Les hormones et l’apprentissage

Par Sonia Morin

Quand je parle de compétences, j’englobe le terme d’appétences, non dans le sens d’un pré requis motivationnel mais dans celui d’une conséquence liée au développement des compétences en jeu. Autrement dit, le plaisir de lire et celui d’écrire ne sont pas des pré-donnés mais des résultantes, des sortes d’endomorphines cognitives (notre emphase).

Lebrun, 2020

C’est en lisant l’extrait ci-dessus que nous avons perçu des liens se faire entre hormones, apprentissage, bien-être étudiant (student wellness), stress et anxiété. On le sait, les hormones influencent notre comportement, nos humeurs, notre taux d’énergie et, conséquemment, nos vies, notre travail, nos études et, forcément, nos apprentissages.

Petit rappel, non scientifique, de quelques hormones et de leurs effets

La dopamine : hormone de la réussite et de la récompense

La dopamine a un double rôle. Non seulement elle provoque une sensation agréable grâce à la libération d’énergie, mais elle permet aussi de stocker l’information qui mène de nouveau à cette sensation agréable dans le futur.  C’est l’espoir d’une récompense qui est à l’origine de la libération de dopamine dans le cadre d’un mécanisme “je cherche-je trouve”. (Loretta Breuning, rapportée par Jambon, sans date)

Les endorphines : hormones liées à des sensations corporelles, dont celle du bien-être qui survient après un effort

La quantité d'endorphines continue à être très élevée 45 minutes après un effort physique de 30 minutes environ. Etudier après un effort physique modéré – on doit être capable de parler pendant l'effort - est donc une très bonne idée pour associer étude et plaisir, comme pour stimuler les capacités cognitives. (Roulois, 2010)

Le cortisol : hormone liée au stress

  • Le cortisol, à l’inverse de la dopamine, est l’hormone qui gèle notre cerveau mais active nos muscles. C’est en quelque sorte ce qui nous permet d’avoir un instinct de survie : lorsqu’un danger se présente devant nous, notre corps produit du cortisol et empêche notre cerveau de penser. (Dubuisson, 2020)
  • Si le stressrend performant et améliore la cognition et l’apprentissage, au-delà d’un certain niveau, il produit l’effet inverse.  En effet, trop de stress génère un excès de cortisol, ce qui paralyse l’hippocampe, siège de la mémorisation à long terme.
  • On peut supposer que le taux de cortisol chez les étudiantes et étudiants est élevé ces temps-ci avec le stress, l’anxiété, voire la détresse, qu’ont entraînés les conditions d’études à distance imposées par la pandémie.

Au détour de cette très sommaire recherche documentaire sur les hormones et l’apprentissage, on a entrevu tout l’univers des neurosciences, des neurosciences cognitives, de la neuropédagogie.  L’étude de la chimie du cerveau et de la plasticité du cerveau favorise l’émergence de nouveaux champs d’expertise qui apporteront certainement un nouvel éclairage sur ce qui influence l’apprentissage. Notamment l’influence des hormones.


Sources

Lebrun, M.  Le carnet réflexif partagé : un espace d’écriture heuristique. Ripes, 36(2) | 2020.

Dubuisson, M. Dopamine, sérotonine, endorphine, ... Ces hormones dans le viseur du marketing et des employeurs. RTBF.be. 12 octobre 2020.

Jambon, C.  Les 4 hormones du “bonheur” : leurs effets et des actions pour les déclencher. Apprendre à éduquer (Site WEB). Pas de date; consulté le 27 novembre 2020.

Campetto, M.  Neurosciences et apprentissage par Marine CampedelSynthèse personnelle d’une présentation par Marine Campedel.  2017.

Belleau, J.  Hormones et apprentissagesNeuropédagogie (blog).  21 mars 2015.

Langis, N.  Neurosciences : mieux connaître le fonctionnement du cerveau. Revue RH, volume 20, numéro 4, novembre/décembre 2017.

Roulois, P.  Les bases en neuropédagogie et neuroéducation. Neuropédagogie.com (blog).  5 mars 2010

Parasumaran, R., Tippelt, R. et Hellwig, L.  Cerveau, cognition et apprentissage à l’âge adulte. Article C de « Comprendre le cerveau : naissance d’une science de l’apprentissage », OCDE.  2007.