La baladodiffusion : pédagogie réconfortante?

Pour mon éditorial, j’étais tenté de parler de l’anxiété, car les personnes enseignantes sont plus que jamais confrontées à des étudiantes et des étudiants anxieux. Même s’il est ardu d’agir sur la genèse de leur anxiété, serait-il possible, par des actions simples, de contribuer à réduire le nombre de situations ayant un potentiel anxiogène? Par exemple, une planification de cours claire et suffisamment détaillée qui permet d’éviter toute forme d’ambiguïté, des communications régulières pour garder le cap ou ajuster la trajectoire, des attentes précises tant au niveau des tâches à réaliser que de l’évaluation auraient pour effet d’éviter que les personnes étudiantes élaborent des scénarios catastrophes dans leur esprit. Le reste leur appartient bien-sûr.

Lorsqu’on m’a présenté le thème principal du présent Perspectives SSF, la baladodiffusion, je me suis fait la réflexion suivante : « Tiens, il y a ici quelque chose d’intéressant quant aux choix pédagogiques que pourrait faire une personne enseignante compte tenu des circonstances pandémiques que l’on connait. » La baladodiffusion pourrait-elle être une option pour varier ou adapter sa pratique, tant au niveau de la façon de diffuser du contenu que de la communication de consignes pour une tâche ou pour donner de la rétroaction sur une production étudiante? Un fichier balado constituerait-il une porte qui mène à l’apprentissage? À cet effet, le plaisir de raconter une histoire n’a d’égal que celui d’écouter le récit transmis par une voix feutrée et réconfortante. Cette dernière a un effet apaisant qui permet de rejoindre plus directement la personne et d’atteindre sa conscience alors plus réceptive aux messages que nous souhaitons lui transmettre. Il y a évidemment des enjeux techniques pour que la baladodiffusion soit réussie, mais le SSF est présent pour vous!

De plus, être confiné à la maison est une chose, mais être rivé devant son écran pour le travail, les loisirs et les études a quand même bien ses limites. La baladodiffusion a un avantage paradoxal : alors qu’il est généralement conseillé d’agir en pleine conscience en dirigeant son attention sur une priorité à la fois, elle permet à la personne étudiante de faire deux choses en même temps, soit d’apprendre en mobilité. Par exemple, elle pourrait écouter un fichier dans l’autobus, dans la voiture ou, encore mieux, en bougeant. Pourquoi pas faire connaissance avec Descartes en marchant ou en en joggant! Il semble plus favorable de secréter de l’endorphine plutôt que de l’adrénaline ou du cortisol propres à l’anxiété. L’apprentissage actif prendrait-il un nouveau sens?

Stéphane Roux, directeur général
Service de soutien à la formation