Le SSF veille

Aux États-Unis, engouement pour la formation en ligne... qui souffre d’un déficit de crédibilité auprès des professeurs

Selon le rapport Learning on Demand: Online Education in the United States, 2009 de la Sloan Foundation, les inscriptions aux cours en ligne ont augmenté de 17 % de 2007 à 2008. Cependant, alors que le nombre de programmes et de cours en ligne augmente, le niveau de crédibilité accordé à cette modalité d’enseignement par le corps professoral plafonne à 33 % depuis 2002.

Désormais, un Américain sur quatre (4,6 millions) inscrit aux études supérieures (collèges et universités) suit au moins un cours en ligne. Parallèlement, les inscriptions aux cours en présentiel n’ont augmenté que de 1,2 % dans les 2500 institutions postsecondaires recensées par l’étude.

D’après Elaine Allen, l’une des auteures de Learning on Demand, le difficile contexte économique américain explique en partie ces augmentations, alors que les travailleurs cherchent à bonifier leurs compétences à la suite ou en prévision d’une perte d’emploi.

Dans un contexte de baisse démographique où l’effectif étudiant traditionnel diminue, d’aucuns voient la formation continue comme une planche de salut pour les collèges et les universités. Or, désormais la formation continue se donne beaucoup par Internet.

Le blogueur Tony Bates, spécialisé dans la formation en ligne, cite un autre rapport de la firme Eduventures qui démontre que la formation aux 25 ans et plus s’effectue déjà en ligne à 24 %. On estime que, d’ici 2014, la popularité du cyberapprentissage pourrait augmenter jusqu’à 40 % chez ce groupe d’étudiantes et d’étudiants.

Toutefois, Bates rappelle que plus de la moitié (55 %) des institutions américaines qui décernent des diplômes n’ont aucune offre de formation qui soit entièrement en ligne. Selon lui, cela serait attribuable tant à la volonté de rentabiliser les installations physiques des campus qu’aux résistances des professeures et professeurs de ces établissements.

En effet, d’après les cadres universitaires interrogés pour Learning on Demand, 60 % du corps professoral des institutions publiques et sans but lucratif américaines se dit neutre ou n’accepte pas la valeur et la légitimité de la formation en ligne. La proportion des cadres qui rapportent que les professeurs de leur institution reconnaissent la formation en ligne varie d’une faculté ou d’une école à l’autre, mais n’atteint jamais la majorité.

Attendu que l’étude n’a pas interrogé directement les professeurs, mais qu’elle s’est plutôt basée sur les perceptions d’academic officers, il appert tout de même judicieux d’inclure un volet de sensibilisation des enseignants à toute initiative visant à bonifier l’offre de formation en ligne d’un programme ou d’une faculté.