Avec classe

Influencer positivement le climat de la classe

La salle de classe est un peu comme une société miniature composée d’un territoire, de citoyens contributifs et d’un chef de gouvernement qui voit à la bonne marche des choses. Tout comme dans la société, l’enseignante ou l’enseignant aura tout avantage à mettre en place des moyens préventifs pour assurer un climat harmonieux plutôt que d’avoir recours à des moyens punitifs lorsque des situations de crise surgiront. Pour établir un bon rapport entre lui et ses étudiants, le formateur doit faire en sorte de rassurer ses étudiants, de créer des liens avec eux et d’agir en bon «chef d’orchestre».

Rassurer les étudiants

Il ne faut pas minimiser l’importance de rassurer les étudiantes et étudiants en pensant que ce sont des adultes, et qu’en ce sens ils devraient s’accommoder de ce qui leur est fourni comme information. Au contraire, vos étudiants ont besoin de comprendre la réflexion pédagogique qui sous-tend l’organisation de votre cours. Tout peut vous sembler clair, mais ça l’est rarement pour les étudiants. Élaborer des consignes claires est l’une des choses les plus difficiles à faire et pourtant les enseignants n’y consacrent souvent pas suffisamment de temps.

Pour rassurer ses étudiantes et étudiants, le formateur doit être ponctuel et bien organisé lors de ses prestations d’enseignement. Il doit également informer les étudiants de ses attentes face à leurs apprentissages, offrir des consignes précises et leur expliquer pourquoi il leur demande de développer ces compétences particulières. Du point de vue de l’étudiant, ces actions répondent aux trois questions les plus fréquemment posées, soit :

  • Que doit-on apprendre?
  • Comment doit-on faire cela?
  • Pourquoi doit-on faire cela?

Créer des liens

Pour créer des liens harmonieux avec ses étudiants, l’enseignante ou l’enseignant doit tout d’abord s’approprier le territoire de la classe. Il ne doit pas se confiner au devant de la classe mais plutôt se sentir à l’aise de circuler dans la classe. En circulant parmi les étudiants, il établit déjà un lien avec eux.

L’enseignant peut ensuite profiter des moments avant le cours, pendant la pause et après le cours pour établir une communication plus individuelle avec les étudiantes et étudiants. Le sujet de la conversation n’a pas trop d’importance puisque c’est plutôt le contact qui se crée entre l’étudiant et le formateur qui est essentiel.

Le professeur ou le chargé de cours aura également avantage à partager avec ses étudiants des éléments plus personnels, tels que des renseignements sur ses loisirs, sa famille ou ses expériences antérieurs. Bien entendu, on ne parle pas ici de faire des confidences sans fin mais bien de dévoiler quelques éléments personnels qui serviront à «humaniser» l’enseignant aux yeux de ses étudiants.

Devenir chef d’orchestre

Dans une classe, la formatrice ou le formateur doit se comporter comme un chef d’orchestre qui pose toutes les actions nécessaires à un climat harmonieux, propice aux apprentissages. Il peut, par exemple, faire une «lecture» régulière de sa classe afin de déceler les éléments moins bien compris ou les étudiants qui semblent avoir plus de difficulté.

Cette «lecture» lui permettra aussi de déceler les leaders positifs et les leaders négatifs et de poser des gestes qui encourageront les premiers et neutraliseront les deuxièmes. Dans certaines classes, il n’y aura pas vraiment de meneurs de l’un ou l’autre type. Pour d’autres groupes cependant, la dynamique sera vite apparente et les leaders facilement identifiables, surtout dans le cas d’une cohorte constituée depuis quelques semestres.

Dès le premier cours, le formateur devrait être attentif à la dynamique entre les étudiants et poser des gestes préventifs pour éviter l’escalade de comportements inadéquats. Par exemple, lorsqu’arrive un groupe d’étudiantes et d’étudiants qui s’assoient tous ensemble au fond de la classe plutôt qu’à l’avant, on devrait ouvrir les yeux. Il faut rapidement tenter de «connecter» avec quelques-uns de ces étudiants afin de diminuer la force potentielle de ce groupe. On pourra encore prétexter une activité en dyade pour assigner de nouvelles places aux étudiants et ainsi déconstruire ce groupe qui pourrait éventuellement avoir une attitude déplaisante.

N’attendez pas que les comportements problématiques surgissent. Prenez les devants et organisez votre classe afin de vous y sentir à l’aise. À partir du moment où vous vous y sentirez mal, les étudiants le sentiront aussi et les problèmes pourraient s’amplifier.

Bien entendu, malgré les mesures préventives que vous aurez mises en place, certains étudiants aux personnalités problématiques pourraient troubler l’harmonie que vous aurez réussi à créer dans votre classe. Nous traiterons d’ailleurs de ces cas dans une prochaine chronique. Toutefois, vous vous sentirez plus en confiance pour gérer ces étudiants puisque vous aurez fait l’effort d’établir un bon rapport avec le reste de la classe.

Rassurer, créer des liens et agir en bon chef d’orchestre, voilà trois petits gestes qui assurent la paix sociale dans la classe!

Sources

Service de développement pédagogique, «En classe!», Pédagotrucs 35, Cégep de Rimouski, vol. 7, no 1, janvier 2008 [Document PDF].

Service de développement pédagogique, «La gestion de classe», Pédagotrucs 10, Cégep de Rimouski, vol. 2, no 2, septembre 2002 [Document PDF].

O'Brien, Leigh M., «Caring in the ivory tower», Teaching in Higher Education, vol. 15, no 1, 2010, p. 109-115.