Le SSF veille

COVID-19 : modalités alternatives d’enseignement et d’apprentissage

Résultats du questionnaire sur la situation du printemps 2020 à l’UdeS

par Jean-Sébastien Dubé

À la suite des mesures de confinement imposées par le gouvernement du Québec pour faire face à la pandémie de COVID-19, le personnel enseignant de l’Université de Sherbrooke a dû migrer à distance son enseignement en très peu de temps pour compléter le trimestre d’hiver et offrir les cours du trimestre d’été 2020. Afin de faire le point sur cet effort, de comprendre ce que cette situation a signifié pour les personnes enseignantes, ainsi que de tirer partie des enseignements que cette situation a permis, le vice-rectorat aux études a demandé aux conseillères pédagogiques du Secrétariat d’évaluation périodique des programmes de concevoir un questionnaire, en collaboration avec d’autres collègues. 

Il contient 19 questions qui portent sur le profil de la personne enseignante, les modalités mises en place dans le contexte de la Covid-19, les avantages et les défis pédagogiques de la transformation vers l’enseignement à distance, les éléments facilitateurs et les solutions, le soutien reçu et offert ainsi que sur les besoins et leçons à tirer. (p.4)

Le 20 mai 2020, un lien menant vers le questionnaire a été envoyé aux directions facultaires en leur demandant de le diffuser à l’ensemble du corps professoral et des personnes chargées de cours. « Toutefois, puisque la Faculté des sciences de l’activité physique avait déjà sondé ses personnes enseignantes, elle a fait le choix de ne pas transmettre l’invitation à répondre. Même choix du côté de la Faculté d’éducation qui fera passer un questionnaire similaire à son personnel dans les semaines à venir. »

670 personnes ont répondu au questionnaire, dont 348 professeures et professeurs et 322 personnes chargées de cours. « Les enseignantes et les enseignants de la Faculté de médecine et des sciences de la santé représentent 40 % des personnes ayant répondu au sondage alors que l’École de gestion et la Faculté des lettres et sciences humaines ont chacune près de 20 % de personnes répondantes. » (p.7)

Quelques faits saillants

  • Seuls 9 % des enseignantes et enseignants qui ont répondu au questionnaire offraient de la formation à distance avant la pandémie et 91 % d’entre eux ont migré en ligne leurs activités afin de continuer à offrir leurs cours.
  • Les séances synchrones et les rencontres virtuelles individuelles ou en sous-groupes ont été les deux actions les plus fréquemment effectuées pour transformer les activités pédagogiques en enseignement à distance.
  • Teams et Moodle ont été les principaux outils technologiques utilisés par les personnes répondantes pour leur enseignement et encadrement à distance. 
  • Pour les répondantes et répondants, l’examen écrit était la modalité d’évaluation la plus utilisée au moment de la transition et c’est celle qui a été la plus modifiée et la plus abandonnée. 
  • Le travail long a été la modalité d’évaluation la plus mise en place après le passage en enseignement à distance.
  • L’exercice évalué était la deuxième modalité d’évaluation la plus utilisée et elle a été la deuxième plus maintenue, la deuxième plus modifiée et la deuxième plus mise en place.
  • Les deux principaux défis rencontrés par les personnes enseignants pendant cette période ont été le décodage du langage non verbal chez les étudiantes et les étudiants et les interactions plus difficiles entre personnes étudiantes.
  • Parmi les solutions mises en œuvre pour surmonter les défis de la mise en place de modalités d’enseignement alternatives les plus utilisées par les enseignantes et enseignants, on retrouve…

    • un suivi aux personnes étudiantes en ayant besoin,
    • l’augmentation des échanges entre les personnes étudiantes lors de séances d’enseignements,
    • un travail personnel pour se documenter et
    • les formations offertes par le SSF.

  • En guise de mesures de soutien aux étudiantes et étudiants, l’envoi de courriels avec consignes a été la plus populaire.
  • Parmi les éléments facilitateurs sur lesquels les personnes enseignantes ont pu s’appuyer pour effectuer la transition on retrouve les échanges et la collaboration entre collègues, le soutien de la personne responsable de programme et les autoformations et tutoriels existants.
  • « Au niveau des besoins, le manque de soutien constitue l’élément le plus souvent relevé (n = 66). Les répondants indiquent avoir reçu du soutien, mais ils soulignent que ce besoin demeure pour la suite et ils indiquent aussi de manière plus précise leur besoin de formation au niveau pédagogique et technopédagogique en lien avec la formation à distance. » [notre emphase]
  • D’après plusieurs répondants (n= 48), notre université devrait retenir de cette situation la valeur ajoutée de la formation à distance dans une offre de formation. « …[P]lusieurs répondants indiquent désirer conserver certaines de ces transformations [effectuées au printemps pour passer à distance], qui sont à leurs yeux une valeur ajoutée pour le programme et pour les étudiants. Une offre de formation hybride est donc souhaitée par plusieurs d’entre eux (n = 40). »

La professeure Christine Hudon, vice-rectrice aux études, partage ses réactions aux résultats du questionnaire dans la vidéo qui accompagne cet article.

Les résultats complets du questionnaire peuvent être consultés ici [authentification requise]. 


Source

Gélinas, M., Moreau, I. et Tremblay, C., Questionnaires sur les modalités alternatives d’enseignement et d’apprentissage mises en place dans le contexte de la Covid-19 : présentation des résultats du questionnaire, Vice-rectorat aux études, Université de Sherbrooke, 16 juin 2020, 35 p.