Tour des facultés : retour d’expériences et conseils

Faculté de droit : sauver l’École d’été / se remettre en question

En mars dernier, Valériane Thool, chargée de cours à forfait au programme de maîtrise en droit international et politique internationale appliquée, était à mettre la dernière main à l’organisation de l’École d’été en droit international appliqué (DRT749). Cette activité pédagogique intensive a eu lieu virtuellement et a réussi à réunir tout de même près de 100 étudiants du 4 au 8 mai 2020.  Dix-sept conférencières et conférenciers sont intervenus sur le genre et le droit international et ce, totalement en webconférence. Pour ce faire, il a évidemment fallu non seulement s’assurer que les conférenciers et conférencières acceptaient de passer d’un modèle de formation en présentiel à un modèle de formation en ligne mais également réorganiser le contenu puisque ces intervenants étaient localisés dans plusieurs fuseaux horaires différents.

Valériane Thool

Pour contrer l’inquiétude à l’effet que Microsoft Teams pourrait ne pas supporter une centaine de participants, la conseillère pédagogique Marianne Dubé a suggéré l’utilisation de la webconférence plutôt que le mode webinaire (aussi appelé « évènement en direct ») de Microsoft Teams, deux modalités synchrones apparentées mais distinctes. Ce conseil s’est avéré judicieux considérant la lourdeur technique du mode webinaire qui requiert l’authentification par CIP et le soutien d’un technicien-producteur à l’aiguillage.

Il a aussi fallu effectuer des tests sur Teams avec tous les intervenants, de manière à s’assurer de la bonne maitrise de la plateforme par tout le monde. Mme Thool pense notamment à celles et ceux qui n’avaient pas accès à la version de Teams intégrée la suite Microsoft 365 et qui ont dû télécharger une application Web et être contactés par l’équipe de l’école d’été afin de se joindre aux discussions.

« Nous avons dû être totalement préparés afin de communiquer au mieux sur les modalités d’enseignement, sur la manière de poser les questions et sur les modalités d’évaluation. Il fallait nous assurer que l’enseignement en ligne répondait aux objectifs pédagogiques de l’école d’été », explique Mme Thool.


L’automne prochain, comme depuis sept ans, le chargé de cours Jonathan Kuntz offrira le cours DRT756 Politique de la santé à la maîtrise en droit et politique de la santé. Sauf que, cette fois-ci, le cours s’offrira à distance. Il admet d’emblée qu’il n’a pas de connaissances en pédagogie à distance ou numérique. «J'ai réalisé que l'enseignement à distance est en réalité un nouveau véhicule de communication.» 

Jonathan Kuntz

Il a donc travaillé avec la conseillère pédagogique Constance Denis, qui lui a permis d’apprivoiser ce véhicule et qui lui a aussi présenté des outils et des réflexions issues des sciences de l'éducation. Devoir expliquer l’organisation de son cours à quelqu'un qui avait du recul sur la matière lui aura permis de s’interroger sur ses choix pédagogiques. 

« Je pensais que mon principal défi était lié à la compréhension et à l'acquisition de nouvelles méthodes pédagogiques. En réalité, l’enjeu était de déconstruire tout mon enseignement. Il fallait revoir les objectifs pédagogiques et m'assurer que les cours, les lectures et les évaluations proposées répondent aux objectifs tant dans la forme que dans le fond. À la fin de chaque cours, je faisais un bilan afin de bonifier mon cours pour la prochaine année. Là, j'ai appris à lutter contre mes habitudes pédagogiques et à me remettre en question sur ma manière d'enseigner », explique-t-il.