La radiothérapie

Pour les gliomes de bas grade : les récentes études n’ont pas montrés de bénéfices à la radiothérapie précoce pour les gliomes de bas grade. Au contraire, une diminution des fonctions cognitives a été rapportée. Les médecins sont maintenant plus alertes quant aux différents effets de la radiothérapie et ont tendance à la retarder dans le temps. Certains auteurs sont d’avis qu’une diminution de la dose totale, de la fraction quotidienne et de l’étendue du champ de radiation peuvent éliminer les complications sérieuses du SNC. Cependant, même en suivant ces procédures,  certaines études ont raporté des déficits neurologiques chez les patients.

Un suivi à long terme chez les patients irradiés pour un gliome de bas grade a montré des troubles de mémoire, une démence globale progressive, de l’apathie et des changements de personnalité. Il peut aussi se produire des problèmes dans la démarche et la coordination.

Donc, dans ce contexte, la radiothérapie doit être retenue, mais comme traitement final, à moins que la lésion progresse malgré son histologie de bas grade. Son rôle dans les gliomes de bas grade, même dans les excisions incomplètes, n’a jamais été prouvé, d’autant plus que ses effets négatifs sont de plus en plus documentés et apparents.

Pour les gliomes de haut grade : La radiothérapie est un traitement efficace pour les gliomes malins, mais les résultats sont limités par la résistance de ces tumeurs à la radiothérapie et par la faible tolérance du SNC aux radiations.

La radiothérapie a été prouvée comme augmentant la survie chez les patients avec gliomes anaplasiques par le Brain Tumor Study Group dans une étude randomisée en 1978. Dans cette étude, une radiation totale du cerveau a été administrée à une dose de 50 Gy à 60 Gy (à noter que cette technique a été remplacée, depuis quelques années, par une radiation partielle du cerveau, ce qui amène les mêmes bénéfices pour la survie des patients en diminuant les risques neurocognitifs lors de la survie à long terme). Traditionnellement, les déficits neuro-cognitifs chez les patients demeuraient occultes puisque la survie était moins longue qu’aujourd’hui. Cependant, avec l’amélioration dans le traitement de ces maladies (oligodendrogliome, entre autre) de plus en plus de cas de survivant à long terme ont été rapportés, et les effets neuro-cognitifis des traitements de radiothérapie chez ces patients sont devenus plus évidents.

Depuis qu’une étude a prouvé que les oligodendrogliomes anaplasiques répondent très bien à la chimiothérapie, une nouvelle vague d’intérêt est née pour la différenciation de ces lésions des autres gliomes malins, puisqu’une survie plus grande peut être atteinte chez les patients avec ce type de lésions. De plus, certains rares cas de glioblastomes multiformes avec des taux impressionnant de survie ont été reportés dans la littérature.

La radiothérapie est considérée comme un standard dans le traitement des tumeurs cérébrales primaires malignes. Cependant, ses bénéfices pour les oligodendrogliomes anaplasiques et pour les tumeurs mixtes n’ont jamais été prouvés. Alors, même pour les tumeurs cérébrales primaires malignes, la radiothérapie demeure controversée.

Pour les maladies métastatiques du SNC : Chez les patients qui ne peuvent être opérés, une combinaisons de stéroïdes et de radiation aide à contrôler les symptômes. Après une chirurgie, une radiation de tout le cerveau est habituellement administrée, spécialement pour les cancers des poumons, car des micro-métastases peuvent peupler le tissu cérébral, invisible aux limites de détection des modalités actuelles. L’utilisation de la manipulation de la barrière hémato-encéphalique pour augmenter la distribution de la chimiothérapie (voir plus bas) peut être une façon d’éviter la radiation chez certains patients. Cette technique est encore sous investigation mais démontre, à ce jour, des résultats convaincants.