Hélène Pigot

Au service des humains

Amoureuse des voyages et adepte du changement, Hélène Pigot aime les humains par-dessus tout. Chercheure en informatique et en conception de l'assistance cognitive, elle a choisi de mettre ses connaissances aux services des personnes en difficulté.

Face à l'avancée de l'informatique qui envahit tous les champs de notre existence, Hélène Pigot insiste sur les horizons de sa profession. « Les problèmes soulevés en informatique sont généralement des problèmes d'efficacité et de rapidité. La recherche n’est pas assez tournée vers les services au public… » Pas surprenant, à ses yeux, qu’à peine 10% de femmes adhèrent à cette discipline. « C’est difficile de faire des liens avec le vivant. Pourtant, l'information est au cœur de nos sociétés. En s'appropriant le champ de l'informatique, les hommes s'approprient aussi une branche du pouvoir sur la façon de gérer la société." À l’époque où elle complète sa thèse de doctorat en reconnaissance de la parole, Hélène Pigot souhaite étendre les champs de recherche en informatique. Elle décide alors de compléter sa formation pour comprendre les besoins rencontrés par les personnes ayant des difficultés à s'épanouir dans nos sociétés.

Fascinée par ce qui compose notre quotidien, elle complète un Baccalauréat en ergothérapie, exerce l'ergothérapie pendant quelques années et s’engage dans la recherche pour offrir aux personnes âgées avec démence des moyens de rester chez elles en toute dignité. Accompagnant son conjoint informaticien qui parfait ses études, elle séjourne notamment à l'Île de la Réunion et en Italie. Son passage en Europe est déterminant; elle fait la connaissance de scientifiques dont le sujet de recherche pique sa curiosité : la télésurveillance. Un poste de professeur qui lui est offert quelques années plus tard par le Département d'informatique de l'Université de Sherbrooke sert de tremplin au projet qu'elle mijote : concevoir un habitat dans lequel les personnes souffrant de déficits cognitifs pourront conserver plus longtemps leur autonomie.

Le projet DOMUS -Domotique et informatique Mobile à l'Université de Sherbrooke- regroupe aujourd'hui trois chercheurs. "Les personnes aux prises avec des troubles cognitifs sont au cœur de nos préoccupations : les personnes âgées souffrant de démence, les jeunes schizophrènes ou les adultes ayant subi un traumatisme crânien. Incapables de trouver un encadrement et des soins suffisants, des adultes sont placés dès l'âge de 21 ans dans des résidences pour personnes âgées : un véritable non-sens pour l'épanouissement de leur vie d'adulte ! Une résidence adaptée a été construite en collaboration avec le Centre de réadaptation de l'Estrie (CRE), ce projet vise à développer des interfaces informatiques raffinées qui seront réparties dans les pièces. "Si la personne oublie de prendre ses médicaments ou laisse le four en marche, le système émettra des messages écrits, vocaux ou lumineux pour lui rappeler ce qu’elle a à faire. Les nouvelles technologies doivent être capables d'analyser les manques d'information et les difficultés rencontrées dans le quotidien pour combler ces incapacités, permettre à la personne de compléter avec succès ce qu'elle est en train de faire et avertir au besoin des aidants".

Le projet Domus -Domotique et informatique Mobile à l'Université de Sherbrooke- regroupe aujourd'hui quatre chercheurs. "Les personnes aux prises avec des troubles cognitifs sont au cœur de nos préoccupations : les personnes âgées souffrant de démence, les jeunes schizophrènes ou les adultes ayant subi un traumatisme crânien. Incapables de trouver un encadrement et des soins suffisants, les jeunes déficients sont placés dès l'âge de 21 ans à l'Institut de gériatrie : un véritable non-sens ! Une résidence adaptée leur procurera une autonomie qu'ils n'auraient pas autrement." Effectué en collaboration avec le Centre de réadaptation de l'Estrie (CRE), le projet vise à développer des interfaces informatiques raffinées qui seront réparties dans les pièces. "Si la personne oublie de prendre ses médicaments ou laisse le four en marche, le système émettra des messages écrits, vocaux ou lumineux pour lui rappeler ce qu’elle a à faire. Les technologies doivent être capables de communiquer avec les intervenants du CRE si la situation le justifie."

C'est une large équipe multidisciplinaire qui s'est regroupée autour du laboratoire DOMUS afin d'analyser les situations problématiques vécues au quotidien sous un angle informatique, ergonomique et de réadaptation. C'est ensemble que cette équipe conçoit des nouvelles technologies pour y pallier et évalue leur impact au domicile des personnes. Le laboratoire DOMUS est aussi un maillon du réseau d'excellence pan canadien AGE WELL, dont le but est promouvoir les nouvelles technologies pour faciliter le maintien à domicile des personnes âgées et soulager leurs proches dans les soins qu'ils apportent.

Le défi est considérable, mais Hélène Pigot concrétise enfin son rêve. "Les solutions que nous proposons répondent à des besoins éprouvés par l'ensemble de la population. Nous verrons très prochainement surgir des solutions qui permettront à toutes ces personnes vivant des déficits de vivre dignement chez elles» Pour Hélène Pigot, il n’y a pas de doute : un projet comme DOMUS risque de changer profondément notre vision de l'habitat et la manière dont nous organisons notre vie.

Août 2004 - mise à jour en janvier 2015