15e anniversaire du SoDRUS

Depuis sa fondation en 2003, le Centre de recherche Société, Droit et Religions de l’Université de Sherbrooke (SODRUS) a évolué au cœur d’une période extrêmement fertile de réflexion sur la place du religieux dans notre société québécoise et dans d’autres sociétés occidentales.  Il serait long d’énumérer ici tous ces débats, toutes ces questions et polémiques qui ont animé l’actualité et rejoint l’intérêt du Centre.

Pour célébrer son 15e anniversaire, le SoDRUS organise un débat, le mardi 2 octobre 2018 de 16h à 18h, avec trois personnes qui ont été placées directement au cœur de cette évolution québécoise par leurs recherches et/ou par des mandats publics reçus, l’honorable Louis Lebel (Juge à la retraite de la Cour suprême du Canada et juge en résidence à la Faculté de droit de l'Université Laval), le professeur Joseph-Yvon Thériault (Professeur titulaire, département de sociologie, Université du Québec à Montréal) et la professeure Deirdre Meintel (Professeure titulaire, département d'anthropologie, Université de Montréal et directrice du Centre d'études ethniques des universités montréalaises CEETUM). Le débat sera animé par le professeur Sami Aoun (Professeur titulaire, département de politique appliquée, Université de Sherbrooke et directeur de l'Observatoire du Moyen-Orient et l'Afrique du nord (OMAN) à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'UQAM). De champs disciplinaires différents, ces personnes possèdent un avis éclairé sur les mutations observées. Le but du débat est ainsi rétrospectif et prospectif : Quel sens peut-on donner alors à l’évolution religieuse québécoise des deux dernières décennies? Où le Québec s’en va-t-il?

Le débat de deux heures rassemblera les trois panélistes et l’animateur et prévoit consacrer 90 minutes aux réponses des panélistes aux 4 à 6 questions et à l’échange entre eux. Ce sera suivi de 30 minutes d’échange avec l’assistance. Partant de leur domaine d’expertise, les panélistes devront répondre aux questions suivantes :

1.     L’évolution des positions sur les problématiques religieuses au Québec était-elle prévisible sur une base historique? On peut penser ici, par exemple, à l’importance qu’ont prise les discours sur la laïcité et à une nouvelle vague de sécularisation post Révolution tranquille.

2.   On ne peut dissocier l’évolution des questions religieuses des vagues d’immigration et de la capacité effective du projet interculturel québécois à dialoguer avec ces immigrants et les intégrer.  Est-on devant un échec de ce projet? Est-ce la population québécoise qui résiste à son éducation interculturelle ou est-ce le nouvel arrivant? 

3.     L’évolution du discours politique et du discours religieux a changé profondément au cours des deux dernières décennies, mais ce n’est pas uniquement sémantique. Cela correspond à des changements des religieux, des laïcs, de l’État, du droit et de la société civile. Quels sont ces changements ?

4.     Certains médias, une certaine presse d’opinion et les lignes ouvertes décrivent assez souvent le religieux comme une menace pour le Québec, pour l’ordre établi et pour les valeurs démocratiques et d’égalité ? Cette crainte est-elle fondée? Le religieux peut-il vraiment et veut-il bouleverser cet ordre?

5.  La montée d’une extrême droite québécoise est un fait et, selon les corps policiers, cette extrême droite serait actuellement plus inquiétante que les fondamentalismes religieux.  Comment expliquez-vous ce phénomène? Est-ce légitime de le mettre en lien avec une résistance très forte au sein de la population et de la classe politique à admettre une certaine xénophobie latente pour ne pas dire un racisme silencieux?

6.     Sur ces questions, comment imaginez-vous le Québec dans 15 ans ?

 L’événement aura lieu à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke au local A9-130 et sera suivi d'un coktail au local A9-162.