data on online learning in Ontario», e-learning and distance education resources, 26 février 2011.

Bates, Tony, «Recommandations for a new Ontario Online Institute», e-learning and distance education resources, 6 juin 2011.

Comité de liaison interordre en formation à distance (CLIFAD), Portrait des inscriptions en formation à distance au Québec depuis 1995-1996, février 2010.

Devries, Fred et Fred Mulder. «Towards National Strategies of OER?», atelier OER in European HE, 4 mars 2011, Katholieke Universiteit Leuven [présentation PowerPoint].

Moltz, David, «Online Ed Trends at Community Colleges», Inside Higher Ed, 18 mai 2011.

Swabey, Pete, «Degrees of Separation», Information Age, 13 octobre 2010.

Vaufrey, Christine, «Les meilleurs pratiques de l’éducation 2.0», Thot Cursus, 12 janvier 2011 [document pdf].

White, D. et al., Study of UK Online Learning  Oxford, Department of Continuing Education/HEFCE, 2010.