La situation universitaire en Ontario

Création de la fonction professorale centrée sur l’enseignement

Le Higher Education Quality Council of Ontario ou, en français, le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur, a lancé le 20 octobre 2011 un rapport qui s’intitule Teaching-Stream Faculty in Ontario Universities. On y suggère la création de la fonction professorale centrée sur l’enseignement comme une solution innovatrice visant à améliorer la qualité de la formation offerte dans les universités, décriée comme de moins en moins satisfaisante, notamment parce que les professeurs préfèrent s’investir en recherche plutôt qu’en enseignement, la recherche étant perçue comme beaucoup plus valorisée que l’enseignement par les administrations universitaires.

Création d’universités de 1er cycle

Le gouvernement ontarien, nouvellement réélu, a promis de construire trois nouvelles universités de 1er cycle où l’enseignement et l’apprentissage seront la priorité, à la différence des universités dites de recherche. On annonce que 80 % de la charge professorale sera consacré à l’enseignement, 10 % à la recherche et 10 % au service à la collectivité.

Source : Trick, David, «New universities for Ontario»,  TheStar.com, 14 octobre 2011. David Trick, ancien ministre de l’enseignement supérieur en Ontario, est coauteur de l’ouvrage Academic Reform: Policy Options for Improving the Quality and Cost-Effectiveness of Undergraduate Education in Ontario, qui vient d’être publié.


Le traitement des cas d’inconduite en recherche


La réforme de l’enseignement des sciences au 1er cycle

Des appels à la réforme de l’enseignement des sciences se font entendre et l’on voit émerger plusieurs expériences visant l’initiation à la recherche dès le 1er cycle.

  • L’Association of American Universities (représentant 59 des plus grandes universités américaines en recherche) annonce une stratégie pour inciter ses membres à apporter plus d’attention à l’enseignement au 1er cycle. Elle cible notamment une plus grande implication des étudiants du 1er cycle dans les laboratoires de recherche ainsi que le recours, en classe, à des approches basées sur l’expérimentation et la manipulation (hands-on learning).

Source : Basken, Paul, «AAU to take up challenge of improving undergraduate science teaching», The Chronicle of Higher Education, 14 septembre 2011.

  • Au Royaume-Uni, l’ambitieux projet Student as Producer de l’Université de Lincoln offrant des bourses aux étudiantes et étudiants de 1er cycle pour les faire participer aux projets de recherche en cours et mettant de l’avant le Research-engaged teaching, qui prévoit l’intégration d’activités de recherche (ou d’activités qui s’en inspirent) dans les programmes de 1er cycle.

Source : Geoghegan, Peter, «Producers, not consumers», Times Higher Education, 28 avril 2011.

  • Deux initiatives retenues dans le cadre des pratiques novatrices présentées par l’AUCC cet automne :

    • le programme iSci (Integrated Science Program) de l’Université McMaster, un baccalauréat de quatre ans initiant les étudiants de 1er cycle à la recherche couvrant six disciplines scientifiques;
    • le Carl Weiman Science Education Initiative de l’Université de Colombie-Britannique, qui repose sur l’idée de confronter les étudiantes et étudiants aux problèmes plutôt que de miser d’abord sur la transmission des connaissances. Cette initiative implique l’engagement de Science Teaching and Learning Fellows spécialisés en pédagogie des sciences, qui combinent expertise disciplinaire et expertise pédagogique.

  • À l’Université Mount Allison, Colin Laroque, récipiendaire d’un prix d’excellence en enseignement, qui amène ses étudiants sur le terrain, leur fait collecter des informations à partir desquelles ils travaillent tout le trimestre. Pour reprendre les mots du professeur honoré : «This is the best mode to put them in the mindset of a graduate student; (…) It's like a condensed Master’s and every student in that class is presenting their findings at a conference this year.»

Source : «Experiential Learning: Unplugging the “Plugged In” Generation», Mount Allison News, 14 octobre 2011.

  • Le programme d’initiation à la recherche au 1er cycle à l’Université d’Ottawa, doté de financement à la fois pour l’étudiant et pour le professeur qui l’implique dans ses activités de recherche, afin de permettre aux étudiantes et étudiants de 1er cycle de se familiariser avec la recherche.

Source : Le premier Symposium du PIRPC remporte un franc succès, Communiqués de presse de l’Université d’Ottawa, 12 avril 2011.

  • Le MacleansOnCampus donne également plusieurs exemples de telles expériences dans des universités canadiennes.

Source : Teitel, Emma, «No Master’s Needed», MacleansOnCampus, 9 novembre 2011.

  • Plus près de nous, à la Faculté des sciences et à la Faculté de génie de l’Université de Sherbrooke, le nombre croissant de cheminements intégrés baccalauréat-maîtrise où des étudiants amorcent leurs travaux de recherche alors qu’ils complètent leur baccalauréat; le programme de bourses de recherche de 1er cycle en milieu universitaire du CRNSG permettant aux étudiants de 1er cycle de travailler dans un laboratoire de recherche; ou alors les activités pédagogiques d’initiation à la recherche intégrées à certains programmes de baccalauréat suggèrent qu’ici aussi, l’enseignement des sciences tend vers une plus grande intégration de la recherche au 1er cycle.