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Photo : Pixabay

Au secours! Mon prof est un robot

Je dois le reconnaître : quand notre rédacteur en chef m’a annoncé que l’éditorial de ce numéro devait porter sur l’intelligence artificielle, je me suis senti habité d’une bêtise bien naturelle.

Qu’écrire qui n’ait pas été écrit, et par des personnes hautement plus qualifiées que moi? Quels liens faire avec la pédagogie, l’enseignement et, plus largement, l’Université?

Qu’exprimer qui ne soit pas positif? Qui sera contre ce robot qui décide par lui-même de sortir les poubelles? Mais que dire si ce même robot revient avec un petit chat, perdu et affamé, dont il a décidé l’adoption? Après tout, cet acte est dicté par une forme de compassion humaine qu’on lui aura implantée. Sauf que je ne veux pas de chat, que je n’ai jamais voulu de chat. Certes, à terme mon cyber-ami l’apprendra en décodant mes grimaces et en assimilant mes jurons, mais en attendant? Si encore il s’agissait d’un chat-robot ne nécessitant aucune croquette et, surtout, aucune litière!

Le lecteur qui a eu le courage de me suivre jusqu’à présent doit réellement se demander où je veux l’emmener, à moins que son intelligence naturelle l’ait guidé jusqu’au dénouement que je recherche : la place de l’intention.

S’il m’apparaît certain que nos professeures et professeurs, nos chargées et chargés de cours tireront le meilleur parti des avancées de l’intelligence artificielle dans la conception, l’élaboration, la diffusion et l’évaluation de leurs activités pédagogiques, il m’apparaît tout aussi important qu’ils conservent leur libre arbitre quant à la finalité de la formation. La plus grande importance devrait aussi être accordée aux modalités d’accompagnement de l’étudiante ou de l’étudiant – soit la relation de base de l'enseignement-apprentissage – pour ne pas façonner uniquement un professionnel performant, mais davantage former une personne qui se questionne et qui crée en fonction de ce questionnement.

Plus que jamais l’Université doit rester ancrée dans ses fondamentaux scientifiques et ses « humanités », réelles sources de pensée critique

Plus que jamais l’Université doit rester ancrée dans ses fondamentaux scientifiques et ses « humanités », réelles sources de pensée critique. Cela afin que les intelligences artificielles, fruits de ses diplômées et diplômés, permettent de bâtir des sociétés justes et équitables. Des sociétés peuplées de citoyens responsables et pour lesquelles l’environnement n’est pas qu’une source d’exploitation mais un milieu de vie (ce que l’intelligence purement humaine n’a pas encore vraiment réussi).

Vous l’aurez compris, ce numéro de votre Perspectives SSF porte, en partie, sur l'intelligence artificielle. Vous y trouverez aussi des articles pertinents sur l'utilisation de la réalité virtuelle en formation, diverses solutions de vidéocapture d'écran et des façons de donner de la rétroaction efficace... d’humain à humain! En boni, une définition de l'approche-programme, souvent évoquée, mais pas toujours bien comprise.

Bonne lecture!

Serge Allary
Directeur général
Service de soutien à la formation

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