Les débats de l'À propos

L’intelligence artificielle remplacera-t-elle les enseignants?

L’éditorial de Serge Allary du mois d’octobre 2017 laisse plusieurs questions en suspend : les professeures et professeurs, les chargées et chargés de cours sauront-ils vraiment tirer « le meilleur parti des avancées de l’intelligence artificielle dans la conception, l’élaboration, la diffusion et l’évaluation de leurs activités pédagogiques »? Quelles balises faudra-t-il mettre en place pour que des enseignants humains « conservent leur libre arbitre quant à la finalité de la formation »? Qui verra à ce que « l’Université […] [reste] ancrée dans ses fondamentaux scientifiques et ses "humanités", réelles sources de pensée critique »? Comment s’assurer « que les intelligences artificielles […] permettent de bâtir des sociétés justes et équitables »? Nous avons demandé à deux professeurs de tenter certaines réponses…


François Claveau est professeur au Département de philosophie et d’éthique appliquée de la Faculté des lettres et sciences humaines. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épistémologie pratique depuis août 2015. Il a obtenu un doctorat en philosophie de l’Erasmus Universiteit Rotterdam en 2012. Riche d’un parcours multidisciplinaire (philosophie, science politique, économie, STS [Science, technologie et société]), il se spécialise en philosophie des sciences sociales. Ce parcours a été guidé par sa fascination pour les discours des sciences sociales, tout particulièrement celui de l’économie, sur la place publique. François Claveau est membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie de l’UQAM et du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal. Il a codirigé avec Julien Prudhomme Experts, Sciences et Sociétés, à paraître aux Presses de l'Université de Montréal.


André Mayers est professeur au Département d’informatique de la Faculté des sciences et chercheur principal du groupe ASTUS (Apprentissage par Système Tutoriel de l'Université de Sherbrooke). Il est titulaire d’une maîtrise en psychologie et d’un doctorat en informatique. Il s’intéresse à l’ingénierie pédagogique et à la modélisation cognitive de l’expert, de l’apprenant, et de leurs interactions. Ses recherches sur les systèmes tutoriels intelligents se retrouvent à l'intersection de l'intelligence artificielle, de la psychologie cognitive et des sciences de l'éducation. André Mayers étudie plus particulièrement la modélisation des processus cognitifs, la conception des modèles de l'usager et leur intégration dans les systèmes intelligents. Ses principaux défis sont ceux de la modélisation des connaissances dans un format qui sera approprié pour l'enseignement, la conception de systèmes capables de choisir et d'appliquer des stratégies pédagogiques, l'inférence des connaissances des buts et des connaissances de l'apprenant à partir de ses actions dans l'environnement d'apprentissage.

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