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Photo : Ariane-Rose Taylor-Stanley

Vers une économie plus responsable grâce aux Z?

par Véronique Bisaillon

À partir du portrait que des firmes de marketing et de gestion des ressources humaines en dessinent, la génération Z serait-elle celle qui saura prendre à bras-le-corps les défis de justice sociale et de la réconciliation écologie-économie?

Les Z seraient très informés et sensibles aux enjeux sociaux et environnementaux. Ils valorisent l’égalité entre les sexes, symbolisée par le plaidoyer de l’actrice Emma Watson à l’ONU (Randstad). Selon l’enquête de Sparks & Honey :

  • 80 % se disent informés de l’impact de l’humain sur la planète;
  • 78 % se sentent concernés par la faim dans le monde;
  • 76 % se sentent concernés par l’impact de l’humain sur la planète;
  • Ils accordent une valeur importante à la diversité, ils n’ont jamais été si nombreux à être issus de mariages interraciaux.

Plus engagés, ils valorisent la responsabilité sociale :

  • 60 % d’entre eux voudraient un emploi avec un impact social (comparativement à 31 % de la génération Y) (Sparks & Honey);
  • 87 % croient important que l’organisation pour laquelle ils travaillent redonne à la communauté (Randstad);
  • 26 % des Américains de 16 à 19 ans feraient du bénévolat (Sparks & Honey).

Ils sont attirés par l’entrepreneuriat :

  • 72 % des élèves du secondaire veulent un jour démarrer leur entreprise (comparativement à 64 % des étudiants des collèges);
  • 61 % des élèves du secondaire veulent être leur propre employeur (comparativement à 43 % des étudiants des collèges).

Certains observateurs anticipent que les Z réussiront la transition vers une économie verte (green economic revolution) en utilisant leur pouvoir d’achat comme moyen d’action politique.

Une génération déconnectée de son environnement?

Alors que la génération Z est la plus connectée, elle semble également s’inscrire dans une tendance selon laquelle les enfants sont de plus en plus déconnectés de la nature, comme l’a mis en lumière Richard Louv dans son ouvrage Last Child in the Woods paru en 2005. Au-delà des conséquences que ce « déficit de nature » serait susceptible d’avoir sur le développement des enfants, on peut se questionner sur les capacités de la génération Z et des suivantes à réconcilier environnement et économie si elles ont moins eu l’occasion de vivre des expériences en nature et de développer un attachement envers celle-ci.

Des pistes pour adapter son enseignement aux prochaines générations?

Compte tenu de ce qui précède, on peut croire que des approches pédagogiques plus actives et centrées sur l’apprenant sont susceptibles de bien correspondre aux caractéristiques des prochaines générations. Et ce particulièrement si elles leur permettent de contribuer à des résultats concrets sur le plan social. Par exemple, des travaux qui mettent à contribution leur sens de l’entrepreneuriat et leur permettent de le développer. On peut penser ici à l’apprentissage par le service à la collectivité. De façon complémentaire, la nature et le milieu de vie au sens plus large offrent des occasions concrètes d’agir en apprenant.

Références

Kingston, Anne, « Get ready for Generation Z », Maclean’s, 15 juillet 2014.

Louv, Richard, Last Child In The Woods: Saving Our Children From Nature-deficit Disorder, Chapel Hill, NC, Algonquin Books Of Chapel Hill, 2005.

Schmooker, Olivier, « Tout, absolument tout, sur la génération Z! », Les affaires, 2 mars 2015.

Randstad, De Y a Z, le guide sur la prochaine génération d’employés.

Roth, Bill, « How Generation Z Will Make CSR a Business Norm », Triple Pundit: People, Planet, Profit, 3 novembre 2015.

Sparks & Honey, « Meet Generation Z: Forget Everything You Learned About Millennials », Slideshare, 17 juin 2014.

Perspectives SSF, décembre 2015