Avec classe

Pour en finir avec le syllabus ennuyeux

Par Lucie Gagnon

Premier jour de classe rime avec remise du syllabus. C’est un rite que tous les membres du personnel enseignant respectent. Ils mettent du temps et de l’effort à rédiger ce plan de cours afin de préciser les contenus, les dates, les évaluations et les divers règlements qui doivent s’y retrouver. Et pourtant… une fois la section « évaluation » bien décortiquée, les étudiants ne semblent pas prêter beaucoup d’attention à ce document. Pourquoi?

Commençons par regarder notre syllabus du point de vue de l’étudiant. À cette fin, le site College Humor nous offre un aperçu drôle, mais assez juste, de ce qui se passe dans la tête de l’étudiant lorsqu’il lit son syllabus. Il semble bien que le contenu et la structure d’un syllabus traditionnel ne soient pas des plus motivants! Comme l’information qu’il contient est essentielle, comment faire pour qu’il retienne l’attention des étudiantes et étudiants? Deux éléments auxquels on n’accorde pas trop d’importance auraient tout intérêt à être exploités : le ton et la présentation.

Le ton

La plupart des syllabus sont rédigés dans un langage qui s’apparente plus à un contrat légal qu’à une invitation à venir partager une passion pour un domaine quelconque. Il s’agit du premier document qu’un professeur remet à ses étudiantes et étudiants. Ce document devrait donc refléter le type de relation que le professeur veut établir avec ses étudiants en utilisant le ton approprié : directif, amical, invitant, attentif, etc. Si le syllabus utilise un ton trop formel, condescendant ou confrontant, il y a de fortes chances que le climat de la classe soit plutôt « orageux »!

« Pourquoi ne pas utiliser le « nous », des propos motivants et un ton qui retient l’attention? » 

Pourquoi ne pas utiliser le « nous » pour indiquer aux étudiantes et étudiants que vous participez pleinement au contexte d’apprentissage dans lequel ils vont évoluer dans les prochains mois? Des propos motivants et un ton qui retient l’attention de l’étudiant sont autant d’éléments qui enrichissent un syllabus. Le professeur peut évoquer sa passion pour le domaine, insérer une photo plus ou moins informelle de lui et même ajouter quelques lignes qui le décrivent bien.

La présentation

Les syllabus se suivent et se ressemblent. Police « Times 12 », quelques tableaux plus ou moins complexes et beaucoup, beaucoup de texte d’une marge à l’autre de la page. Si les journaux quotidiens étaient présentés de cette façon, il y a longtemps que la population aurait cessé de les lire. Bien sûr, le format est dicté par le département ou la faculté, mais à l’intérieur de ce format, les professeurs et chargés de cours bénéficient tout de même d’une certaine marge de manœuvre.

Tona Hangen, une professeure d’histoire américaine, a complètement revu le syllabus de son cours, et sans nécessairement aller aussi loin qu’elle, un professeur pourra s’inspirer de certains aspects de son travail. Elle ne cherche pas à produire un outil de marketing, mais bien à faciliter la lecture du syllabus en y ajoutant une petite table des matières, des photos et des boîtes ombrées qui mettent en évidence certaines informations. Ses propos tentent de donner le goût à l’étudiant d’en savoir plus sur l’objet du cours.

Comme beaucoup de professeurs utilisent maintenant des outils numériques pour transmettre leur plan de cours, ils auraient tout avantage à utiliser des outils de mise en page tels que Publisher ou Piktochart qui offrent des gabarits qui facilitent grandement la tâche à ceux qui ont moins de talent sur le plan graphique.

Pour un syllabus efficace, structurez l’information de façon à faciliter la navigation, utilisez un ton et des propos motivants et variez les différents éléments de la présentation. Le syllabus deviendra donc un outil beaucoup plus pertinent pour vos étudiantes et étudiants.

Sources

Hagen, Tona, « Writing Syllabi Worth Reading », Tona Hagen [blogue personnel], [sans date], [page consultée le 25 septembre 2015].

Kimbal, P., « Honors Biology Syllabus 2014-2015 », Piktochart, 2015.

Muse, Willie, « What You Actually Read When You Read A Syllabus », College Humor, 16 janvier 2014.

Autres références

Cunliff, E., « Tonic for the Boring Syllabus », Faculty Focus, 19 juin 2015 [page consultée le 25 septembre 2015].

CEFES, Guide d’élaboration d’un plan de cours, dans CEFES, site de l’Université de Montréal [page consultée le 25 septembre 2015].

Weimer, M., « What does your syllabus say about you and your course? », Faculty Focus, 24 août 2011 [page consultée le 25 septembre 2015].

Slattery, J. M., Carlson, J. F. (automne 2005), « Preparing an effective syllabus: current best practices », dans College Teaching; ProQuest Education Journals [page consultée le 25 septembre 2015].

Perspectives SSF, octobre 2015