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Quel malheur! Quel malheur! D’avoir un collègue bricoleur!

Certains verront dans le titre de cet éditorial la paraphrase d’une veille chanson française dans laquelle une épouse se lamentait des talents de bricoleur de son mari. Pourquoi une telle idée?

Tout dernièrement étaient relayés sur notre blogue L’Éveilleur les propos de Françoise Cros, professeure des Universités en Sciences de l’éducation à l’Université de Paris V. Madame Cros n’hésite pas à dire tout haut que l’innovation pédagogique est « fondamentalement un bricolage ». Pour elle, l’innovateur sort des sentiers battus, voire s’éloigne de certaines balises institutionnelles. Ce bricolage peut être vécu comme embarrassant, peut-être contrariant pour certaines institutions. La professeure Cros va même plus loin en affirmant que l’innovation trop encadrée, trop canalisée perd beaucoup de force.

Qu’en est-il vraiment? Peut-on orienter l’innovation? Peut-on baliser son développement? J’ai l’impression que l’institution doit donner une orientation à l’innovation de façon à ce que celle-ci profite à son « identité », pour que collègues et étudiantes et étudiants se reconnaissent dans ces nouvelles façons de faire. J’ai aussi le sentiment qu’un soutien pédagogique devrait accompagner le projet d’innovation de l’enseignante ou de l’enseignant. En somme donner la possibilité d’un bricolage orienté et assisté, tout en laissant une forte latitude à l’innovateur afin de satisfaire à la fois son besoin de « sortir du cadre » et de mettre « la main dans la pâte ».

Mais peut-être que je suis dans l’erreur, peut-être faut-il au contraire laisser libre cours à l’imagination du bricoleur et faire entièrement confiance en son jugement quant à ce qui est faisable et applicable?

Chose sûre, un moment privilégié pour s’inspirer quant à l’innovation pédagogique, c’est le Mois de la pédagogie universitaire, qui sera bientôt de retour, en avril prochain.

Et vous, qu’en pensez-vous? Innovateur guidé ou innovateur « libre bricoleur »? Où vous situez-vous?

Bonne lecture,

Serge Allary
Directeur général
Service de soutien à la formation

Perspectives SSF, février 2016