Mieux comprendre l’apprentissage expérientiel

Par Jean-Sébastien Dubé

Qu’ont en commun les stages coopératifs, les simulations des débats des Nations-Unis auxquels participe l’École de politique appliquée, les différentes cliniques-écoles répertoriées sur le nouveau portail ApprendreAvecVous.ca, le récent Programme d’intervention dans la communauté (PIC) ou la salle des marchés de l’École de gestion, les simulations menées au Centre PRACCISS de la FMSS, les procès simulés de la Faculté de droit, l’apprentissage par projets à la Faculté de génie, même le travail dans les laboratoires d’enseignement à la Faculté des sciences, etc.?

Pour toutes ces activités pédagogiques, on peut parler d’apprentissage expérientiel. D’après Legendre (2007), « [l]’apprentissage expérientiel est un modèle d’apprentissage préconisant la participation à des activités se situant dans des contextes les plus rapprochés possibles des connaissances à acquérir, des habiletés à développer et des attitudes à former ou à changer.»

On peut penser que la qualité des expériences vécues et de la réflexion qu’elles susciteront seront déterminantes pour s’assurer d’apprentissages riches. La professeure de psychologie Lucie Mandeville a identifié, dès 1998, des clés afin qu’une expérience soit source de développement pour une apprenante ou un apprenant,  Ainsi, l’expérience doit :

  1. s’inscrire en continuité transactionnelle avec l’environnement, c'est-à-dire que la personne a un impact sur l’environnement et que l’environnement a un impact sur la personne; l’expérience devient alors indissociable du cheminement personnel de l’individu;
  2. constituer événement signifiant qui trouve résonance chez la personne en lui offrant notamment un défi à relever;
  3. exiger un engagement qui suppose un degré élevé d’investissement, de participation et de responsabilisation;
  4. être soutenue par une relation significative d’assistance où une personne-ressource « agit davantage comme un facilitateur que comme un expert »;
  5. s’appuyer sur l’autoréflexion permettant à la personne de donner sens à l’expérience;
  6. être renforcée par la reconnaissance de l’accomplissement;
  7. constituer une occasion d’actualisation où la personne découvre ses propres ressources et se transforme;
  8. contribuer au développement de métacompétences comme le fait de « comprendre par l’expérience » (en l’ayant vécu par soi-même) et « d’apprendre à apprendre ».

Dans les mois qui viennent, des membres de la cellule de veille du Service de soutien à la formation se pencheront sur ce modèle d’apprentissage universitaire et partageront évidemment leurs découvertes avec vous.


Sources

Renald Legendre (2007), Dictionnaire actuel de l'éducation - 3e édition, coll. Le défi éducatif, Guérin éditeur ltée.

Mandeville, Lucie, « Les clés de l’expérience : un modèle d’apprentissage expérientiel pour la formation et l’intervention en psychologie des relations humaines », Interactions, vol.2 no.2, automne 1998, pp. 285-308

Mandeville, Lucie (2000), « Une expérience d’apprentissage significatif pour l’étudiant » (chapitre 7), in Béchard, Denis et Jean-Pierre Béchard (dir.), Innover dans l’enseignement supérieur, PUF, pp. 125-139

Mandeville, Lucie (2004), « Pour que formation la formation rejoigne la pratique », in Mandeville, Lucie (dir.), Apprendre autrement; pourquoi et comment, PUQ, pp. 7-59.