Pratico-praTIC

Dynamisez vos corrections grâce à la vidéocapture d’écran

par Francheska Gaulin

La correction peut parfois être une tâche fastidieuse. Les nouvelles technologies peuvent cependant la transformer en un exercice plus gratifiant pour vous et plus significatif pour vos étudiants. Comment?

Grâce à la vidéocapture d’écran (Camtasia, Snagit, Jing, CamStudio, etc.), il est possible…

  • de saisir un devoir remis sous forme de fichier Word;
  • de le corriger à l’aide des outils intégrés à l’application de traitement de texte;
  • de l’accompagner d’un commentaire audio personnalisé;
  • de le compresser en fichier mpeg pour le retransmettre ensuite à l’étudiant par voie électronique, que ce soit par courriel ou sur Moodle.

Le tout dans un temps relativement semblable à celui que vous auriez pris pour une correction manuscrite « traditionnelle ».

Ce que la recherche en dit

Divers projets (Cabot et Lévesque 2014; Facchin, Brodeur et Guay 2016) mettent en évidence l’intérêt des nouvelles technologies lorsqu’elles sont appliquées à des tâches de rétroaction et d’évaluation.

Avec le projet Devoir+, une équipe de chercheuses, sous la direction de Stéphanie Facchin, chargée de projet au Cégep à distance, s’est penchée sur l’apport de la rétroaction pour l’apprentissage. Après avoir colligé des données probantes sur le sujet, l’équipe s’attarde maintenant à mesurer l’impact de la rétroaction technologique comparativement à la rétroaction « traditionnelle ».

Les résultats préliminaires sont encourageants :

  • 96 % des apprenants sont satisfaits des rétroactions technologiques reçues;
  • 90 % des apprenants sont favorables à ce genre de rétroaction.

Les étudiants apprécient davantage recevoir une correction en vidéocapture que de devoir lire des notes manuscrites sur une copie papier

De leur côté, Isabelle Cabot et Marie-Claude Lévesque ont étudié l’influence de la correction en audio-vidéo et démontré que cette pratique a un effet positif sur les apprenants qui y sont exposés, mais aussi sur les enseignants qui s’y adonnent.

Leur rapport de recherche fait ressortir…

  • une augmentation de la motivation et de l’engagement des étudiantes et étudiants en classe, qui perçoivent ce genre de correction comme technocool, plus personnelle et individualisée;
  • une amélioration des apprentissages des étudiants qui, lorsqu’ils visionnent leur correction, comprennent mieux leurs erreurs et sont plus aptes à transférer les commentaires reçus;
  • une réduction du nombre des demandes d’éclaircissements qui surviennent après la remise des travaux corrigés;
  • une réduction du temps que les enseignants accordent en rencontres individuelles pour expliquer les commentaires et les notes accordées;
  • un niveau supérieur de satisfaction et d’accomplissement chez les enseignants face à cette tâche.

Côté apprenant

Les résultats préliminaires de l’étude de Facchin confirment que les étudiantes et étudiants apprécient davantage recevoir une correction en vidéocapture que de devoir lire des notes manuscrites sur une copie papier. Une correction en vidéocapture d’écran fournit une expérience personnalisée à l’apprenant. Il y obtient des explications spécifiques, ce qui permet une meilleure compréhension des erreurs commises. Des résultats qui n’étonnent pas quand on sait que la génération des 18-34 ans fait déjà un usage régulier d’Internet (93,7 %) et qu’une grande majorité des activités passées en ligne de cette génération consiste à visionner des vidéos (86 %, selon les chiffres du Céfrio 2013).

Puisqu’elle élimine le besoin d’imprimer sur papier, la correction numérique conscientise aussi l’apprenant à des pratiques de développement durable.

Une correction en vidéocapture d’écran fournit une expérience personnalisée à l’apprenant

Côté enseignant

La vidéocapture permet de dynamiser l’exercice de correction parce que le formateur s’adresse directement à l’étudiant comme s’il était devant lui. Les informations transmises à l’étudiant s’en trouvent bonifiées. La vidéocapture permet à l’enseignant de joindre des explications spécifiques sur les points de vigilance, sur ce qui est maîtrisé, en cours de l’être ou en défaut, ainsi que sur le chemin qui reste à parcourir pour y arriver. On augmente également les occasions de transfert dans les travaux futurs. Une bonne partie des interprétations possibles ou mauvaises en lecture de notes manuscrites sont éliminées, ce qui diminue d’autant les demandes d’éclaircissement par la suite. Enfin, privilégier les outils numériques pour faire la correction facilite également l’archivage en cas de litige.

Voyez un exemple de simulation de correction en vidéocapture :

Cette capsule a été produite avec Camtasia, mais tout autre logiciel de vidéocapture d’écran que vous maîtrisez déjà fera l’affaire. Le commentaire audio a été enregistré avec un micro-casque relié à l’ordinateur et les facilités de Word en mode révision ont permis d’annoter le travail. L’ajout d’une tablette graphique avec stylet offrirait la possibilité de notes manuscrites, tout en conservant les avantages du numérique.

Sources

Cabot, Isabelle, Lévesque, Marie-Claude, Intégration des TIC et motivation en français, Rapport de recherche, 2014.

Leblanc, Dominic, « De bonnes pratiques pour la rétroaction à l’aide de la technologie », L’école branchée, 29 août 2016.

Facchin, Stéphanie, « Devoir+ : La rétroaction technologique a-t-elle un impact sur la réussite et la persévérance des apprenants? », Profweb, 1er septembre 2016, Projet Devoir+ sur la rétroaction technologique.

« La correction numérique », TacTIC Pédagogiques, Profweb, page consultée 18 septembre 2016.

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