Avec classe

Photo : Université de Sherbrooke

Aider les étudiants à s’aider eux-mêmes

par Lucie Gagnon

Lorsque les étudiants arrivent à l’université, les enseignants tiennent souvent pour acquis qu’ils sont adultes et donc autonomes. Pourtant, au fil des jours, les enseignants ne peuvent s’empêcher de se plaindre des absences répétées de certains, du manque de préparation, du peu de fréquentation des heures de bureau et autres comportements qui ne semblent pas typiques d’un adulte « responsable ».

Certes, le professeur a le choix de laisser aller ces comportements afin que les étudiants en récoltent les conséquences. Mais il peut aussi choisir d’aider les étudiants à s’aider eux-mêmes…

En encadrant leur choix d’un mode d’étude

Discuter ouvertement de leur choix d’un mode d’étude avec les étudiantes et étudiants peut s’avérer bénéfique pour tous. Le professeur peut demander à certains étudiants de partager leur façon d’intégrer ce qui a été vu et pratiqué en classe : résolution de problèmes, lectures additionnelles, étude en petit groupe, stratégies « gagnantes », etc. Il peut ensuite proposer des façons de faire qui inspirent les étudiants et les préparent mieux à développer les habiletés visées.

En facilitant l’utilisation des heures de bureau

Quelles que soient les heures de bureau prévues par le professeur, plusieurs étudiants ne sont jamais au rendez-vous. Cela peut être dû à de la gêne, à de la peur ou à une incapacité qu’ont certains étudiants à percevoir leurs difficultés. Pourquoi ne pas proposer des rencontres thématiques en petits groupes sur des sujets plus problématiques? Le fait d’être en groupe permettra aux étudiantes et étudiants craintifs de se sentir plus à l’aise. On peut aussi varier les lieux de rencontre, comme en donnant rendez-vous dans un endroit relativement calme que les étudiants ont l’habitude de fréquenter.

Discuter ouvertement de leur choix d’un mode d’étude avec les étudiantes et étudiants peut s’avérer bénéfique pour tous

En renforçant la présence en classe

Un étudiant qui s’absente devrait s’informer auprès de ses condisciples de ce qu’il a manqué. Il lui sera plus facile de reprendre les notes d’un autre étudiant si le professeur a donné son cours sous forme magistrale. Cependant, si le professeur a introduit des segments plus actifs (discussions, jeu de rôle, etc.), il sera plus difficile pour l’étudiant de se mettre à jour. Le professeur qui juge que la présence en classe est essentielle au développement des habiletés peut accorder certains points pour valoriser cette présence. Il peut aussi permettre à un étudiant qui s’absente de tenter de recouvrer ces points en rédigeant une réflexion plus ou moins courte sur un sujet dont il a été question en classe. Si le travail d’équipe fait partie intégrante du cours, le professeur pourrait offrir des points bonis aux équipes dont tous les membres sont présents.

Bien entendu, les enseignants préféreraient ne pas avoir à mettre en place ces moyens qui peuvent laisser penser que les étudiants ne sont pas suffisamment adultes. Ils doivent comprendre qu’en déployant ce genre de dispositifs ils consolident leurs liens avec les étudiants et offrent un environnement d’apprentissage beaucoup plus propice à encourager l’engagement.

Sources

Dailey, R., « What to do about those absent students », Faculty Focus, 9 octobre 2015 [en ligne] [page consultée le 3 octobre 2016].

Lawmaster Hess, L., « Setting students up for success », Faculty Focus, 11 septembre 2015 [en ligne] [page consultée le 3 octobre 2016].

Weimer, M., « Why students don’t attend office hours », Faculty Focus, 21 janvier 2015 [en ligne] [page consultée le 3 octobre 2016].

Weimer, M., « A dose of reality for first-year students and how we can help », Faculty Focus, 14 septembre 2016 [en ligne] [page consultée le 3 octobre 2016].

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