Vivent les ressources libres !

Dans ce nouveau numéro de Perspectives SSF, vous trouverez plusieurs articles aussi variés qu’intéressants. Parmi ceux-ci, il y en a deux qui me tiennent particulièrement à cœur, celui sur « la Fabrique » et celui sur les ressources éducatives libres (REL), open educational resources en anglais (OER).

Les REL comprennent aussi bien du matériel académique que du matériel pédagogique pour le personnel enseignant et se matérialisent sous des formes très variées : « Les ressources éducatives libres comptent des cours dans leur intégralité, du matériel didactique, des modules, des recueils de textes, des vidéos, des tests, des logiciels et tous autres outils, matériaux ou techniques utilisés pour soutenir l’accès au savoir. » [traduction libre, Fondation Hewlett].

Issues du mouvement de l’éducation ouverte (open education), ces ressources sont en quasi-totalité numériques (ressources éducatives numériques (REN)), mais leur particularité consiste dans les fonctions qui leur sont associées, souvent intitulées les 5R : retenir ou conserver (retain), réutiliser (reuse), réviser ou adapter (revise), remixer ou combiner (remix) et redistribuer (redistribute).

Si j’indiquais en introduction que les REL me tiennent particulièrement à cœur, c’est pour les principes sur lesquels elles reposent. J’en citerai trois.

Le premier, la connaissance considérée comme un bien public, renvoie, tout en conservant le droit moral de l’auteur, à la possibilité pour tout un chacun d’accéder à une éducation de qualité, source de développement, de progrès social et défense essentielle de nos démocraties.

Le second, un accès plus grand aux études, relève de l’économie réalisée sur le matériel d’apprentissage qui permet à un plus grand nombre, notamment dans les pays où les populations ne bénéficient pas d’un pouvoir d’achat décent, d’accéder à l’éducation. D'accéder, pour ce qui nous occupe plus particulièrement, à l’enseignement supérieur. Selon le site de eCampus Ontario c’est près de 5 300 000$ qu’ont économisés les étudiantes et les étudiants ontariens grâce aux 328 ressources disponibles dans la librairie du site.

Le troisième que je nommerais le principe de collaboration fait référence au travail coopératif du personnel enseignant que ce soit dans l’utilisation d’un matériel créé par un ou une collègue ou l’enrichissement apporté et la redistribution faite pour le plus grand profit de tous. Cette collaboration, comme le soulevait Fred Mulder, ancien recteur de la Open University of the Netherlands, lors d’une conférence prononcée à la TÉLUQ en 2011, permet à la personne enseignante de consacrer plus de temps et d’efforts pour l’apprentissage de ses étudiantes et étudiants en raison de l’épargne réalisée sur la production de contenus.

J’espère que ces quelques lignes déclencheront chez vous le même attrait que je ressens pour les REL en commençant par l’article qui leur est destiné dans ce numéro sans vous distraire de l’attention à porter sur ceux qui touchent l’utilisation de récits en enseignement, l’intégrité dans l’alignement pédagogique, les mesures d’évaluation inclusives, la plateforme vidéo Panopto, le Studio de création, l’utilisation des données étudiantes, etc.

Bonne lecture !

Serge Allary, directeur général
Service de soutien à la formation