Maitrises et doctorats, une valse à quatre temps

Il fut un temps où les choses pouvaient paraitre simples: le baccalauréat permettait l’accès à une profession, la maitrise était la porte d’entrée vers la recherche et le doctorat son premier espace de réalisation. Les « docteurs » devenaient en majorité professeurs d’université. Tout allait au mieux dans le meilleur des mondes. Enfin du moins sous cet angle de catégorisation!

Sont arrivées les maitrises professionnelles et, plus récemment, les doctorats professionnels, sans compter les programmes de plus courte durée relevant du 2e ou 3e cycle, microprogrammes et diplômes jetant un flou et une certaine compétition dans cet ordre si bien établi.

Les postes d’enseignants à l’Université n’ont pas suivi la progression des effectifs aux études doctorales et aujourd’hui ce n’est plus qu’une diplômée ou un diplômé du doctorat sur quatre qui pourra accéder à une carrière universitaire.

Une réponse à ce dernier état de fait réside dans la prise en compte de compétences transversales et transférables dans un autre milieu que celui de l’université. Une façon de « professionnaliser » les doctorats de type recherche.

Ajoute-t-on un flou au flou ? Quelle différence, à terme, existera-t-il entre le doctorat professionnel et le Ph.D. ? On pourrait poser la même question pour les maitrises : professionnelles ou recherche?

Devrait-on consolider les doctorats recherche en les professionnalisant vers le métier de chercheur ou d’enseignant quitte à limiter le nombre d’inscriptions ? En y insérant davantage d’activités pour le développement de compétences pédagogiques? Ou continuer d’essayer de les orienter vers une foule de possibilités professionnelles ? D’ailleurs quels seraient les profils de sortie de ces derniers ?

Ce numéro de Perspectives SSF porte justement sur les tendances et les mutations qui traversent les études supérieures aujourd’hui, comme mentionné ci-haut : les nouveaux programmes de recherche associés aux milieux de pratique, la présence de plus en plus grande de maitrises professionnelles, l’émergence de doctorats professionnels; mais aussi la persévérance, la durée des études et bien d’autres…

Autant de questions et de propositions de réponses qui bousculent la manière de voir et de projeter dans le futur les cycles supérieurs.

Bonne lecture !

Serge Allary, directeur général
Service de soutien à la formation