Le SSF veille

Table ronde sur l’enseignement aux natifs numériques : de l’intelligence à profusion!

Dans le cadre des activités découlant de sa veille, le Service de soutien à la formation a présenté le film «Digital Nation – Life on the Virtual Frontier», un documentaire de l’émission Frontline de la chaîne américaine PBS sur les étudiants qui vivent branchés sur le numérique.

Le visionnement du film a été suivi d’une table ronde sur l’enseignement à cette génération qu’on qualifie de numérique et de «multitâche» et dont on sent que les comportements et les valeurs auront des impacts, s’ils n’en ont pas déjà, sur la prestation de l’enseignement et le rôle de l’enseignant.

Cette table ronde réunissait Denis Bélisle, professeur au Département des lettres et communications de la Faculté des lettres et sciences humaines; Sylvain Bérubé, chargé de cours à la Faculté des sciences et à la Faculté d’éducation; Christelle Lison, professeure au Département de pédagogie de la Faculté d'éducation; Lauran Ayotte, étudiant à la maîtrise en philosophie, vice-président aux affaires académiques du REMDUS. L’animation avait été confiée à Christian Barrette, enseignant retraité du collégial et chargé de cours au secteur PERFORMA de la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke.

Rapport d'étonnement

Sonia Morin, coordonnatrice au Service de soutien à la formation, a accepté de livrer ses impressions de l’activité sous la forme d’un rapport d’étonnement.

«D’emblée, je dois dire que ce qui m’a le plus frappée dans toute la discussion, c’est l’intelligence des propos des personnes assises à la table. Une intelligence faite d’ouverture, de curiosité, de relativité, de distance. Pas de préjugés, pas de craintes, pas d’émotivité ou de réactions à l’emporte-pièce. Est-ce le fait que leurs propos étaient marqués au coin d’une attitude posée, critique et confiante à la fois dans les qualités de cette génération branchée de faire face aux réalités de notre société et du marché du travail, dans les capacités des enseignants à combler leurs lacunes et à recadrer certaines errances, ainsi que dans la capacité sociétale d’autorégulation visant l’intégration des nouvelles réalités dans son fonctionnement?

«J’ai retenu que le numérique a rendus évidents et, dans certains cas, a amplifié des comportements qui existaient auparavant, comme le fait de ne pas écouter en classe. Ainsi, il serait faux de croire qu’avant l’avènement du numérique en classe, le professeur avait toute l’attention de ses étudiants.

«En réalité, quelles sont les tâches qui demandent réellement toute notre attention ou une attention soutenue? Et qu’en est-il une fois sur le marché du travail? Les emplois d’aujourd’hui n’exigent-ils pas pour la majorité d’être capables de faire plus d’une chose à la fois et avec des outils numériques?

«J’ai retenu que le rôle de l’enseignant est appelé à changer, car en matière d’habiletés numériques, dont celle de trouver l’information, les étudiantes et étudiants en savent plus que les enseignants. Il s’ensuit que les étudiants apprécient de moins en moins de recevoir du contenu de la part de leurs enseignants. Et qu’ont-ils réellement besoin de savoir alors qu’il est possible de trouver à peu près tout au bout de quelques clics de souris?

«J’ai retenu que la durée de vie d’un savoir est à l’heure actuelle de sept ans (Mme Lison)! Si le contenu passe, que reste-t-il à faire apprendre? Apprendre à apprendre? Apprendre à chercher? Apprendre à discriminer? Selon M. Bélisle, il est important de discriminer information, connaissance (le savoir) et connaissances (individuelles). La diffusion de l’information et sa grande accessibilité ne suffisent pas. Encore faut-il organiser cette information, la structurer en connaissances.

«Tout tourne autour de l’identification des apprentissages à faire faire aux étudiants dans ce monde numérique dans lequel nous vivons, nous étudions, nous travaillons, des apprentissages qui leur permettront de s’insérer avec succès sur le marché du travail et d’agir comme des citoyens responsables.

«Je voudrais remercier les participants à la table ronde pour un beau moment de réflexion.»

La rencontre a par ailleurs fait l’objet d’un reportage à la Première chaîne de Radio-Canada que l’on pourra consulter en suivant le lien ci-dessous.

Documentaire original

Dretzin, Rachel, «Digital Nation: Life on the Virtual Frontier», émission Frontline, PBS/WGBH Educational Foundation (diffusé le 2 février 2010).

Archive vidéo de la table ronde [site du Carrefour de l’information]

Service de soutien à la formation, Les étudiants natifs numériques : trop branchés pour apprendre?, Université de Sherbrooke, 9 novembre 2010.

Reportage à la Première chaîne de Radio-Canada

Tremblay, Janic, «La classe des twits», émission Les années lumière, 14 novembre 2010, Radio-Canada.


Prochaine activité publique liée à la veille du SSF

Conférence sur les jeunes issus du Renouveau pédagogique au secondaire

Les élèves de la dernière réforme du système scolaire québécois, appelée Renouveau pédagogique, sont entrés dans les cégeps l’automne dernier et bientôt certains d’entre eux seront les étudiants de notre université.

Le Service de soutien à la formation organise une conférence de Simon Larose (Université Laval) le mercredi 26 janvier, de 12 h à 13 h 30, à l’Agora du Carrefour de l’information.