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Compétences informationnelles et écoles d’été

Au moment de vous faire parvenir cette édition du Perspectives SSF, les membres de notre cellule de veille observent la multiplication de réflexions quant au besoin manifeste d’outiller adéquatement les étudiantes et étudiants en matière de compétences informationnelles.

Par ailleurs, à l’approche du trimestre d’été, plusieurs institutions universitaires continuent à diversifier leurs offres de programmes distinctifs par le biais d’écoles d’été, formule qui ressemble à une tendance lourde.


Les compétences informationnelles, un enjeu criant!

L’article «Nos élèves, illettrés numériques…», signé le 17 janvier 2011 par François Cardinal, journaliste à La Presse, semble avoir attiré l’attention d’un plus large public sur une problématique bien d’actualité. On s’y interroge quant au développement de l’esprit critique des jeunes et leur capacité d’analyse des résultats obtenus lors d’une recherche Web : «…La plupart d’entre eux sont incapables d’aller plus loin que les premiers résultats présentés, de naviguer de façon efficace, de discriminer les bons des mauvais sites, de lire ce qu’ils dénichent avec un sens critique. Bref, de surfer intelligemment.»

Dans les milieux préoccupés de formation, l’article de François Cardinal a fortement résonné dans les blogues et les médias sociaux  des deux côtés de l’Atlantique (voir la réaction de Mario Asselin et celle de Bruno Devauchelle, par exemple), alors que de nombreuses personnes partageaient son point de vue. On convenait de façon générale que ces compétences informationnelles à enseigner aux élèves passaient d’abord et avant tout par la formation des maîtres  et se poursuivaient dans les écoles par un soutien actif des responsables administratifs.

Une enquête 2009 du MELS  sur l’utilisation des TIC dans la formation des jeunes tend à leur donner raison.  D’ailleurs, des outils se développent (notamment ce dossier du Carrefour éducation - Infobourg) pour soutenir les enseignants.

Selon François Cardinal, ce constat d’illettrisme numérique est d’autant plus inquiétant que «le Québec, à ce chapitre, a un sérieux retard à rattraper, d'autant que cette matière est obligatoire dans la plupart des écoles américaines». En effet, le concept d’information literacy se développe depuis les années 1970 aux États-Unis où un lobby important, mené par des associations de bibliothécaires et le National Forum on Information Literacy, a obtenu des gains significatifs dans les années 1990 : le Congrès américain vote alors divers standards qui requièrent le développement de compétences informationnelles chez les jeunes du primaire et du secondaire.

Des initiatives se multiplient aussi aux niveaux universitaires, ainsi ce cours de l’Immaculata University sur l’éthique de la prise de photo ou de vidéo par cellulaire, ou ce nouveau programme de maîtrise en «Knowledge and Networks»que prépare l’Université Duke [et dont il est davantage question ici]. Depuis 2009, Barack Obama a d’ailleurs proclamé le mois d’octobre «National Information Literacy Awareness Month».

En France, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a promulgué dès 2002 le C2I (certification informatique et Internet), parallèle aux grades de licence et de master, «afin de permettre aux étudiants de maîtriser les compétences qui sont désormais indispensables à la poursuite d'études supérieures et d'être capables de faire évoluer ces compétences en fonction des développements technologiques». En 2009-2010, on estimait que 80 000 étudiants tenteraient l’épreuve pour 30 000 certifications.

Se dirige-t-on vers une telle certification uniforme au Québec? Il y a lieu de le penser. Depuis 2004, par le biais de son programme Magellan, le Collège Jean-de-Brébeuf décerne des «certifications» en compétences informationnelles à ses étudiantes et étudiants de l’ordre collégial, nous apprenait Le Devoir. Le Collège a développé un partenariat privilégié avec l’Université de Montréal, qui envoie à chaque étudiant ayant réussi le programme Magellan une lettre personnalisée «reconnaissant la pertinence de cette maîtrise pour la poursuite d’études universitaires». L’étudiant ayant répondu aux exigences du programme voit également apparaître la mention «M» à son relevé de notes.

L’article signale en conclusion que le Collège Jean-de-Brébeuf travaille actuellement avec le Cegep@distance et l’Université de Montréal au projet Certitude, qui rendrait disponible à l’ensemble des étudiantes et étudiants québécois du collégial un examen unique permettant d’évaluer – et de reconnaître – leurs compétences informationnelles.


À l’université l’été

La belle saison semble propice à de telles écoles ponctuelles et très ciblées, privilégiant souvent l’approfondissement d’une thématique sous plusieurs angles. L’intensité d’une expérience d’apprentissage avec un groupe restreint d’individus de multiples provenances, souvent dans un environnement agréable, est par ailleurs mise de l’avant comme facteur attractif de ces formules. Elles permettent aux universités de se faire connaître auprès de clientèles non traditionnelles : étudiants étrangers en mobilité, professionnels en exercice, membres du grand public, etc.

Nous avions déjà constaté l’an dernier que plusieurs institutions universitaires québécoises présentaient désormais leurs offres estivales de manière unifiée, ainsi l’Université Laval (une cinquantaine d’écoles!), l’Université de Montréal, McGill, l’UQAM, qui offrent de partir vers Berlin, Molyvos ou la Toscane…

Le Devoir du 19 février 2011 annonçait coup  sur coup  des écoles d’été de deux universités. D’abord, l’Institut québécois des hautes études internationales  de l’Université Laval en propose trois : sur les Amériques, sur la Francophonie des Amériques (en collaboration avec le campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta – Michaëlle Jean y donnera une conférence), sur les terrorismes. Ces écoles des HEI sont destinées essentiellement aux étudiantes et étudiants des cycles supérieurs et à des professionnels intéressés par l’un ou l’autre des thèmes. Chaque école attire en moyenne une quarantaine de personnes, dont le tiers en provenance de l’étranger.

Les HEC offrent de leur côté une 3e édition de leur École d’été en management de la création, une aventure conjointe avec l’Université de Barcelone. On prévoit la participation d’une soixantaine de personnes : «un tiers de ceux-ci seront des gestionnaires d’entreprise et d’organisation, un autre tiers, des professeurs et chercheurs universitaires, et un dernier tiers, des étudiants de 2e ou 3e cycles».

Le Centre de recherche en études internationales de l’Université de Montréal (Cérium) a poussé très loin cette logique, alors que des étudiants de fin de baccalauréat ou de maîtrise sont à même de partager les discussions avec des membres du public, des praticiens, des experts des relations internationales, qu’ils soient conférenciers ou participants. À titre d’exemple, l’École d’été sur la diversité biologique qui a lieu tous les deux ans est organisée par le Centre de développement de la recherche internationale en environnement, affilié au Cérium : «Il s'agit d'une école intensive de six jours sur la biodiversité, qui regroupe des experts issus de plusieurs départements et qui s'adresse autant aux étudiants qu'aux personnes issues du milieu du travail – fonctionnaires, membres d'ONG, professeurs, cadres, journalistes ou autres citoyens intéressés par les enjeux écologiques.» (Le Devoir, 26 février 2011)

Le Cérium a développé une véritable programmation croisée pour ses sept écoles d’été parallèles (pour 2011 : Chine, États-Unis, Droits de la personne, Scandinavie, Printemps arabe, Gestion de crise, Diversité biologique). Ainsi est-il possible de ne participer qu’aux journées thématiques économiques ou culturelles des diverses écoles.  

La liste, non exhaustive, pourrait s’allonger en y incluant une université d’été en santé publique (médecine sociale, UdeM et épidémiologie-santé au travail, McGill), l’École internationale d’été de Percé (architecture et arts visuels, Laval), la nouvelle initiative d’une université d’été conjointe entre l’UQAR et le Cégep de Rimouski, sur le thème du patrimoine, à l’Isle-Verte dans la Maison Louis-Bertrand, etc.

L’Université de Sherbrooke n’est pas en reste avec une dizaine d'écoles d’été réparties dans sept secteurs différents, dont la politique appliquée, les études religieuses, le chant choral, l’informatique quantique, la justice participative, l’entrepreneuriat  et l’immersion en français.

Les écoles d’été 2011 à l’Université de Sherbrooke

Pendant que plusieurs font relâche de leurs études d’automne et d’hiver, d’autres personnes en profitent pour suivre une formation concentrée durant le trimestre d’été. L’Université de Sherbrooke offre plus de dix écoles d’été réparties dans sept secteurs différents.

École de politique appliquée
http://www.usherbrooke.ca/politique-appliquee/espace-etudiant/ecole-dete/

L’Inde, du 30 mai au 7 juin 2011
http://www.usherbrooke.ca/politique-appliquee/espace-etudiant/ecole-dete/ecole-dete-2011-inde/

Théories des relations internationales, du 1er au 17 août 2011
http://www.usherbrooke.ca/politique-appliquee/espace-etudiant/ecole-dete/ecole-dete-2011-battistella/

Département des lettres et communications

Du 12 juin au 15 juillet 2011
http://pages.usherbrooke.ca/eef/

Département d’études religieuses

Du 2 mai au 10 juin 2011
http://www.usherbrooke.ca/fater/ecole-ete/

École de musique

Du 25 juin au 2 juillet 2011
http://www.usherbrooke.ca/musique/programmes-detudes/ecole-dete-de-chant-choral/

Département de physique

Du 6 au 17 juin 2011
http://epiq.physique.usherbrooke.ca/?section=nouvelles&page=136

Faculté de droit

Séminaire en justice participative et prévention et règlements des différends, du 15 au 26 août 2011
https://www.usherbrooke.ca/cufc-catalogue/droit/justice-participative-et-prevention-et-reglement-des-differends/

Droits des affaires et de l’arbitrage : plusieurs formations de mai à novembre 2011
https://www.usherbrooke.ca/cufc-catalogue/droit/droit-des-affaires-et-arbitrage

Institut d'entrepreneuriat

École d'été internationale des jeunes entrepreneurs, du 7 au 20 août 2011
www.eeije.com

École des jeunes créateurs de coopératives, du 7 au 20 août 2011
www.ejcc.coop